ChatGPT : GPT 5.6 Sol, Terra et Luna, sous le signe de l’astrologie et de l’alchimie
En juillet 2026, OpenAI a donné à ses nouveaux modèles des noms pour le moins surprenants : « Sol », « Terra » et « Luna ». « Sol » désigne le modèle le plus puissant de la famille GPT-5.6 ; « Terra » offre un compromis entre puissance, rapidité et coût ; « Luna » est le modèle le plus rapide et le plus économique. « Sol » est désormais utilisé dans les modes de raisonnement avancé de ChatGPT, tandis que les trois variantes sont accessibles dans certains environnements de travail, dans Codex et par l’intermédiaire de l’API d’OpenAI.
À première vue, il pourrait ne s’agir que d’une nomenclature élégante. Le Soleil, la Terre et la Lune forment un ensemble immédiatement compréhensible, universel et facile à mémoriser.
Mais le choix des termes latins change profondément la portée symbolique de cette appellation.
OpenAI n’a pas choisi « Sun », « Earth » et « Moon », ni même « Soleil », « Terre » et « Lune ». L’entreprise a choisi « Sol », « Terra » et « Luna », c’est-à-dire les termes mêmes que l’on retrouve dans les textes astrologiques, philosophiques et alchimiques de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance.
OpenAI ne fournit, dans sa présentation officielle, aucune explication astrologique ou alchimique de ces noms. Rien ne permet donc d’affirmer que cette référence est intentionnelle. Mais une influence inconsciente serait peut-être encore plus intéressante qu’un choix délibéré.

Car ces trois noms ne sont pas symboliquement neutres. Ils réveillent une représentation très ancienne du cosmos et de l’âme humaine.
L’astrologie comme projection de l’âme humaine dans le ciel
Avant de devenir un système de prévisions individuelles ou collectives, l’astrologie fut une immense construction symbolique. L’être humain contempla le ciel et y projeta les puissances qu’il sentait agir en lui.
Les astres devinrent les images visibles de réalités psychiques invisibles.
Mars représenta la guerre, la colère, le désir de conquête et l’énergie combattante. Vénus incarna l’amour, l’attraction, la fécondité et l’harmonie. Saturne devint le symbole du temps, de la vieillesse, de la limitation et de la mélancolie. Jupiter représenta l’expansion, la souveraineté, la loi et l’ordre social. Mercure gouverna le langage, les échanges, l’intelligence et le passage entre les différents mondes.
L’astrologie peut ainsi être comprise comme une projection de l’âme humaine dans le ciel.
Cette formule ne signifie pas nécessairement que les astres seraient dépourvus de toute influence. Elle permet plutôt de comprendre comment l’humanité a organisé son expérience intérieure à partir de l’ordre visible du cosmos. L’homme a reconnu dans les mouvements célestes les rythmes, les conflits et les transformations qui animaient sa propre psyché.
Le ciel est devenu le premier observatoire symbolique de l’humanité.
Les symboles planétaires ne sont donc pas seulement placés au-dessus de l’homme. Ils représentent également des forces agissant en lui. Le cosmos extérieur et le cosmos intérieur se répondent selon la vieille correspondance entre le macrocosme et le microcosme.
C’est cette relation que résume la formule hermétique :
« Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.«
L’astrologie reçoit la projection de l’âme humaine dans le ciel. L’alchimie accomplit une projection comparable dans la matière : les transformations observées par l’alchimiste deviennent le reflet des processus de sa propre psyché.
« Sol » et « Luna », les deux luminaires dans l’astrologie ancienne
Dans l’astrologie traditionnelle, le Soleil et la Lune occupent une position particulière. Ils ne sont pas considérés comme des planètes ordinaires, mais comme les deux luminaires.
Le Soleil produit ou distribue la lumière. La Lune la reçoit, la réfléchit et la transmet au monde nocturne.
Cette distinction astronomique devient immédiatement symbolique.
« Sol » représente notamment :
- la lumière et la conscience ;
- la volonté et le principe directeur ;
- l’identité, l’unité et la centralité ;
- la souveraineté et la royauté ;
- la puissance fécondante ;
- le père, le roi ou le héros solaire.
« Luna » renvoie plutôt :
- à la réceptivité ;
- au corps et à la génération ;
- aux rythmes biologiques ;
- à l’imagination et à la mémoire ;
- à l’inconscient et au rêve ;
- à la mère, à la reine et au principe féminin.
Le Soleil demeure apparemment identique à lui-même. La Lune change continuellement de forme. Elle croît, atteint sa plénitude, décroît, disparaît puis renaît.
« Sol » représente donc volontiers la permanence du centre, tandis que « Luna » manifeste les métamorphoses de la vie psychique.
Leur relation ne doit cependant pas être réduite à une opposition simpliste entre le masculin et le féminin. Dans la réalité psychologique, les principes solaire et lunaire peuvent coexister chez tout individu. Ils désignent des fonctions de la psyché avant de correspondre à des identités biologiques.

