Sainte-Jeanne d’Arc et Charles VII, l’autre appel du 18 juin.

Le 18 juin 1429, après la victoire miraculeuse de Patay se rend auprès du Dauphin pour le persuader d’aller à Reims se faire sacrer roi de France. Les médias républicains nous parlent sans cesse de l’appel du Général de Gaulle, mais oublie de préciser que le général était né dans une famille militante de l’Action Française et était lui-même un monarchiste. Son appel de Londres était un écho lointain a celui de Sainte-Jeanne d’Arc.

Comme en 1940, la France de 1429 était occupée et dirigée par des étrangers. Allemand en 1940, Anglais en 1429. Une partie de la population française collabora avec l’envahisseur, élite parisienne et pétainiste pour 1940, Bourguignon en 1429.

La France en 1429.

Et pourtant, en 1940 comme en 1429, au milieu de la catastrophe, une voix va surgir du petit peuple pour initier la victoire de la France. Un obscur Général totalement inconnu va lancer son appel à la résistance depuis les studios de la BBC. En 1429, l’espoir va venir d’une jeune paysanne de Lorraine.

Le 18 juin 1429, la sainte remporte miraculeusement la bataille de Patay. Elle se situe dans la continuité de celle d’Orléans.

Et le 18 juin, désastre. L’armée anglaise, pourtant commandée par ses meilleurs capitaines, Talbot, Fastolf, Scales, est complétement battue entre Orléans et Chartres, à Patay, par des Français dirigés par Richemont, qu’on a enfin autorisé à revenir, La Hire, Xaintrailles, Gaucourt, Dunois, Alençon, La Fayette, le comte de Laval, Gilles de Rais, ce qui fait beaucoup de chefs. Bataille extrêmement confuse, où une mésentente entre Talbot et Fastolf provoque une panique et finalement la déroute. Les Anglais laissent 2 000 morts et 200 prisonniers.” (Georges Minois, La Guerre de Cent ans, Tempus, p. 435).

Ce que ne dit pas Georges Minois, c’est que le rapport de force entre Anglais et Français est de 1580 (Français) contre 5 000 (Anglais). La France ne connaîtra qu’une seule victime (3 selon certaines sources) contre 2 000 morts Anglais (la moitié de son effectif).

Description de cette image, également commentée ci-après
Bataille de Patay (18 juin 1429).

Bedford va écrire au roi d’Angleterre Henri VI :

“Le motif du désastre se trouve, selon moi, en grande partie, dans les folles idées et la peur déraisonnable inspirées à vos gens par un disciple et limier du diable, appelé la Pucelle, qui a usé de faux enchantements et de sorcellerie.” (Georges Minois, La Guerre de Cent ans, Tempus, p. 434).

Le miracle d’Orléans et de Patay est donc due à Sainte-Jeanne d’Arc, envoyé du diable selon les Anglais. En vérité, Dieu est avec elle et accompli un miracle improbable à Patay.

Le soir-même de la bataille Jeanne ira convaincre le Dauphin de se rendre à Reims pour se faire sacrer roi.

Les Français ont alors le choix entre deux options : la reconquête de la Normandie, option stratégique qui a les faveurs de La Trémoille et de Regnault de Chartres, et le sacre de Charles VII à Reims, option symbolique énergiquement défendue par Jeanne d’Arc, qui l’emporte.” (Georges Minois, La Guerre de Cent ans, Tempus, p. 436).

Jeanne d’Arc convainc le roi Charles VII et son Conseil de poursuivre le siège de Troyes. Enluminure du manuscrit de Martial d’Auvergne, Les Vigiles de Charles VII, BnF, département des manuscrits, ms. Français 5054, fo 61 vo, vers 1484.

Entre Orléans et Reims, le territoire est sous domination anglo-bourguignonne. Il va falloir mener de rudes batailles pour devenir roi. Mais Dieu va encore accomplir des miracles improbables.

Itinéraire de Jeanne d’Arc vers Reims en 1429 (en bleu).

Lieu de signature du traité qui est à l’origine de tous les problèmes, la ville est bien défendue par une garnison de 600 Anglais et Bourguignons, et se prépare à un siège. Mais la guerre de Troyes n’aura pas lieu : l’évêque et les bourgeois, impressionnés par les préparatifs français, cèdent.” (Georges Minois, La Guerre de Cent ans, Tempus, p. 436).

Les notables de Troyes remettent les clefs de la ville au roi Charles VII en présence de Jeanne d’Arc. Miniature du manuscrit de Martial d’Auvergne, Les Vigiles de Charles VII , Paris, BnF, département des manuscrits, Ms. Français 5054, fo 62 ro, vers 1484.

La marche continue. Chalons-sur-Marne ouvre ses portes le 12 juillet, et le 16, on est devant Reims ,dont le capitaine, le seigneur de Châtillon, ne s’estime pas en mesure de résister. Charles entre à Reims le samedi 16 juillet au soir. Il est sacré le lendemain matin, 17, dans la cathédrale.” (Georges Minois, La Guerre de Cent ans, Tempus, p. 436-437).

Sacre de Charles VII à Reims. Enluminure du manuscrit de Martial d’Auvergne, Les Vigiles de Charles VII, BnF, département des manuscrits, Ms. Français 5054, fo 63 vo, vers 1484.

1429, 1940… 2020. Gardons espoir et surtout n’écoutons pas les oiseaux de mauvais augure qui vous expliquent que la bataille est déjà perdus, qu’il faut accepter la soumission à l’étranger qui occupe notre terre ancestrale ou qui nous propose d’attendre. Il faut agir et se battre au milieu de la tempête et alors Dieu nous aidera pour la victoire.

Plaque en l’honneur du Jeanne d’Arc et du cinquième centenaire du sacre de Charles VII sur la place du Forum à Reims