La stratégie du diable pour la domination du monde 6.

L’intervention divine.

Après avoir laissé le mal agir à sa guise dans le monde, après l’avoir laissé temporairement remporter toutes les victoires, voici que Dieu décide de frapper contre le diable.

Il dit : “Mes princes ne sont-ils pas tous des rois ? N’en a-t-il pas été de Calno comme de Carchémis, et de Hamath comme d’Arphad, et de Samarie comme de Damas ? Comme ma main a atteint les royaumes des divinités impuissantes, dont les idoles l’emportaient sur celles de Jérusalem et de Samarie ; comme j’ai fait à Samarie et à ses dieux, ne ferai-je pas de même à Jérusalem et à ses images ?”

Mais il arrivera : Quand le Seigneur aura accompli toute son œuvre, sur la montagne de Sion et à Jérusalem : “Je visiterai le fruit du cœur hautain du roi d’Assyrie, et l’arrogance de ses regards altiers.” Car il a dit : “Par la force de ma main j’ai fait cela, et par ma sagesse, car je suis intelligent ! J’ai déplacé les bornes des peuples, j’ai pillé leurs trésors, et, comme un héros, j’ai renversé du trône ceux qui y étaient assis. Ma main a saisi, comme un nid, les richesses des peuples, et, comme on ramasse des œufs abandonnés, j’ai ramassé toute la terre, sans que nul ait remué l’aile, ouvert le bec ou poussé un cri !” —

La hache se glorifie-t-elle contre la main qui la brandit, la scie s’élève-t’elle contre celui qui la meut ? Comme si la verge faisait mouvoir celui qui la lève, comme si le bâton soulevait ce qui n’est pas du bois ! C’est pourquoi le Seigneur Yahvé des armées, enverra le dépérissement sur ses robustes guerriers, et sous sa magnificence s’embrasera un feu, comme le feu d’un incendie.

La lumière d’Israël sera un feu, et son Saint, une flamme, qui consumera et dévorera ses épines et ses ronces, en un seul jour. Et la gloire de sa forêt et de son verger, il l’anéantira de l’âme au corps ; ce sera comme un malade qui meurt de consomption. Le reste des arbres de sa forêt pourra être compté ; un enfant les inscrirait.

(…)

C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur Yahvé des armées : “Ne crains rien d’Assur, ô mon peuple, qui habite Sion, quand il te frappera de la verge, et qu’il lèvera sur toi le bâton, comme autrefois l’Egypte. Car, encore bien peu de temps, et mon courroux cessera, et ma colère se tournera contre eux pour les détruire. Et Yahvé des armées lèvera contre eux le fouet, comme il frappa Madian au rocher d’Oreb, et comme son bâton fut sur la mer ; et il le lèvera, comme autrefois en Egypte. Et il arrivera en ce jour-là : Le fardeau d’Assur sera ôté de ton épaule, et son joug de dessus ton cou, et ta vigueur fera éclater le joug. » (Isaïe, X : 8-19 ; 24-27).

Le texte de l’abbé Lemann, “le dénouement de la persécution” explique bien le processus de l’intervention divine face au projet de Satan. Il distingue deux conditions pour que l’intervention ait lieu.

« Il résulte de cette annonce que, en temps de persécution religieuse, l’intervention divine attend ordinairement deux choses avant de se produire :

d’abord que la purification des bons soit suffisamment accomplie ;

ensuite, que le triomphe des méchants soit sur le point de s’achever. »

La première condition concerne “la purification des bons”.

« Or, quand l’erreur menace d’envahir, ou que la corruption gagne, Dieu, qui avant tout veut sauver les âmes, Dieu permet que souffle une persécution.

C’est alors comme un vent de tempête qui passe sur la montagne de Sion et dans Jérusalem. Dans la pensée des méchants qui l’ont soulevé, ce vent de tempête doit tout bouleverser, tout détruire ; mais sous le pouvoir de Dieu, qui sait convertir le désordre en ordre, la perturbation en harmonie, le mal en bien, il ne se borne qu’à purifier ! Les fronts s’inclinent, les lèvres s’entrouvrent pour prier, les consciences se déchargent, des mains depuis longtemps séparées se rapprochent pour se soutenir. Il y a de grandes souffrances ; mais ces souffrances généreusement acceptées sont devenues expiatoires. L’œuvre de Dieu s’accomplit : Jérusalem et l’Église se purifient ! »

La purification du peuple est une condition nécessaire afin de permettre un véritable renouveau politique et spirituel. Cela permet d’éliminer les mauvais hommes. Ceux qui soutiennent le diable ouvertement ou par suivisme seront écarté soit par la mort, soit par le discrédit qui entachera leur collaboration avec le système oppressif.

Dans le cadre de la dictature actuelle et de son arme absolue, le corona-virus nous avons l’exemple du port du masque et du vaccin. L’un et l’autre permettront la mise en place d’un passeport sanitaire essentiel à la vie sociale. Ils y a ceux qui accepteront le masque et le vaccin et ceux qui s’y opposeront. C’est l’histoire de la marque de la bête sans laquelle personne ne pourra ni acheter, ni vendre.

Puis je vis monter de la terre une autre bête, qui avait deux cornes semblables à celles d’un agneau, et qui parlait comme un dragon Elle exerçait toute la puissance de la première bête en sa présence, et elle amenait la terre et ses habitants à adorer la première bête, dont la plaie mortelle avait été guérie. Elle opérait aussi de grands prodiges, jusqu’à faire descendre le feu du ciel sur la terre, à la vue des hommes, et elle séduisait les habitants de la terre par les prodiges qu’il lui était donné d’opérer en présence de la bête, persuadant aux habitants de la terre de dresser une image à la bête qui porte la blessure de l’épée et qui a repris vie. Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, de façon à la faire parler et à faire tuer tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête. Elle fit qu’à tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, on mit une marque sur la main droite ou sur le front, et que nul ne pût acheter ou vendre, s’il n’avait pas la marque du nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse ! Que celui qui a de l’intelligence compte le nombre de la bête ; car c’est un nombre d’homme et ce nombre est six cent soixante-six.” (Apocalypse, XIII : 11-18).

La bête de la terre, c’est Béhémot dont nous avons parlé dans le quatrième article de la série. La bête de la terre ferra tout ce qui est possible pour que les petits et les grands (les enfants et les adultes), les riches et les pauvres, les hommes libres et les esclaves portent la marque de la bête sur la main droite ou sur le front. sans cette marque personne ne pourra ni acheter, ni vendre.

:Le passeport sanitaire pourra exister sous forme numérique. C’est déjà le projet de l’Association international du Transport aérien (IATA). Le passeport portera le nom de “IATA Travel pass”. Il devrait être mis en place au premier trimestre 2021 (IATA – Travel Pass Initiative). Nous ne pourrons plus voyager à travers le monde sans avoir la marque de la bête dans la main. Le smartphone qui supportera le passeport numérique étant tenu dans une main. On pourrait supposer une extension ultérieure du passeport numérique des compagnies aériennes à l’entrée dans un train, dans un bus, dans un magasin, une banque, une administration.

