L’incendie du palais des Tuilleries.

L’incendie du palais des Tuilleries.

Dans le cadre du cent cinquantième anniversaire de la funeste commune de Paris, il faut aborder le dramatique incendie du palais des Tuileries en mai 1871. Le sujet intéressa beaucoup Nostradamus qui consacra deux quatrains au célèbre palais parisien. Le premier concerne la Révolution française et le deuxième la commune de 1871.

Image dans Infobox.
Le Palais des Tuileries vu du Quai d’Orsay, par Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet, vers 1757.

Le palais des Tuileries fut construit au XVIe siècle. Les travaux commencèrent deux ans avant la mort du prophète provençal, en 1564 pour y devenir la résidence des rois de France. Les deux quatrains que je vais citer ont été publiés en 1557. Nostradamus ne connaissait pas le bâtiment qui n’existait pas encore. Ceci est remarquable, car il va donner le nom du palais dans le quatrain IX-34.

Les Tuileries, le Louvre et la Grande Galerie en 1615. Plan de Merian.

IX-34 :

Le part soluz mary sera mitré,

Retour conflict passera sur le thuille :

Par cinq cens un trahyr sera tiltré

Narbon & Saulce par coutaux avons d’huille.

Pour l’interprétation du texte je vous renvoi à l’article spécifique rédigé sur ce site. Vous pouvez aussi le trouver avec les autres quatrains dans la rubrique “Nostradamus” dans le menu en haut.

Louis XVI et Marie-Antoinette ont quitté Versailles et se sont installés au palais des Tuileries depuis la dramatique journée du 6 octobre 1789. Le 10 août 1792, le palais sera pris d’assaut par une armée de sans-culotte et la famille royale sera arrêtée et emprisonnée au temple.

Dans le quatrain, le château des tuileries est appelés “le thuille”.

Sa construction fut décidée sur l’initiative de Catherine de Médicis sur l’ancien emplacement d’un four à tuile installé sur un terrain vague au centre de Paris. Ensuite, le four fut abandonné et l’on construisit un hôtel dit des Tuileries qui deviendra plus tard le palais des Tuileries.

Le 10 août 1792, le palais sera attaqué afin de capturer le roi et sa famille. Il faut faire tomber la monarchie de droit divin pour la remplacer par une république. Le premier acte de la tragédie se joua aux Tuileries. Il y eut des morts et du sang, mais le palais ne brûla pas.

La prise des Tuileries le 10 août 1792, Jean Duplessis-Bertaux.

Le deuxième quatrain, le IX-17 évoquant le palais des Tuileries concerne la commune de Paris de 1871.

IX-17 :

Le tiers premier pis que ne fit Neron,

Vuidez vaillant que sang humain respandre :

Rédifier fera le forneron,

Siecle d’or mort, nouveau Roy grand esclandre.

Pour une étude complète du texte, je vous renvois a l’article spécifique publié dans la section sur les quatrains de Nostradamus.

Le texte, exceptionnel sur plusieurs points mérite toute notre attention. Il donne le numéro de deux républiques, la première (“premier”) et la troisième (“tiers”). L’expression “tiers”, n’indiquant pas seulement le numéro de la république, mais celui de son premier président, Adolphe Thiers. Incroyable jeu de mots dont seul le génie de Nostradamus est capable.

Il y a quelques années, j’ai rédigé un article sur la numérotation des républiques chez Nostradamus. Article fort intéressant qui énumérait les quatrains avec les numéros des républiques. Je soulevais, à l’époque, sans le savoir, plusieurs quatrains concernant la chute de la Cinquième République (voir le X-27 et I-80). A l’époque, mes recherches sur ce point n’étaient pas aussi avancées que maintenant. Je m’étais contenté de reprendre la liste des textes où apparaissaient les expressions “premier”, “tiers”, “quatrième” et cinquième”. Je reprendrais ce travail ultérieurement pour le moderniser et apporter de nouveaux éclairages. Ces deux quatrains semblent être d’une importance capitale pour notre futur proche, surtout le X-27, dont le numéro est déjà tout un programme a lui seul.

Le quatrain nous dit que le “tiers” fera pire que Néron. Neron avait fait mettre feu à Rome et observa le spectacle de l’incendie depuis son balcon. Il accusa ensuite les chrétiens, les fit arrêter et exécuter. C’est le temps des saints martyres.

Les Tuileries, le Louvre et la rue de Rivoli, par Charles Fichot, entre 1857 et 1870.

En disant que la Troisième République fit pire que Néron. Il parle de l’incendie du palais des Tuileries et d’une partie de la ville de Paris lors de la commune. Pour évoquer le palais, il ne parle pas de “Thuile”, comme pour le IX-34, mais de “forneron”. Le mot “forneron” vient du latin “fornax”, founaise. C’est le four qui servait à cuire les tuiles présent sur les lieux du futur château, dès le Moyen-âge. Mais pas seulement. C’est également l’évocation de l’incendie de 1871. Ne dit-on pas qu’un incendie est une véritable fournaise.

Alors que les troupes versaillaises tentaient de reprendre le contrôle de la capitale, les communards vont incendier le palais des Tuileries symbole de la monarchie et de l’empire. Dans la nuit du 22 au 23 mai 1871, plusieurs membres de la commune vont s’introduire dans la cour du palais avec des barils de poudre et de pétrole pour détruire le bâtiment. Ils parcoururent les pièces en les aspergeant de pétrole. Le feu sera allumé après 21 h, le 23 mai 1871.

Un journaliste du Gaulois qui a réussi à pénétrer dans la ville fut l’un des premiers à évoquer l’incendie des Tuileries dans son édition du 24 mai 1871. Il ne parle pas encore du palais, l’auteur n’ayant pas encore réussi à identifier l’origine de feu. La description de son voyage, que je reproduis intégralement, est apocalyptique. Il laisse imaginer le chaos qui régna, à l’époque, dans la ville.

Le Gaulois, 24 mai 1871.

Gaston de Pressac, du Gaulois, se rendra le lendemain au château de Meudon pour observer une nouvelle fois le feu dans la capitale

Le gaulois, 25 mai 1871.

Gaston de Praissac parviendra, finalement, a se rendre sur les lieux que le 26 mai 1871, alors que l’incendie fait encore rage.

La Gaulois, 26 mai 1871.

Les ruines resteront au centre de la capitale durant de nombreuses années. On tenta de le reconstruire sous l’impulsion du baron Haussmann et de Viollet-le-Duc. La mort des deux hommes en 1879 et 1880 enterrera le projet de reconstruction. C’est sous le gouvernement du franc-maçon Léon Gambetta que la destruction des Tuileries sera ordonnée, par le vote d’une loi, le 21 mars 1882 (l’Assemblée nationale) et le 28 juin 1882 (le Sénat). Lisons ce qu’en disait George Bernanos dans sa Grande peur des bien-pensants.

Jules Ferry (autre franc-maçon) promettra une reconstruction après la destruction. Une promesse qui ne sera jamais tenue. Lutte éternelle entre la maçonnerie, par essence luciférienne et la France dont les deux jambes sont le catholicisme et le roi.

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.