Corona virus et fête des fous (3).

Le carnaval italien qui est l’héritier direct des saturnales et des lupercales romaines va développer une spécificité dont il convient de dire quelques mots. Il va e effet permettre la résurgence de l’inconscient collectif deux figures qui vont ensuite se répandre dans l’ensemble du monde occidental.

Il s’agit d’Arleccino et Pulcinella, connu en France sous le nom d’Arlequin et de Polichinelle.

Des milliers d’Arleccino et de Pulcinelli vont déferler dans les rues italiennes lors du carnaval jusqu’au mardi gras. Le mardi gras, les enfants traversent les villes en criant, “E morto carnavale“, c’est-à-dire “Carnaval est mort”. Arleccino et Pulcinelli rentrent à la maison jusqu’à l’année prochaine.

Les deux personnages, comme d’autres dont je ne parlerais pas ici, sont issues du théâtre Atellane. Il remonte au IVe siècle avant Jésus-Christ. C’est l’ancêtre de la comedia del’arte. La comedia del’arte, une source inépuisable pour comprendre notre époque.

Si le personnage est issu de la culture latine, son nom italien, Arleccino vient de l’ancien Français, “herlequin“, “hellequin“. C’est le “diable” ou le “démon”. “Hellequin” était un démon au visage noir du diable, parcourant la campagne avec un groupe de démons et son bâton pour chasser les âmes damnées en enfer.

Arleccino (1671)

Nous retrouvons Arlequin sous la forme d’un démon dans l’enfer de Dante (XXI et XXII). Il porte le nom d’Alichino. Il apparaît dans la cinquième fosse du huitième cercle. Le huitième cercle regroupe les trompeurs, la cinquième fosses concerne, parmi les trompeurs, les concussionnaires et prévaricateurs, ceux qui ont vendu la justice ou qui ont gravement et volontairement manqué à leur devoir.

Le démon Alichino, en italien, se traduit en français, par Malebranche (ou mauvaise-queue dans certaines traductions), est chargé de garder la cinquième fosse du huitième cercle.

Giotto, cycle de fresques sur la vie de saint François d’Assise ; diables sur un paysage urbain (12901295). Basilique supérieure, Assise..

Arlequin porte un costume multicolore. Au Moyen-âge, les habits étaient d’une seule couleur. Les rayures, les patchworks colorés ou les couleurs vives étaient signe de folie et de possession parle diable (ce qui revenait au même à l’époque).

Niche avec une statue dite L’arlequin, rue Louis-Romain à Angers (Maine-et-Loire).

Pensons aux fous du roi dans les cours royales. Ce type de personnages venu de la mythologie grecque. C’est Momos (“la raillerie”), le fou de l’Olympe, symbole du sarcasme et de la moquerie.

“Keying Up” – The Court Jester by William Merritt Chase 1875. (Pennsylvania Academy of the Fine Arts)

Aujourd’hui, les Fous du roi ou les Arlequins pullulent dans les médias ou même dans les gouvernements. Il arrive même que certain arrive à occuper le poste de Président (ce sera le sujet du prochain article). Pour le gouvernement français, elle est ministre et porte parole… Suivez mon regard…

Il faut ici parler d’Arleccina, connu en France sous le nom de Colombine. Elle accompagne Arlequin dans ses folies. Colombine n’est pas une folle du roi, comme pourrait l’être Arlequin, mais une femme menteuse, volage et opposé au patriarcat, la préfiguration de nos féministes modernes. Une sorte de folie moins colorée, mais tout aussi dévastatrice pour l’ordre social.

Colombine (1683)