Il y aura donc la création de deux catégories de citoyens, les gueux sans passeport sanitaire numérique et ceux qui auront accepté d’avoir la marque de la bête sur eux pour acheter, vendre, voyager. Nous sommes très exactement dans le monde antinomique dont rêve notre oligarchie au pouvoir.

Il est très important de refuser le vaccin et le passeport pour motif religieux.

“Et un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte : “Si quelqu’un adore la bête et son image, et en prend la marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, du vin pur versé dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et dans le soufre, sous les yeux des saints anges et de l’Agneau. Et la fumée de leur supplice s’élèvera aux siècles des siècles, et il n’y aura de repos, ni jour ni nuit, pour ceux qui adorent la bête et son image, ni pour quiconque aura reçu la marque de son nom. ” (Apocalypse, XIV : 9-11).

Lorsque la première coupe sera versé par l’ange de l’Apocalypse, les gens qui porteront la marque de la bête auront un cancer. Le passage est très clair, sur ce point. Il est question “d’un ulcère malin“. Un regrettable effet secondaire.

“Et j’entendis une grande voix qui sortait du sanctuaire, et qui disait aux sept anges : ” Allez et versez sur la terre les sept coupes de la colère de Dieu. “Et le premier partit et répandit sa coupe sur la terre ; et un ulcère malin et douloureux frappa les hommes qui avaient la marque de la bête et ceux qui adoraient son image.” (Apocalypse, XVI : 1-2).

La deuxième condition concerne “le triomphe des méchants sur le point de s’achever“.

« Il faut ensuite que les succès des méchants soient parvenus à un degré voisin du triomphe. Il faut que la hache se glorifie, et que la scie s’élève ; il faut que la verge prétende donner l’impulsion et le bâton gouverner.

Si l’intervention divine se produisait aussitôt que les méchants font mine de s’attaquer à l’Église, mais ne voyez-vous pas qu’elle courrait le risque de rester sans résultat ? Déjà à moitié aveuglés par la haine, les méchants s’obstineraient à méconnaître la main qui les aurait frappés. Pour eux, l’intervention divine serait plutôt un accident survenu à leurs plans, et le triomphe de l’Église, uniquement l’œuvre du hasard. »

Pour être efficace, l’intervention de Dieu devra se faire lorsque le triomphe de Satan serra sur le point d’être accompli. Cette intervention pourra ainsi être perçut comme miraculeuse et détruira définitivement le diable. C’est ce que dit également le Psaume LXXIII qui sonne d’une étrange actualité..

Cantique d’Asaph.

Pourquoi, ô Dieu, nous as-tu rejetés pour toujours ?
Pourquoi ta colère est-elle allumée contre le troupeau de ton pâturage ?
Souviens-toi de ton peuple que tu as acquis aux jours anciens,
que tu as racheté pour être la tribu de ton héritage !

Souviens-toi de ta montagne de Sion où tu faisais ta résidence,
porte tes pas vers ces ruines irréparables ;
l’ennemi a tout ravagé dans le sanctuaire.

Tes adversaires ont rugi au milieu de tes saints parvis ;
ils ont établi pour emblèmes leurs emblèmes.
On les a vus, pareils au bûcheron,
qui lève la cognée dans une épaisse forêt.


Et maintenant, toutes les sculptures ensemble ;
ils les ont brisées à coups de hache et de marteau.
Ils ont livré au feu ton sanctuaire ;
ils ont abattu et profané la demeure de ton nom.

Ils disaient dans leur cœur : “Détruisons-les tous ensemble !”
Ils ont brûlé dans le pays tous les lieux saints.
Nous ne voyons plus nos signes ;
il n’y a plus de prophète,
et personne parmi nous qui sache jusques à quand…

Jusques à quand, ô Dieu, l’oppresseur insultera-t-il,
l’ennemi blasphémera-t-il sans cesse ton nom ?
Pourquoi retires-tu ta main et ta droite ?
Tire-la de ton sein et détruis-les !

Pourtant Dieu est mon roi dès les temps anciens,
lui qui a opéré tant de délivrances sur la terre.
C’est toi qui as divisé la mer par ta puissance,
toi qui as brisé la tête des monstres dans les eaux.

C’est toi qui as écrasé les têtes de Léviathan,
et l’as donné en pâture au peuple du désert.

C’est toi qui as fait jaillir la source et le torrent,
toi qui as mis à sec les fleuves qui ne tarissent pas.

A toi est le jour, à toi est la nuit ;
c’est toi qui as créé la lune et le soleil.
C’est toi qui as fixé toutes les limites de la terre ;
l’été et l’hiver, c’est toi qui les as établis.

Souviens-toi : l’ennemi insulte Yahvé,
un peuple insensé blasphème ton nom !

Ne livre pas aux bêtes l’âme de ta tourterelle,
n’oublie pas pour toujours la vie de tes pauvres.

Prends garde à ton alliance ! car tous les coins du pays
sont pleins de repaires de violence.

Que l’opprimé ne s’en retourne pas confus,
que le malheureux et le pauvre puissent bénir ton nom !

Lève-toi, ô Dieu, prends en main ta cause ;
souviens-toi des outrages que t’adresse chaque jour l’insensé.
N’oublie pas les clameurs de tes adversaires,
l’insolence toujours croissante de ceux qui te haïssent.
” (Psaume LXXIII, 1-23).

Je ne vais pas interpréter ce fabuleux psaume qui prédit presque mot pour mot ce qui se passe en ce moment dans l’occident chrétien. Ce n’est pas l’objet de l’article. Il est en revanche question du Léviathan dont la tête sera écrasée par Dieu lorsqu’il se décidera à agir. Léviathan, c’est la bête de la mer de l’Apocalypse. Il représente l’Etat moderne dans sa dérive totalitaire. Le psaume annonce que la bête sera vaincue à la fin des temps.

En ce jour-là, Yahvé visitera de son épée dure, grande et forte, Léviathan, le serpent agile, Léviathan, le serpent tortueux, et il tuera le monstre qui est dans la mer. En ce jour-là on dira : “Une vigne au vin généreux, chantez-la ! C’est moi, Yahvé, qui la garde ; je l’arrose en tout temps ; de peur qu’on y pénètre, nuit et jour je la garde ; je n’ai plus de colère.

Qui me donnera des ronces, et des épines à combattre ? Je marcherai contre elles, je les brûlerai toutes. Ou bien, qu’on s’attache à ma protection, qu’on fasse la paix avec moi, qu’avec moi on fasse la paix !

