Coronavirus et bio pouvoir (1).

La notion de biopouvoir est née dans la pensée de Michel Foucault à travers plusieurs livres dont les plus connus sont “Surveiller et punir” (1975) ou “Histoire de la sexualité : la volonté de savoir” (1976) ainsi que dans ses cours au collège de France entre 1976 et 1979, intitulé, “Il faut défendre la société“, “Sécurité, territoire, population” et “la naissance du biopouvoir“. Il me paraît intéressant de reprendre ses travaux à la lumière des évènements du coronavirus. Sous le prétexte de l’épidémie, les pouvoirs politiques mondiaux semblent en profiter pour imposer une dictature basé sur les idées du philosophe français. Mes développement feront plusieurs articles.

§ 1 : La notion de pouvoir.

Michel Foucault propose deux périodes historiques distinctes dans la conception du pouvoir, celle dite traditionnelle (A) et celle dite moderne (B).

A. La notion traditionnel de pouvoir.

Dans « Surveiller et punir », le philosophe présente le pouvoir comme ce qui se montre. Il trouve sa force dans la manière dont il se déploie publiquement. Il y a une mise en spectacle du pouvoir.

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Il donne en exemple, les exécutions des condamnée a mort. Le pouvoir traditionnel va organiser des exécution en place publique avec un bourreau qui exécute des actes de tortures sur le corps même du condamné.

Ainsi le pouvoir politique déploie de manière très spectaculaire sa force face a un peuple anonyme. Le pouvoir est ce qui se montre, alors que le citoyen reste dans l’ombre.

Le premier gros désavantage de ce type de pouvoir, c’est que celui-ci se trouve affaibli lorsqu’il est dirigé par un chef en manque de charisme. C’est le cas lorsque le nouveau roi est un enfant. Par exemple, lors de la minorité de Louis XIII ou de Louis XIV, le pouvoir royale dû faire face à des frondes qui menacèrent de les renverser.

Attentat et exécution de Damiens dans les Mémoires de Casanova ...

Deuxième défauts, le pouvoir est obligé de se montrer par intermittence lors de cérémonie impressionnante, exécution des condamnés à mort, sacre, mariage royaux, festivité royale, etc. Entre ces cérémonies, le peuple se relâche dans son obéissance. Le pouvoir doit frapper fort pour faire des exemples et restaurer l’ordre. C’est toute l’histoire de l’ancien régime. Le pouvoir traditionnel laisse des espace de liberté sans surveillance.

B. La forme moderne du pouvoir.

A partir du XVIIIe siècle, on va assister à une inversion du processus de pouvoir. Le chef de l’état devient anonyme, alors qu’on impose un principe de visibilité au peuple.

Ce système pour fonctionner doit désindividualisé le pouvoir. Peut importe qui l’exerce, même un individu pris au hasard peut faire fonctionner la machine administrative. Ceci a pour effet de permettre la mise en place d’une machinerie administrative permanente qui survit à tous les régimes politiques.

La surveillance du peuple est permanente et continue. Ce type de pouvoir fonctionne uniquement sur un rapport de lutte permanent entre un pouvoir qui veux rester en place et un peuple qu’il faut contrôler, éduquer et maîtriser par tous les moyens, en tous temps et en tous lieux. Point d’espace de liberté pour le peuple.

Voici ce que disait Michel Foucault dans son premier cours au collège de France, “Il faut défendre la société” :

Il faut défendre la société". Cours au Collège de France.1976 ...

L’essentiel du cours sera consacré (…) au problème de la guerre. Je voudrais essayer de voir dans quelle mesure le schéma binaire de la guerre, de la lutte, de l’affrontement des forces, peut effectivement être repéré comme le fond de la société civile, à la fois le principe et le moteur de l’exercice du pouvoir politique. Est-ce bien exactement de la guerre qu’il faut parler pour analyser le fonctionnement du pouvoir ? Est-ce que les notions de “tactique”, de “stratégie”, de “rapport de force” sont valables ? Dans quelle mesure le sont-elles ? Le pouvoir, tout simplement, est-il une guerre continuée par d’autres moyens que les armes ou les batailles ? Sous le thème devenu maintenant courant, thème d’ailleurs relativement récent, que le pouvoir a en charge de défendre la société, faut-il entendre, oui ou non, que la société dans sa structure politique est organisée de manière que certains puissent se défendre contre les autres, ou simplement encore, défendre leur victoire et la pérenniser dans l’assujetissement ?” (Michel Foucault, Faut-il défendre la société, cours du 7 janvier 1976).