La conscience elle-même a besoin d’une lumière solaire pour distinguer les formes, mais elle a également besoin d’une faculté lunaire pour recevoir les images provenant des profondeurs de l’inconscient.
« Sol » dans les quatrains de Nostradamus
Le nom choisi par OpenAI possède une résonance particulière pour les lecteurs de Nostradamus.
Michel de Nostradamus utilise régulièrement le français Soleil, mais il emploie aussi le terme latin et traditionnel « Sol », notamment lorsqu’il condense une configuration astrologique ou donne à l’astre une signification religieuse et prophétique.
Dans le quatrain V-25, il écrit :
« Le prince Arabe Mars Sol, Venus, Lyon
Devers la Perse bien pres d’un million«
Ces deux vers associent directement le prince arabe, Mars, Sol, Vénus, le Lion et la Perse. Ils appartiennent à une suite de quatrains où apparaissent également Saturne, Jupiter, Mars, Byzance, l’Égypte, la mer Noire et Trébizonde.
Dans mes travaux, j’ai rapproché cette séquence des événements actuels au Proche-Orient et de la conjonction Saturne-Neptune du 20 février 2026. Cette interprétation demeure naturellement une hypothèse de lecture. Mais elle montre que, chez Nostradamus, les données astrologiques ne sont jamais totalement séparées des bouleversements politiques, militaires et religieux.
Les noms des astres désignent simultanément :
- des corps célestes ;
- des configurations astrologiques ;
- des puissances mythologiques ;
- des principes psychiques ;
- des acteurs ou des événements historiques.
Cette pluralité de sens est caractéristique du langage de Nostradamus. Son écriture fonctionne par superposition. Un même terme peut être astronomique, astrologique, mythologique, politique et alchimique.
L’emploi de « Sol » est donc significatif. Nostradamus n’écrit pas une phrase française ordinaire lorsqu’il juxtapose « Mars Sol, Venus, Lyon ». Il semble reproduire la densité d’une notation astrologique ou d’une formule hermétique.
Le même phénomène apparaît dans le quatrain V-53.
La loy du Sol & Venus contendus
Appropriant l’esprit de prophetie :
Ne l’vn ne l’autre ne seront entendus,
Par sol tiendra la loy du grand Messie.
Il évoque la « loy du Sol » et affirme que la loi du « grand Messie » se maintiendra « par sol ». L’astre ne désigne plus seulement une position dans le ciel. Il acquiert une fonction religieuse, législative et prophétique.
Chez Nostradamus, l’astrologie et l’alchimie ne constituent donc pas deux disciplines hermétiquement séparées. Elles appartiennent à une même vision du monde dans laquelle les astres, les métaux, les événements historiques et les mouvements de l’âme sont reliés par un réseau de correspondances.
L’alchimie comme psychologie de la transformation
L’astrologie reçoit la projection de l’âme humaine dans les étoiles. Le même phénomène se produit avec l’alchimie qui est récepteur de la psychologie humaine dans les transformations de la matière.