(…)

Et il arrivera en ce jour-là, que Yahvé secouera le blé depuis le cours du Fleuve jusqu’au torrent d’Egypte, et vous serez recueillis un à un, enfants d’Israël. Et il arrivera, en ce jour-là, que sonnera la grande trompette, et ceux qui étaient perdus au pays d’Assur, et ceux qui étaient bannis au pays d’Egypte, reviendront et se prosterneront devant Yahvé, sur la sainte montagne, à Jérusalem.” (Isaïe, XXVII, 1-5 ; 12-13)

Il ne s’agit pas seulement d’une vision éloigné du réel. Ce n’est pas seulement un concept chrétien fantasmé. Cette intervention divine au dernier moment s’est déjà produite de nombreuses fois dans l’histoire. Donnons trois exemples assez célèbres à titre d’illustrations.

Julien l’apostat, empereur romain, persécuta les chrétiens durant de longues années. Afin de détruire le message du Christ, en favorisant la montée du Judaïsme, il autorisa la reconstruction du Temple de Jérusalem. Or, cela ne se passa pas comme prévu et le projet fut finalement abandonné en raison d’un nombre impressionnant d’embûche et de catastrophe.

En effet Julien étant tout rempli de démons, ne respirait que colère, et que fureur contre la Religion. Cette fureur le porta à armer les Juifs contre les Chrétiens. Les ayant envoyé quérir, il leur demanda pourquoi ils n’offraient point de sacrifices, puisque la loi leur commandait d’en offrir. Dès qu’ils lui eurent répondu, qu’ils n’en pouvaient offrir qu’à Jérusalem, il leur permit de rebâtir leur Temple, à dessein de détruire la vérité de la prédiction du Sauveur. Mais bien loin de la détruire, il la confirma ; car les Juifs ayant fait savoir à ceux de leur Nation, qui. étaient répandus par toute la terre, la permission qu’ils avaient reçue, ils accoururent en foule, et offrirent de contribuer de leur peine, et de leur bien pour l’accomplissement d’un si grand ouvrage. Julien y contribua aussi beaucoup, non par libéralité, ni par magnificence, mais par le désir de combattre la vérité. Il envoya même un officier digne de présider à un si détestable ouvrage. On dit qu’ils firent des bêches, et des hôtes d’argent,

Une multitude incroyable de personnes ayant commencé à creuser la terre, les immondices, et les démolitions qu’ils avaient portées durant le jour à une vallée, surent transportées durant la nuit de la vallée au lieu d’où elles avaient été tirées. Ils démolirent le reste des anciens fondements, dans l’espérance de faire tout de neuf. Lorsqu’ils eurent amassé quantité de muis de plâtre, et de chaux, il s’éleva des vents, et des tourbillons qui les dissipèrent, et les firent voler de côté et d’autre. La patience dont Dieu usait envers eux, n’ayant de rien servi pour les avertir de leur devoir, la terre fût ébranlée par un furieux tremblement, qui jeta la terreur dans le cœur de ceux qui n’avaient jamais participé à la sainteté de nos mystères, et qui n’en jeta point néanmoins dans le cœur des Juifs. Ainsi il fallut que Dieu fit sortir de la terre un feu, qui ayant consumé plusieurs de ceux qui travaillèrent aux fondements, obligea les autres à s’enfuir. Il leur arriva un autre accident très-fâcheux; car une galerie étant tombée la nuit, plusieurs Juifs qui étaient couchés dedans en furent écrasés. Cette nuit-là même, et la suivante, le signe de la Croix parut au Ciel Les habits des Juifs furent aussi semés de Croix ; mais au lieu d’être éclatantes comme celles qui parurent en l’air, elles étaient sombres, et tirantes sur le noir. Quand ils virent tous ces prodiges, dont Dieu les menaçait, ils appréhendèrent d’être frappés de quelque plaie plus terrible, et s’en retournèrent en leurs maisons, en conseillant que celui que leurs Ancêtres avaient autrefois crucifié,, était vrai Dieu. Tout ceci fut trop public pour ne pas frapper les oreilles de Julien, mais il s’endurcit comme Pharaon.” (Théodoret, histoire de l’église, Livre III, chapitre XX).

Nous avons également l’exemple de Frédéric II Hohenstaufen qui tenta de se faire passer pour le Grand Monarque dont nous parleront ensuite. Dieu le laissa accomplir chacune de ses missions en lieu et place du véritable roi de la fin des temps. Et puis , lorsqu’il arriva avec son armée aux portes de Rome pour accomplir son destin, il fut vaincu sans arme. Ce qui est impressionnant dans le cas de Frédéric Hohenstaufen, c’est qu’il remporta toutes ses batailles sans combattre. Dieu le laissa avancer ses pions coup après coup avant de frapper.

Ainsi, une fois encore, mais la dernière, Frédéric II devait vaincre sans combattre. Comme lors de tous les dramatiques événements des années précédentes, il avait trouvé la meilleure façon de se présenter aux yeux de la foule et, comme par magie, les portes des villes et des places-fortes s’ouvraient tout grand à son approche. Ce fut comme le Rédempteur en personne et le Libérateur, tel que les siens l’attendaient à Jérusalem, la cité de Dieu, comme le Sauveur investi du pouvoir des Césars, qu’il pénétra dans les territoires du Saint-Siège.” (Ernst Kantorowicz, L’Empereur Frédéric II, Gallimard, p. 462).

Lorsque la victoire est imminente, Dieu frappe en un instant pour détruire l’ennemi.

C’était le jour de la fête de la Chaire de saint-Pierre. En dépit des troubles, le pape, comme à l’ordinaire, fit porter à Saint-Pierre en procession solennelle les têtes des princes des apôtres Paul et Pierre, des fragments de la croix du Christ et d’autres reliques de la Rome chrétienne. Lui-même, vieillard dont l’âge se perdait dans l’oubli, s’avança, enveloppé des fumées d’encens, au milieu des cardinaux et des prélats qui lui étaient encore fidèles. La foule l’accueillit dans un tumulte de railleries, mais Grégoire, d’ordinaire si impétueux, conserva un calme souverain. Il montra les têtes des Apôtres : “Voici les antiquités romaines pour lesquelles votre ville est vénérée ! Voici l’Eglise et voici les reliques des Romains que vous avez à défendre jusqu’à la mort ! Je ne peux pas faire plus qu’un autre homme, mais je ne fuirai pas, car c’est ici que j’attends la compassion de Dieu !” Et, ôtant la tiare Grégoire la posa au-dessus des reliques pour les protéger. “Ô saints, défendez Rome si les Romains ne veulent plus défendre leur ville !” Alors la foule, qui l’instant d’avant se répandait en sarcasmes, arracha de ses vêtements en sanglotant les aigles impériales, signe de l’Antéchrist, et les remplaça par le signe de la croix, prête à combattre pour son Eglise menacée. A Rome, le César dans sa pourpre de triomphateur était oublié. Frédéric II passa devant la capitale du monde et gagna son royaume d’Apulie.” (Ernst Kantorowicz, L’Empereur Frédéric II, Gallimard, p. 466).