Garder bien en mémoire ce texte fondamental pour comprendre le fonctionnement de nos sociétés modernes. Le pouvoir politique fait la guerre à son peuple pour garder sa prédominance. C’est la lutte des classes entre bourgeoisies et prolétariat décrite par Karl Marx, mais pas seulement. Elle fut également annoncée par les auteurs libéraux du XVIIIe siècle, comme Adam Smith ou David Ricardo. La lutte des classes est propre au société fondée sur le libéralisme. Elle n’existait pas au Moyen-Age ou sous l’Ancien régime. Sous ces régimes, nous avions une tripartition fonctionnelle de la société. Une organisation sociale.

Une structure binaire traverse la société. Et vous voyez apparaître là quelque chose sur quoi j’essayerai de revenir, et qui est très important. A la grande description pyramidale que le Moyen-âge ou les théories philosophico-politiques donnaient du corps social, à cette grande image de l’organisme ou du corps humain que Hobbes donnera, ou encore à l’organisation ternaire (en trois ordres) qui vaut pour la France (et jusqu’à un certain point pour un certain nombre de pays d’Europe).” (Michel Foucault, Faut-il défendre la société, cours du 21 janvier 1976).

Actuellement nous vivons dans un régime politique libéral fondé sur une structure binaire de lutte des classes.

Mais cela ne veut pas dire que la société, la loi et l’Etat soient comme l’armistice dans ces guerres, ou la sanction définitive des victoires. La loi n’est pas pacification, car sous la loi, la guerre continue à faire rage à l’intérieur de tous les mécanismes de pouvoir, même les plus réguliers. C’est la guerre qui est le moteur des institutions et de l’ordre : la paix dans le moindre de ses rouages, fait sourdement la guerre. (…) Nous sommes donc en guerre les uns contre les autres ; un front de bataille traverse la société tout entière, continûment et en permanence et c’est ce front de bataille qui place chacun de nous dans un camp ou dans un autre. Il n’y a pas de sujet neutre. On est forcément l’adversaire de quelqu’un.(…) Les ennemis qui sont en face de nous continuent à nous menacer, et nous ne pourrons arriver au terme de la guerre par quelques chose comme une réconciliation ou une pacification, mais seulement dans la mesure où nous serons effectivement des vainqueurs. ” (Michel Foucault, Faut-il défendre la société, cours du 21 janvier 1976).

Méfiez-vous toujours des gens qui vous expliquent que la lutte n’existent pas. Ils sont là pour nous désarmer intellectuellement, nous faire céder face au pouvoir politique dominant auquel ils appartiennent.

Lors de son discours du 16 mars 2020, Emmanuel Macron prononça six fois le mot “guerre“. “Nous sommes en guerre” dit-il.

En guerre contre quoi ? ou plutôt contre qui ?

Nous nous sommes tous posé la question vu le faible nombre de victimes par rapport à la population française ou à d’autres facteurs de mortalité.

La guerre est déclarée depuis longtemps. Elle a prit un tournant plus ou moins officiel avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. C’est a ce moment-là que la police fut militariser dans son uniforme et dans son armement. Il serait trop long de développer toutes les étapes de cette transformation d’une police chargé de protéger la population en une police désigné pour faire la guerre au peuple. Le processus guerrier avait aussi touché la justice avec une accélération des procédures pénales pour certains délits (justice d’abatage expéditive contre le petit peuple) ou de surveillance des citoyens. L’ensemble fut accompagné d’une intense destruction des services publics.

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C’est d’ailleurs déjà à cette époque qu’une première tentative de “fausse pandémie” avait été mis en œuvre, sans succès, pour imposer le bio pouvoir comme mode de gouvernement généralisé. C’est le H1 N1 avec Roseline Bachelot

Quinze ans plus tard, nous y sommes. Le bio-pouvoir a amélioré sa méthode.

Le prochain article portera sur le bio pouvoir lui-même.