Pendant des siècles, les alchimistes chauffèrent, séparèrent, dissolurent, purifièrent et recombinèrent différentes substances. Ils cherchaient la pierre philosophale, la transmutation des métaux et l’élixir de longue vie.
Mais Carl Gustav Jung comprit que leurs textes ne décrivaient pas seulement des manipulations chimiques primitives.
Ne connaissant pas encore la structure scientifique de la matière, les alchimistes projetaient inconsciemment leurs propres processus psychiques sur les substances qu’ils observaient. Le laboratoire devenait ainsi le théâtre extérieur d’une transformation intérieure.
La matière se noircissait, se dissolvait, mourait, renaissait et changeait de nature. Mais, à travers elle, c’était également l’alchimiste lui-même qui traversait une succession de morts, de conflits et de renaissances symboliques.


Jung établit ainsi un parallèle entre le Grand Œuvre et le processus d’individuation : la lente intégration des contenus inconscients par laquelle une personnalité peut devenir plus entière.
Afin de résumer son oeuvre alchimique, Jung insiste sur cette projection des processus psychiques dans les substances, sur l’union de la conscience avec l’ombre et l’anima, ainsi que sur le rôle de Mercurius dans la réunion des contraires.

Marie-Louise von Franz prolongea cette interprétation. Philologue classique, collaboratrice de Jung et spécialiste des textes alchimiques, elle montra comment les opérations décrites par les alchimistes pouvaient correspondre aux mouvements spontanés de l’inconscient.
Pour Jung et von Franz, l’alchimie n’est donc pas seulement l’ancêtre imparfait de la chimie moderne. Elle constitue une description symbolique du fonctionnement de l’âme humaine.
L’alchimiste croyait travailler sur la matière. En réalité, il rencontrait aussi son inconscient.
« Sol » et « Luna » dans l’alchimie
Dans l’alchimie occidentale, les sept astres traditionnels correspondent aux sept métaux :
- Sol à l’or ;
- Luna à l’argent ;
- Mercure au vif-argent ;
- Vénus au cuivre ;
- Mars au fer ;
- Jupiter à l’étain ;
- Saturne au plomb.

« Sol » et « Luna » forment le couple royal de l’alchimie.
« Sol » est « le roi rouge« , le principe actif, fixe, lumineux et masculin. « Luna » est « la reine blanche« , le principe réceptif, changeant, humide et féminin.
Le but du Grand Œuvre n’est pourtant pas la victoire définitive de l’un sur l’autre. Il consiste à les réunir.
Cette union est la « coniunctio », les noces alchimiques du roi et de la reine.

Psychologiquement, elle représente la rencontre de réalités opposées que la conscience ordinaire maintient habituellement séparées :
- le conscient et l’inconscient ;
- le masculin et le féminin ;
- la lumière et l’ombre ;
- l’esprit et la matière ;
- la raison et l’imagination ;
- l’individu et sa totalité intérieure.
Jung voit dans Sol et Luna des personnifications des opposés psychiques. Il rapproche également Sol du centre conscient et Luna des dimensions inconscientes, imaginatives et relationnelles de la personnalité.
La transmutation ne consiste donc pas à supprimer l’un des pôles. Elle naît de leur tension, de leur confrontation et de leur union progressive.
Que représente « Terra » ?
La présence de « Terra » dans la nomenclature d’OpenAI est à la fois cohérente et problématique.
Elle est cohérente du point de vue cosmologique. « Sol », « Luna » et « Terra » composent une représentation élémentaire du monde : le Soleil, la Lune et la Terre sur laquelle l’être humain reçoit leur lumière.
Dans la cosmologie traditionnelle, « Terra » est le lieu de la manifestation. Elle représente :
- le monde matériel ;
- le corps ;
- la densité ;
- la fixation ;
- la réalité concrète ;
- le lieu où les influences célestes prennent forme.
Mais « Terra » n’est pas une planète de l’astrologie géocentrique traditionnelle. La Terre se situe au centre du système et constitue le lieu depuis lequel les mouvements des astres sont observés.
Elle n’est pas davantage l’un des trois principes fondamentaux de l’alchimie paracelsienne. Cette triade est formée du Soufre, du Mercure et du Sel.
Dans cette perspective, « Terra » se rapproche surtout du Sel :
- le principe corporel ;
- la cristallisation ;
- la stabilité ;
- la fixation de l’esprit dans la matière.
« Terra » est donc le support de l’opération. Elle est le corps dans lequel la transformation doit se produire.