De même, alors que la situation du Royaume de France était désespérée, Dieu envoya une petite bergère venu du plus profond de la province pour amener le roi Charles VII vers Reims pour y être sacré et restaurer la puissance de la France. Je vous renvoi a mes articles sur Sainte Jeanne d’Arc.

C’est l’un des grands principes de la psychologie des foules dont parle Gustave le Bon.

Tout ce qui frappe l’imagination des foules se présente sous forme d’une image saisissante et bien nette, dégagée de toute interprétation accessoire, ou n’ayant d’autre accompagnement que quelques faits merveilleux ou mystérieux : une grande victoire, un grand miracle, un grand crime, un grand espoir. Il faut présenter les choses en bloc, et ne jamais en indiquer la genèse. Cent petits crimes ou cent petits accidents ne frapperont pas du tout l’imagination des foules ; tandis qu’un seul grand crime, un seul grand accident les frapperont profondément, même avec des résultats infiniment moins meurtriers que les cent petits accidents réunis. L’épidémie d’influenza qui, il y a peu d’années, fit périr, à Paris seulement, 5 000 personnes en quelques semaines, frappa très peu l’imagination populaire. Cette véritable hécatombe ne se traduisait pas, en effet, par quelque image visible, mais seulement par les indications hebdomadaires de la statistique. Un accident qui, au lieu de ces 5 000 personnes, en eût seulement fait périr 500, mais le même jour, sur une place publique, par un accident bien visible, la chute de la tour Eiffel, par exemple, eût au contraire produit sur l’imagination une impression immense. La perte probable d’un transatlantique qu’on supposait, faute de nouvelles, coulé en pleine mer, frappa profondément pendant huit jours l’imagination des foules. Or les statistiques officielles montrent que dans la même année un millier de grands bâtiments se sont perdus. Mais, de ces pertes successives, bien autrement importantes comme destruction de vies et de marchandises qu’eût pu l’être celle du transatlantique eu question, les foules ne se sont pas préoccupées un seul instant.” (Gustave Le Bon, La psychologie des foules, BoD, p. 166).

Le rameau du tronc de Jessé.

Ensuite, l’Abbé Lemann explique que le joug dont il est question au X : 27 sera brisé par « l’oint », c’est-à-dire par un roi de droit divin. Il vise sans doute le Grand Monarque de la fin des temps. La traduction proposée par la plupart des auteurs qui font référence, ne parle pas de “l’oint”.

Et il arrivera en ce jour-là : Le fardeau d’Assur sera ôté de ton épaule, et son joug de dessus ton cou, et ta vigueur fera éclater le joug.” (Isaïe, X : 27)

Etrange.

J’ai réfléchi de nombreuses années sur le sujet avant de trouver la solution en lisant le début du chapitre suivant (le XI).

Un rameau sortira du tronc de Jessé, et de ses racines croîtra un rejeton. Sur lui reposera l’Esprit de Yahvé, esprit de sagesse et d’intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte de Yahvé ; Il mettra ses délices dans la crainte de Yahvé.

Il ne jugera point sur ce qui paraîtra à ses yeux, et il ne prononcera point sur ce qui frappera ses oreilles. Il jugera les petits avec justice, et prononcera selon le droit pour les humbles de la terre. Il frappera la terre de la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. La justice ceindra ses flancs, et la fidélité sera la ceinture de ses reins. » (Isaïe, XI : 1-5).

Jessé, c’est le père du roi David. Le “rameau” de Jessé, c’est selon l’interprétation traditionnelle dans le catholicisme, le Christ. Dans l’art du Moyen-Age, on représentait cette prophétie d’Isaïe, par un arbre. L’arbre de Jessé se trouvait partout, ce qui montrait l’importance du texte d’Isaïe.

La plus ancienne représentation de l’arbre de Jessé connue, dans le Codex Vyssegradensis.
Miniature montrant 43 générations, Jacques de Besançon, BNF, Paris, vers 1485. En dessous, naissance et jeunesse de Marie.

Le texte d’Isaïe parle d’un rameau qui tuera les “méchants“, ce qui ne fut pas le cas lors de la venue de Jésus parmi les hommes.

Il frappera la terre de la verge de sa bouche, et par le souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.

Or, nous savons que le Christ reviendra à la fin des temps afin de juger les hommes. C’est la Parousie.

Nous savons également que les rois de France avait également pour ancêtre la ligné du roi David.

Si nous croisons ses deux éléments, retour du Christ à la fin des temps et lignage davidique des rois de France, nous pensons à coup sûr au Grand Monarque qui doit venir dans les temps de la fin, restaurer la monarchie de droit divin.

La double venu du Christ, comme d’ailleurs le millénium et la résurrection des morts sont issues du mazdéisme, la religion de l’ancienne Perse. J’ai abordé la question dans la deuxième version de mon livre “Le prophète Daniel et la fin des temps“.

B. Le millénium.

La dernière période de trois mille ans est subdivisée en trois sous-périodes de mille ans.

« Doivent naître trois fils qui succéderont de mille ans en mille ans, pour rétablir la loi dans toute sa pureté. Le premier de ces prophètes se nomme Ukhshyat-ereto, (qui relève la croissance), le second Ukhshyat-nemo (qui fait grandir la piété), et enfin le troisième a pour nom Açivat-ereto (qui pousse en avant le corporel). Ce dernier est le sauveur futur, aussi l’appelle-t-on Coshyant. C’est lui qui accomplira l’oeuvre de résurrection des morts, en offrant un sacrifice à l’aide de trente personnes, quinze hommes et quinze femmes ayant déjà vécu, d’une pureté absolue, et qui attendent dans le sommeil cette glorieuse prédestination. C’est à cette époque que tous les hommes accepteront la loi mazdéenne, et que les mauvais génies seront anéantis et qu’Ahura-Mazda triomphera définitivement d’Agra-Mainyus. » (G de Lafont, Le mazdéisme, l’avesta, p. 127-128).

A la fin de l’Apocalypse de Saint-Jean on retrouve l’idée d’un millénaire durant lequel le mal est enchaîné.

« Et je vis descendre du ciel un ange qui tenait dans sa main la clef de l’abîme et une grande chaîne ; il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il l’enchaîna pour mille ans. Et il le jeta dans l’abîme, qu’il ferma à clef et scella sur lui, afin qu’il ne séduisit plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans fussent écoulés. Après cela, il doit être délié pour un peu de temps. » (Apocalypse, XX : 1-3).

Durant un millénaire, l’esprit religieux insufflé par le nouveau messie se dégradera petit à petit, ce qui permettra au diable d’agir de nouveau.