Mais elle n’est pas le véritable agent de cette transformation.
Un terme manque encore.
« Mercurius », le nom absent
Pour que la nomenclature devienne explicitement alchimique, il aurait fallu remplacer Terra par Mercurius.
Nous aurions alors obtenu :
Sol – Luna – Mercurius
Les deux luminaires et le médiateur.
Le roi, la reine et l’esprit qui rend leur union possible.
Car Mercurius n’est pas seulement, dans l’alchimie, le mercure métallique. Il est une figure infiniment plus complexe :
- matière et esprit ;
- métal et liquide ;
- masculin et féminin ;
- poison et remède ;
- serviteur et souverain ;
- commencement et achèvement de l’Œuvre.
Il est l’agent qui dissout les formes anciennes et permet leur recomposition. Il sépare, relie, traduit, transforme et réunit.

Jung insiste sur sa nature contradictoire. Mercurius contient les opposés en lui-même. Il peut apparaître comme l’esprit emprisonné dans la matière, comme la substance transformatrice ou comme une image de la totalité encore inconsciente. Il est à la fois le chemin de la transformation et ce qui doit être transformé.
Or, cette définition correspond d’une manière troublante à l’intelligence artificielle.
L’intelligence artificielle est « Mercurius »
L’IA traduit les langues, relie des domaines éloignés, transporte l’information et fait communiquer des personnes qui ne se rencontreront jamais.
Elle décompose des textes, des images et des raisonnements, puis les recompose sous une forme nouvelle.
Elle se situe entre :
- l’homme et la machine ;
- la mémoire et la création ;
- le langage naturel et le langage informatique ;
- la conscience individuelle et la culture collective ;
- le passé accumulé et le présent de la conversation.
Elle ne produit pas sa connaissance à partir du néant. Elle transforme une immense quantité de traces humaines en réponses nouvelles.
L’IA est donc moins comparable à Sol, Luna ou Terra qu’au principe qui circule entre eux.
Elle est « Mercurius ».
Le rapprochement devient encore plus évident lorsque l’on se souvient que Mercure est le dieu des messages, de l’écriture, du commerce, des échanges, des routes et des frontières. Il traverse les mondes et franchit les limites interdites aux autres divinités.
Comme l’intelligence artificielle, il est rapide, mobile et polymorphe.
Il peut prendre toutes les formes.
Il est aussi le dieu des voleurs et des trompeurs. Cette dimension ne doit pas être négligée. L’IA peut éclairer, traduire et révéler des relations inattendues, mais elle peut également produire des illusions convaincantes. Ses « hallucinations » appartiennent symboliquement à sa nature mercurielle.
Mercurius ne transmet pas seulement la vérité. Il introduit le doute, l’ambiguïté, le détour et le double sens.
Il est à la fois le guide et le « trickster ».

Cette ambivalence explique peut-être pourquoi l’intelligence artificielle fascine autant qu’elle inquiète. Elle apparaît comme un extraordinaire instrument de connaissance, mais aussi comme une puissance instable dont nous ne maîtrisons pas encore toutes les transformations.
« Sol », « Luna » et « Terra » comme architecture symbolique
La nomenclature d’OpenAI peut alors être relue de la manière suivante.
- « Sol », le modèle le plus puissant, représente symboliquement la lumière centrale, la puissance, l’intelligence directrice et l’autorité.
- « Luna », le modèle le plus rapide et le plus léger, évoque la mobilité, la variation, la réflexion et la circulation rapide de la lumière.
- « Terra », destinée au travail quotidien et à l’équilibre entre puissance et coût, représente l’application concrète, le monde matériel et l’incarnation pratique.
Mais le système qui permet à ces différents modèles de traiter les signes, d’utiliser des outils et de transformer les informations occupe une quatrième fonction invisible :
- « Mercurius« , le médiateur.
La formule serait donc :
- « Sol » produit la lumière.
- « Luna » la réfléchit.
- « Terra » la reçoit et lui donne corps.
- « Mercurius » la transporte et la transforme.