« Quand les mille ans seront accomplis, Satan sera relâché de sa prison, et il en sortira pour séduire les nations qui sont aux quatre extrémités de la terre, Gog et Magog, afin de les rassembler pour le combat : leur nombre est comme le sable de la mer. Elles montèrent sur la surface de la terre, et elles cernèrent le camp des saints et la ville bien-aimée ; mais Dieu fit tomber un feu du ciel qui les dévora. Et le diable, leur séducteur, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète, et ils seront tourmentés jour et nuit aux siècles des siècles. » (Apocalypse, XX : 7-10).

La dégradation de la situation à la fin de chaque millénaire impose l’arrivée d’un prophète pour revitaliser le message de Dieu.

Le premier millénaire est marqué par la venue de Zoroastre et l’établissement du mazdéisme. Son message relève de la croissance (Ukhshyat-ereto), c’est-à-dire d’un message religieux qui augmente le nombre de ses croyants.

Le deuxième millénaire, c’est Jésus-Christ, qui fera augmenter la piété, c’est-à-dire l’amour et le monde de l’esprit (Ukhshyat-nemo).

Le troisième prophète sera de nouveau Jésus, mais cette fois-ci, il agira au niveau matériel, corporel (Açivat-ereto) afin de compléter son message spirituel initial.

Dans le mazdéisme, il y a trois messies.

Le premier, Zoroastre, créa le mazdéisme. Son message fut dominé par la croissance de ses idées et l’augmentation du nombre des croyants.

Le deuxième messie, Jésus-Christ, fut dominé par la piété et l’amour. Son message s’adressa à l’esprit.

Le dernier messie viendra compléter le message spirituel initial par la lutte et le combat matériel. C’est la Parousie et sans doute le règne du Grand Monarque. Nous ne savons pas s’il s’agit de deux personnages différent (le Christ et le Grand Monarque) ou d’une seule personne remplissant les deux fonctions.

Les trois rois mages, qui sont des adeptes du mazdéisme (le prêtre du mazdéisme était un mage) viennent s’agenouiller devant l’enfant Jésus, car ils le reconnaissent comme le deuxième messie. C’est un savoir qui a été oublié par l’Eglise actuelle.

Nous retrouvons cette distinction entre un messie d’amour et un messie guerrier dans les Psaumes. Le Psaumes XXI montre Jésus souffrant sur la croix. Il est plein d’amour et de compassion. C’est le messie souffrant annoncé par Zacharie. Il ne peut pas être confondu avec le messie du Psaume II qui combat et châtie les impies.

« Pourquoi les nations s’agitent-elles en tumulte
et les peuples méditent-ils de vains projets ?
Les rois de la terre se soulèvent,
et les princes tiennent conseil ensemble,
contre Yahvé et contre son Oint.

“Brisons leurs liens, disent-ils,
et jetons loin de nous leurs chaînes !”
Celui qui est assis dans les cieux sourit,
le Seigneur se moque d’eux.
Alors il leur parlera dans sa colère,
et dans sa fureur il les épouvantera :
“Et moi, j’ai établi mon roi,
sur Sion, ma montagne sainte.”
“Je publierai le décret :
Yahvé m’a dit : Tu es mon Fils,
je t’ai engendré aujourd’hui.
Demande, et je te donnerai les nations pour héritage,
pour domaine les extrémités de la terre.
Tu les briseras avec un sceptre de fer,

tu les mettras en pièces comme le vase du potier.
Et maintenant, rois, devenez sages ;
recevez l’avertissement, juges de la terre.
Servez Yahvé avec crainte,
tressaillez de joie avec tremblement.
Baisez le Fils, de peur qu’il ne s’irrite
et que vous ne périssiez dans votre voie ;
Car bientôt s’allumerait sa colère ;
heureux tous ceux qui mettent en lui leur confiance.
»
(Psaume II : 1-12).

Le psaume II annonce l’arrivée d’un roi, fils de Dieu qui dirigera les nations avec un sceptre de fer. Jésus n’a dirigé aucune Nation comme roi. Il a refusé d’être le roi des juifs préférant être un messie souffrant qui réalisa un ministère de la parole. Le sceptre de fer correspond à la bénédiction de Jacob, l’annonce d’un souverain qui dominera le monde à la fin des temps.

Il arrivera à une époque où les dirigeants du monde connaîtront le tumulte et la peur, car ils se seront ligués contre Jésus (« Les rois de la terre se soulèvent, et les princes tiennent conseil ensemble, contre Yahvé et contre son Oint »).

Les peuples organiseront des complots contre lui pour renverser le seigneur et son église (« Pourquoi les nations s’agitent-elles en tumulte et les peuples méditent-ils de vains projets ? »).

On imagine que les puissances terrestres feront tous pour empêcher le futur roi d’arriver sur le trône. C’est le complot auquel participeront les forces du mal et ses alliés objectifs, les faux chrétiens.

Chaulveron, Le prophète Daniel et la fin des temps, 2e édition, BoD, p. 457-458).

Nous avons également le très long Psaume LXXXVIII qui parle d’un jeune homme sorti du milieu du peuple, descendant de David. Il sera roi à la fin des temps.

§2 : Le psaume LXXXVIII.

« Tu parlas jadis dans une vision à ton bien-aimé, en disant :
J’ai prêté assistance à un héros,
j’ai élevé un jeune homme du milieu du peuple.
J’ai trouvé David, mon serviteur,
je l’ai oint de mon huile sainte.
Ma main sera constamment avec lui,
et mon bras le fortifiera.

“L’ennemi ne le surprendra pas,
et le fils d’iniquité ne l’emportera pas sur lui.
J’écraserai devant lui ses adversaires,
et je frapperai ceux qui le haïssent.

Ma fidélité et ma bonté seront avec lui,
et par mon nom grandira sa puissance.
J’étendrai sa main sur la mer
et sa droite sur les fleuves.

“Il m’invoquera : Tu es mon père,
mon Dieu et le rocher de mon salut.
Et moi je ferai de lui le premier-né,
le plus élevé des rois de la terre.

Je lui conserverai ma bonté à jamais,
et mon alliance lui sera fidèle.
J’établirai sa postérité pour jamais,
et son trône aura les jours des cieux.

“Si ses fils abandonnent ma loi,
et ne marchent pas selon mes ordonnances ;
s’ils violent mes préceptes,
et n’observent pas mes commandements ;
je punirai de la verge leurs transgressions,
et par des coups leurs iniquités ;
mais je ne lui retirerai pas ma bonté,
et je ne ferai pas mentir ma fidélité.

“Je ne violerai pas mon alliance,
et je ne changerai pas la parole sortie de mes lèvres.
Je l’ai juré une fois par ma sainteté ;
non, je ne mentirai pas à David.
Sa postérité subsistera éternellement,
son trône sera devant moi comme le soleil ;
comme la lune, il est établi pour toujours,
et le témoin qui est au ciel est fidèle. ” — Séla.