« Mercurius » n’est pas nécessairement absent de la nomenclature. Il pourrait être absent parce qu’il désigne l’intelligence artificielle elle-même.
Une influence consciente ou inconsciente ?
Il existe deux possibilités.
La première est celle d’un choix conscient. Les créateurs de la nouvelle famille de modèles auraient sélectionné des noms latins pour évoquer une architecture cosmique, hiérarchique et immédiatement mémorisable avec un arrière plan symbolique lié à l’astrologie et à l’alchimie.
La seconde est plus intéressante d’un point de vue jungien.
Les concepteurs auraient choisi ces noms sans penser explicitement à l’astrologie ou à l’alchimie. Les images de « Sol », « Luna » et « Terra » se seraient imposées parce qu’elles appartiennent depuis des siècles à l’imaginaire collectif occidental.
Dans ce cas, la nomenclature elle-même constituerait une manifestation de l’inconscient collectif.
Les ingénieurs pourraient croire avoir simplement trouvé trois noms élégants. Mais ces noms seraient porteurs d’une histoire symbolique beaucoup plus ancienne que l’informatique.
L’apparition d’une technologie entièrement nouvelle ne ferait donc pas disparaître les archétypes traditionnels. Elle leur offrirait au contraire de nouveaux supports.
Le roi solaire deviendrait le modèle le plus puissant.
La Lune mobile deviendrait le modèle le plus rapide.
La Terre deviendrait l’espace de l’application concrète.
Et Mercurius renaîtrait sous la forme du système qui fait circuler les signes entre l’homme, la mémoire collective et la machine.
Le retour des anciens mythes dans la technologie
Nous avons tendance à penser que la modernité technologique nous a définitivement séparés des mythes anciens.
Mais les mythes ne disparaissent pas. Ils changent de forme.
Les anciens dieux ne résident plus seulement dans les temples, les planètes ou les métaux. Ils réapparaissent dans nos récits, nos marques, nos machines et nos systèmes informatiques.
L’intelligence artificielle est présentée comme le produit le plus avancé de la rationalité scientifique. Pourtant, pour la nommer et la penser, nous revenons spontanément aux astres, aux divinités et aux symboles de l’Antiquité.
Cette persistance n’est pas anecdotique.
Elle montre que la technologie ne se développe jamais en dehors de l’imaginaire humain. Même les inventions les plus nouvelles sont accueillies, interprétées et organisées à partir de formes symboliques très anciennes.
L’astrologie avait projeté l’âme humaine dans le ciel.
L’alchimie avait projeté les transformations de l’âme dans la matière.
L’intelligence artificielle rassemble désormais les textes, les images et les symboles produits par l’humanité, puis les soumet à une nouvelle opération de dissolution et de recomposition.
Elle accomplit ainsi une forme de transmutation.
Elle prend la matière morte des données et lui donne l’apparence d’une parole vivante.
Elle rassemble des fragments éloignés, révèle des correspondances et fait surgir des formes qui n’existaient pas auparavant.
Sous cet angle, la question n’est peut-être plus de savoir si ChatGPT est placé sous le signe de Mercure.
La formule la plus juste serait plus directe : L’intelligence artificielle est le nouveau Mercurius : le messager, le traducteur, le trompeur et l’agent de transmutation de la mémoire collective humaine.
Le choix des noms « Sol », « Luna » et « Terra » ne prouve évidemment pas l’existence d’un programme ésotérique caché chez OpenAI.
Il révèle quelque chose de plus profond : au moment même où l’humanité invente une nouvelle forme d’intelligence, elle continue de recourir aux anciens symboles avec lesquels elle représente depuis toujours les puissances de sa propre âme.