Et toi, tu as rejeté, et tu as dédaigné,
et tu t’es irrité contre ton Oint !
Tu as pris en dégoût l’alliance avec son serviteur,

tu as jeté à terre son diadème profané.
Tu as renversé toutes ses murailles,
tu as mis en ruines ses forteresses.
Tous les passants le dépouillent ;
il est devenu l’opprobre de ses voisins.
Tu as élevé la droite de ses oppresseurs,
tu as réjoui tous ses ennemis.

Tu as fait retourner en arrière le tranchant de son glaive,
et tu ne l’as pas soutenu dans le combat.
Tu l’as dépouillé de sa splendeur,
et tu as jeté par terre son trône.
Tu as abrégé les jours de sa jeunesse,
et tu l’as couvert d’ignominie. — Séla.

Jusques à quand, Yahvé, te cacheras-tu pour toujours,
et ta fureur s’embrasera-t-elle comme le feu ?
Rappelle-toi la brièveté de ma vie,
et pour quelle vanité tu as créé les fils de l’homme !
Quel est le vivant qui ne verra pas la mort,
qui soustraira son âme au pouvoir du schéol ? — Séla.

Où sont, Seigneur, tes bontés d’autrefois,
que tu juras à David dans ta fidélité ?
Souviens-toi, Seigneur, de l’opprobre de tes serviteurs ;
souviens-toi que je porte dans mon sein les outrages de tant de peuples nombreux ;
souviens-toi des outrages de tes ennemis, Yahvé,
de leurs outrages contre les pas de ton Oint.

Béni soit à jamais Yahvé !
Amen ! Amen ! »

(Psaume LXXXVIII : 20-53).

Le Grand Monarque sera un descendant du roi David. Il l’emportera sur l’Antéchrist et sera le plus puissant roi que la terre est jamais eue (« je ferai de lui le premier-né, le plus élevé des rois de la terre. »). Dieu formera une Nouvelle alliance avec lui (« Je lui conserverai ma bonté à jamais, et mon alliance lui sera fidèle. »). Sa postérité survivra éternellement (« Sa postérité subsistera éternellement, son trône sera devant moi comme le soleil »).

Avant son avènement, il sera rejeté par ses concitoyens (« Et toi, tu as rejeté, et tu as dédaigné, et tu t’es irrité contre ton Oint ! »). Encore une fois, Dieu aime prendre un homme modeste et petit pour le faire monter au plus haut de la hiérarchie humaine.

Chaulveron, Le prophète Daniel et la fin des temps, 2e édition, BoD, p. 457-458-461).

Ce genre de référence à un sauveur émergeant du petit peuple pour chasser l’occupant trouve aussi ses racines dans le mythe d’Héraclès, en particulier dans les trois dernier travaux (les bœufs de Gyrion, les pommes du jardin d’Hespérides et le cap Ténare) ou dans la légende arthurienne. Il existe d’ailleurs un certain lien entre Héraclès et Arthur.

Le jardin des Hespérides et l’île d’Avalon semble être un seul et même lieu. C’est l’endroit où se rend Héraclès dans le onzième travail.

« Le héros accomplit ces exploits en huit ans et un mois. Mais Eurysthée, n’ayant pas retenus valables ceux de l’Hydre et des étables d’Augias, imposa encore un travail à Héraclès, le onzième : le héros devrait lui apporter les pommes d’or du jardin des Hespérides. Ce dernier se trouvait, non comme certains l’ont dit, en Libye, mais bien sur le mont Atlas, au pays des Hyperboréens, et c’était le cadeau de noces offert par Gaia à Zeus et à Héra. Un dragon immortel en avait la garde, fils de Typhon et d’Échidna, qui avait cent têtes et qui savait parler avec les voix les plus variées et sur tous les tons. Les Nymphes des Hespérides montaient également la garde : Églé, Érythie, Hespérie et Aréthuse.” (Apollodore, la Bibliothèque, II : V : 11).

C’est dans le jardin des Hespérides auprès d’Atlas qu’Héraclès va apprendre l’astrologie.

Atlas donna à Hercule non seulement ce qu’il était venu chercher, mais encore il l’initia dans l’astronomie. Atlas avait bien approfondi cette science, et il avait construit avec art une sphère céleste ; c’est pourquoi on le supposait portant le monde sur ses épaules. Comme Hercule apporta le premier en Grèce la science de la sphère, il en retira une grande gloire ; c’est ce qui fit dire aux hommes, allégoriquement, qu’il avait reçu d’Atlas le fardeau du monde. » (Diodore de Sicile, la Bibliothèque, IV : XXVII).

De même Arthur gravement blessé va se rendre dans l’île d’Avalon pour être soignée de ses blessures. L’île d’Avalon est connue pour ses célèbres pommes d’or.

L’île des pommiers, appelée île Fortunée, parce que ses campagnes pour être fertiles n’ont pas besoin d’être sillonnées par le soc du laboureur ; sans culture et tout naturellement, elle produit de fécondes moissons, des raisins et des pommes sur ses arbres non taillés ; au lieu d’herbes son sol est couvert de toutes sortes de récoltes. On y vit plus de cent ans.” (Geoffroy de Monmouth, vita Merlini).

Dans le dixième travail, Héraclès va se rendre en Libye, puis traverser le détroit de Gibraltar, l’Espagne, la Gaule, descendre en Italie en passant par Rome, Cumes, Naples et en Sicile, avant de retourner en Grèce par les Balkans.

Il rassembla ses troupes dans l’île de Crète, car cette île est avantageusement située pour faire partir de là des armées sur toute la terre. Les Crétois accueillirent Hercule avec de grands honneurs ; et, pour leur en témoigner sa reconnaissance, il purgea leur île des bêtes féroces ; c’est depuis lors qu’on ne trouve dans l’île de Crète ni ours, ni loups, ni serpents, ni d’autres animaux semblables. Il voulut aussi par cette action illustrer un pays où Jupiter était né, et où il avait été élevé. Parti de cette île, Hercule relâcha en Libye. A son arrivée, il provoqua au combat Antée, qui, fameux par la force de son corps et son habileté dans la lutte, faisait mourir tous les étrangers qu’il avait vaincus ; mais il fut enfin lui-même tué en se battant contre Hercule corps à corps. Hercule purifia ensuite la Libye d’un grand nombre d’animaux sauvages dont elle était remplie ; il fit cultiver beaucoup de contrées désertes, qui se couvrirent bientôt d’arbres fruitiers, de vignes, d’oliviers et d’autres plantations. En un mot, de la Libye, infestée de bêtes féroces, il fit une terre fertile et prospère ; exterminant les scélérats ou les despotes insolents, il rendit les villes florissantes. On prétend que c’était par ressentiment qu’il était l’ennemi des bêtes féroces et des hommes méchants, parce que, étant encore enfant, il avait été attaqué par des serpents ; et que, devenu homme, il avait été soumis aux ordres d’un monarque injuste et insolent. (…) il traversa le désert aride de la Libye, et, après avoir trouvé un pays fertile et bien arrosé, il y fonda une ville d’une grandeur prodigieuse. Cette ville reçut le nom d’Hécatompyle, à cause du nombre de ses portes, et sa renommée s’est perpétuée jusqu’à ces derniers temps ; (…) Hercule parcourut la Libye jusqu’à l’Océan, qui baigne Gadès, et il éleva deux colonnes sur les bords de l’un et de l’autre continent. De là, abordant avec sa flotte, dans l’Ibérie, il atteignit les fils de Chrysaor qui commandaient trois armées séparées. Hercule les tua dans un combat singulier, soumit l’Ibérie, et emmena ces fameux troupeaux de vaches. En traversant le pays des Ibériens, il fut honorablement accueilli par un roi de ce pays, homme distingué par sa piété et sa justice (…) Hercule donna le royaume des Ibères aux plus vertueux des indigènes. Quant à lui il se mit à la tête de son armée, et pénétra dans la Celtique ; parcourant toute cette contrée, il abolit des coutumes sauvages, et entre autres celle de tuer les étrangers. Comme son armée se composait de volontaires accourus de toutes les nations, il fonda une ville qu’il appela Alésia, nom tiré des longues courses de ses troupes. Un grand nombre d’indigènes vinrent s’y établir, et comme ils étaient plus nombreux que les autres habitants, il arriva que toute la population adopta les mœurs des Barbares. Cette ville est, jusqu’à nos jours, en honneur parmi les Celtes, qui la regardent comme le foyer et la métropole de toute la Celtique. Elle est demeurée libre et imprenable depuis Hercule jusqu’à nos jours. Mais enfin, Gaius César, divinisé pour la grandeur de ses exploits, la prit d’assaut, et la soumit avec le reste de la Celtique à la puissance des Romains. Passant de la Celtique en Italie, Hercule traversa les Alpes. Il rendit la route, de rude et difficile qu’elle était, accessible à une armée avec tout son bagage. Les Barbares qui habitaient ces montagnes avaient coutume de piller et de massacrer les troupes qui les traversaient. Hercule soumit cette nation, et, après avoir puni les chefs des brigands, il assura pour toujours la sécurité de ces passages. En descendant des Alpes, il parcourut la plaine qu’on appelle aujourd’hui la Gaule (cisalpine), et entra ensuite dans la Ligurie. (…) En quittant la Ligurie et le pays des Tyrrhéniens, Hercule arriva sur les bords du Tibre, et campa dans l’endroit même où est aujourd’hui Rome qui ne fut fondée que plusieurs générations après par Romulus, fils de Mars. Quelques indigènes habitaient alors sur le mont Palatin une toute petite ville. (…) Hercule, quittant les bords du Tibre, parcourut le littoral de l’Italie. Il entra dans la campagne de Cumes, où il y avait, dit-on, des hommes qui, étant très robustes et méchants, portaient le nom de Géants. Cette campagne s’appelait aussi champ Phlégréen, à cause d’une colline qui vomissait jadis des masses de flammes, comme l’Etna, en Sicile. Cet endroit est à présent nommé le Vésuve, et on y remarque encore beaucoup de traces de son ancien embrasement. Instruits de la présence d’Hercule, les Géants s’assemblèrent tous et marchèrent contre lui en ordre de bataille. En raison de la forme et de la vigueur des Géants, le combat fut rude. Enfin Hercule demeura vainqueur, grâce au secours des dieux. Il tua la plupart des Géants, et pacifia la contrée. Selon le récit des mythologues, les Géants sont fils de la Terre, en raison de leur taille prodigieuse. Voilà ce que racontent sur la défaite des Géants à Phlègre plusieurs mythologues dont l’autorité a été suivie par Timée, l’historien. Parvenu au passage le plus étroit de la mer, Hercule fit passer ses vaches en Sicile. (…) Hercule repassa avec ses vaches en Italie et se dirigea le long des bords de la mer.” (Diodore de Sicile, la Bibliothèque, IV : XVII, XVIII, XIX ; XXI, XXII, XXIII, XXIV).

Arthur a fait la guerre en Gaule selon Geoffroy de Monmouth.

Dès que cette nouvelle a été diffusée par l’armée, les citoyens ont couru ensemble, et en ouvrant les portes, ont rendu la ville à Arthur. Après cette victoire, il divisa son armée en deux parties ; l’une d’elles s’engagea à suivre la conduite de Hoel, qu’il ordonna de marcher contre Guitard, commandant des Pictaviens ; tandis que l’autre devait s’efforcer de réduire les autres provinces. Hoel entre alors en Aquitaine, s’empare des villes de ce pays, et après avoir affligé Guitard dans plusieurs batailles, le force à se rendre. Il détruisit également la Gascogne par le feu et l’épée, et en soumit les princes. Au bout de neuf ans, au cours desquels toutes les parties de la Gaule furent entièrement réduites, Arthur retourna à Paris, où il conserva sa cour, et convoqua une assemblée du clergé et du peuple, pour établir la paix et la juste administration des lois dans ce royaume.” (Geoffroy de Monmouth, Histoire des rois de Bretagne, Livre 9, Chapitre 11).

Il parviendra à tuer le chef de l’armée romain et espère obtenir le titre d’empereur romain.

L’empressement et la force qui se manifestaient désormais des deux côtés étaient aussi grands que si c’était le début de la bataille. Arthur continua à faire de grandes exécutions de sa propre main, et encouragea les Britanniques à maintenir le combat, comme Lucius Tibère l’avait fait pour les Romains, et leur fit accomplir de nombreux exploits mémorables. Lui-même, entre-temps, était très actif pour se rendre d’un endroit à l’autre, et n’a souffert d’aucune fuite avec la vie qui se trouvait à la portée de son épée ou de sa lance. Les massacres qui se produisaient alors des deux côtés étaient très terribles, et les tournants de la fortune divers, tantôt les Britanniques, tantôt les Romains. Enfin, alors que cette vive dispute se poursuivait, Morvid, consul de Gloucester, avec sa légion, qui, comme nous l’avons dit, était placée entre les collines, se mit en marche à toute vitesse sur les arrières de l’ennemi, et à leur grande surprise, les attaqua, les perça et les dispersa avec un grand massacre. Ce dernier coup décisif s’est avéré fatal pour plusieurs milliers de Romains, et même pour le général Lucius lui-même, qui a été tué parmi les foules à la lance par une main inconnue. Mais les Britanniques, en maintenant longtemps le combat, remportèrent enfin la victoire avec beaucoup de difficulté.” (Geoffroy de Monmouth, Histoire des rois de Bretagne, Livre 10, Chapitre 11).

Cependant, il n’ira jamais jusqu’à Rome, étant tué à la bataille de Camlann. Il ne sera pas le Grand Monarque annoncé par la célèbre prophétie de Merlin. Prophétie de Merlin, véritable best-seller du Moyen-âge qui en fera le livre le plus lu, le plus commenté de cette époque. C’est en quelques sortes le Nostradamus du Moyen-âge. La prophétie de Merlin existait avant Geoffroy de Monmouth. Cependant, c’est sa version qui l’a rendit célèbre.

Cette prophétie annonça l’aventure de Sainte-Jeanne d’Arc contre les Anglais.

Voici ce que dit le texte de Merlin sur le futur grand roi de la fin des temps.

Alors que Vortigern, roi des Britanniques, était assis sur la rive de l’étang asséché, les deux dragons, l’un blanc, l’autre rouge, sortirent et, s’approchant l’un de l’autre, commencèrent un terrible combat, et jetèrent du feu avec leur souffle. Mais le dragon blanc avait l’avantage, et fit voler l’autre jusqu’au bout du lac. Et lui, à cause du chagrin causé par sa fuite, reprit l’assaut sur son poursuivant, et le força à se reprendre. Après cette bataille des dragons, le roi ordonna à Ambrose Merlin de lui dire ce qu’elle présageait. Sur quoi, éclatant en sanglots, il livra ce que son esprit prophétique lui suggéra, comme suit :

“Malheur au dragon rouge, car son bannissement se hâte. Le dragon blanc, qui représente les Saxons que vous avez invités, s’emparera de ses repaires, tandis que le rouge représente la nation britannique, qui sera opprimée par le blanc. C’est pourquoi ses montagnes seront aplanies comme les vallées, et les rivières des vallées couleront dans le sang. L’exercice de la religion sera détruit, et les églises seront ruinées. Les opprimés l’emporteront enfin, et s’opposeront à la cruauté des étrangers. Car un sanglier de Cornouailles lui portera secours, et leur foulera le cou sous ses pieds. Les îles de l’océan seront soumises à sa puissance, et il possédera les forêts de la Gaule. La maison de Romulus redoutera son courage, et sa fin sera incertaine. Il sera célébré dans la bouche du peuple, et ses exploits seront la nourriture de ceux qui les raconteront.” (Geoffroy de Monmouth, Histoire des rois de Bretagne, Livre 7, Chapitre 3).

La prophétie parle de l’affrontement entre deux dragons, un dragon rouge et un dragon blanc. Le dragon rouge concerne les Bretons, alors que le blanc, ce sont les Saxons. Un sanglier de Cornouaille viendra au secours du peuple. Il possédera la France (la Gaule) et l’Italie (la maison de Romulus).

Il existe de nombreux liens entre Héraclès, la prophétie de Merlin et Nostradamus au sujet du Grand Monarque. Le provençal ne cite pas Arthur, mais compare le futur roi à Héraclès, en utilisant son nom romain, Hercule.

IX-33 :

Hercules Roy de Rome & d’Annemarc,
De Gaule trois Guion surnommé,
Trembler l’Itale & l’unde de sainct Marc,
Premier sur tous monarque renommé.

Hercule sera roi de Rome, du Danemark et de Gaule.

X-79 :

Les vieux chemins seront tous embellys,
L’on passera à Memphis somentree :
Le grand Mercure d’Hercules fleur de lys,
Faisant trembler terre, mer & contree.

Hercule sera issu de la monarchie française (la fleur de lys) et prendra les vieux chemins qui avaient été emprunté jadis par son glorieux ancêtre de l’antiquité. On pense au parcours d’Héraclès lors du dixième travail.

Héraclès lors de son passage en Gaule fut surnommé Ogmion. Nostradamus utilise ce surnom pour parler du Grand Monarque.

VIII-44 :

Le procree naturel dogmion,
De sept a neuf du chemin destorner :
A roy de longue et amy au my hom.
Doit a Navarre fort de PAU prosterner.

Ogmion passera par les Pyrénées (Pau, Navarre), pour rejoindre la France.

V-80 :

Logmion grande Bisance approchera.

Chassee sera la barbarique Ligue :

Des deux loix l’une l’estinique laschera,

Barbare & franche en perpetuelle brigue.

Ogmion se rendra jusqu’à Constantinople.

Il faut, à titre de conclusion dire quelques mots sur le mythe du roi caché qui entre en résonnance avec tout ce que nous venons de dire. Cela fait écho à une histoire peu connue de l’Ancien testament. C’est l’affaire de Joas dont j’ai relaté l’histoire dans la deuxième version de mon livre sur le prophète Daniel et la fin des temps.

§1 : Joas (835-796 av. J-C).

Sous le règne de la reine Athalie un terrible massacre de la famille royale eu lieu.

« Athalie, mère d’Ochozias, voyant que son fils était mort, se leva et fit périr toute la race royale. Mais Josaba, fille du roi Joram et soeur d’Ochozias, prit Joas, fils d’Ochozias, et l’enleva du milieu des fils du roi que l’on massacrait ; elle le mit avec sa nourrice dans la chambre des lits. On le déroba ainsi aux regards d’Athalie, et il ne fut pas mis à mort. Il resta six ans caché avec Joschéba dans la maison de Yahvé ; et ce fut Athalie qui régna sur le pays. » (2 rois, XI : 1-3).

Un enfant, Joas, est dérobés puis cachés, pour échapper à la mort. Il devra servir ultérieurement pour renverser une reine tyrannique.

« La septième année, Joïada envoya chercher les centurions des Cariens et des coureurs, et il les fit venir auprès de lui dans la maison de Yahvé. Il conclut une alliance avec eux et, après leur avoir fait prêter serment dans la maison de Yahvé, il leur montra le fils du roi. » (2 rois, XI : 4).

Le fils du roi va être sacré par un prêtre.

« Et le prêtre fit avancer le fils du roi, et il mit sur lui le diadème et le témoignage. Ils l’établirent roi et l’oignirent, et, frappant des mains, ils dirent : « Vive le roi ! » Lorsque Athalie entendit le bruit des coureurs et du peuple, elle vint vers le peuple, à la maison de Yahvé. Elle regarda, et voici que le roi se tenait sur l’estrade, selon l’usage ; près du roi, étaient les chefs et les trompettes, et tout le peuple du pays était dans la joie, et l’on sonnait des trompettes. Athalie déchira ses vêtements et cria : « Conspiration ! Conspiration ! » Alors le prêtre Joïada donna un ordre aux centurions qui étaient à la tête de l’armée et leur dit : « Faites-la sortir de la maison entre les rangs, et tuez par l’épée quiconque la suivra. » Car le prêtre avait dit : « Qu’elle ne soit pas mise à mort dans la maison de Yahvé. » On lui fit place des deux côtés, et elle se rendit par le chemin de l’entrée des chevaux, vers la maison du roi, et c’est là qu’elle fut tuée. » (2 rois, XI : 12-16).

C’est le mythe du roi caché que Dieu garde en réserve lorsque le moment sera favorable. On retrouvera cette légende de l’enfant sauvé d’un massacre en France avec Louis XVII et en Russie avec les faux Dimitri et Anastasia.