Les ères astrologiques (3) : l’ère du Poisson.

Cet article n’aurait jamais du voir le jour. Le 12 décembre 2022, ma vie aurait dû, aurait put s’arrêter. Infracus du myocarde en sortant de ma douche Passage aux urgences. Rebelotte le mercredi, deux jours plus tard. Les artères du cœur étaient bouchées ) de 70 à 90%. L’une l’était même à 99%. Ce qui a débouché qu’un triple pontage en urgence le jeudi 22 décembre 2022. Trois jours avant Noël. La nuit de la naissance du Christ, je l’ai passé en salle de réanimation. L’année 2022 aura été, pour moi, celle de tous les problèmes de santé puisqu’en janvier on me diagnostiquai un lymphome derrière l’œil gauche.

L’article était écrit aux trois-quarts avant l’opération. Il a failli disparaître entièrement avec moi. Par deux fois, je dois la vie à la Sainte-Vierge et à Saint-Bernard dans des conditions que je ne peux pas raconter ici. Je le ferais un jour ailleurs.

Cet article, comme les précédents et les suivants me semble les plus importants que j’ai eu à écrire sur ce site internet. Ils auraient été dommage de les perdre. Que la Sainte-Vierge me prête vie et m’aide a continuer ce combat culture majeure pour la vérité.

Une semaine et demie après mon opération, me revoilà engagée dans mon inlassable travail d’écriture.

A titre introductif, je tiens à préciser, ma méthode de travail sur les ères astrologiques, pour éviter les malentendus. Durant l’Antiquité, les astrologues se distinguaient en deux catégories : ceux se référant au “morphomata” et ceux se référant au “zodia noeta“.

Le “morphomata” concerne les figures des constellations réelles dans le ciel, alors que le “zodia noeta” prend en compte un découpage du ciel en douze signes fictifs. C’est la séparation moderne entre astrologie sidéral (morphomata) et tropical (zodia noeta).

Origène, père de l’Eglise et grand astrologue, avait choisi la conception “zodia noeta” comme la seule compatible avec le christianisme. Nous reparlerons d’Origène et de sa conception de la Grande Année de Platon ultérieurement.

Le Poisson est un signe d’eau et mutable.

Signe du Poisson, zodiaque de la cathédrale de Chartres.

Ses planètes en domicile sont Neptune et Jupiter.

Le Poisson s’oppose à la Vierge.

La période est marquée par l’apparition du Poisson (I) et la disparition du Bélier (II), selon le schéma que j’ai proposé dans le premier article de la série.

I : L’arrivé du Poisson (125 av. J-C – 54 ap. J-C).

Cette ère astrologique est particulière, car elle ne répond pas aux mêmes règles que les précédentes, comme nous le verrons tout au long de l’article.

Au lieu de trouver trois conjonctions d’introduction du signe, comme c’était le cas avec le Bélier, nous en avons six :

  • Le 21 avril 125 av. J-C.
  • Le 18 février 65 av. J-C.
  • Le 27 mai 6 av. J-C.
  • Le 29 septembre 6 av. J-C.
  • Le 3 décembre 6 av. J-C.
  • Le 25 mars 54 ap. J-C.
Carte du ciel, 21 avril 125 av. J-C, Jérusalem (ISRAEL).
Carte du ciel, 18 février 65 av. J-C, Jérusalem (ISRAEL).
Carte du ciel, 27 mai 6 av. J-C, Jérusalem (ISRAEL).
Carte du ciel, 29 septembre 6 av. J-C, Jérusalem (ISRAEL).
Carte du ciel, 3 décembre 6 av. J-C, Jérusalem (ISRAEL).
Carte du ciel, 24 mars 54 ap. J-C, Jérusalem (ISRAEL).

Parmi toutes les conjonctions en Poisson, on notera avec étonnement celle du 3 décembre de l’an 6. Tellement proche de notre Noël. Le 25 décembre de cette année-là, les deux astres sont encore très proches pour former une conjonction (moins d’un degré d’écart). La chose a de quoi surprendre, surtout lorsqu’on sait que l’idéologie maçonnique nous explique à grand renfort de document, que la date de la fête de Noël fut choisie par les premiers chrétiens, en référence à la fête de Mithra, très populaire dans les pays celtes.

Il faut parler du Poison (A) et de la Vierge (B) pour comprendre l’ère astrologique actuelle.

A : Le Poisson chrétien.

La plus importante est celle du 6 décembre an 6 avant le Christ. Elle marque le lien très fort entre le christianisme (1) et le Poisson (2). Comme influence seconfaire nous avons la Vierge (3).

1 : L’astrologie et la naissance du Christianisme.

Le christianisme s’impose par la figure historique de Jésus. Un lien fut établi entre Le Christ et l’astrologie par plusieurs auteurs, dont Carl Gustav Jung dans son livre “Aion” (a), Jean-Christophe Petitfils dans sa biographie de Jésus (b), le père de l’Eglise Origène (c) ou le début de l’évangile selon Saint-Mathieu (d).

a. “Aion” de Carl Gustav Jung.

Dans son excellent livre “Aion“, Carl Gustav Jung étudie les cartes du ciel liées à la naissance de cette religion. J’ai lu ce livre à l’époque où j’étais étudiant en psychologie. Dans celui-ci, le grand psychologue suisse évoque des thèmes qui me passionnent depuis de nombreuses années, telle que l’astrologie ou les prophéties de Nostradamus. A l’époque, je l’avais emprunté à ma bibliothèque universitaire pour pouvoir le lire, désormais, le livre est disponible en poche pour une somme modique, chez une maison d’édition qui republie les livres de Jung et de celle qui continua son œuvre, Marie-Louis von Franz (dont je recommande la lecture de ses livres sur les archétypes dans les contes de fées).

Aion en grec ancien signifie “âge“, “génération” ou “ère“. Jung y évoque les ères astrologiques et en particulier celle du Poisson. Il présente une étude approfondie de la symbolique du Poisson, surtout du point de vue de la psychologie et de l’alchimie. C’est l’un de ses très grands livres sur l’alchimie, avec “psychologie et alchimie” et “Mysterius conjonctiunis“.

L’alchimie étant conçue, chez les jungiens, comme l’ancêtre de la psychologie et non pas une science occulte qui transforme le plomb en or. Je préfère le préciser d’emblée pour éviter les remarques désobligeantes dans les commentaires. J’indique également à mes lecteurs que le texte de Jung comporte de regrettables erreurs astrologiques, ce qui n’enlève rien a la qualité de l’étude des symboles.

J’ai moi-même complété son travail à ce sujet. Il faut savoir que le Moyen-âge se passionna pour la question. Un grand nombre de cartes furent établies afin de rechercher la date de naissance de Jésus. Citons à titre d’exemple Albumasar, Pierre D’Ailly ou Jérôme Cardan, parmi les plus connus. Nous ne faisons que renouer avec cette ancienne tradition, hélas oubliée en raison des ténèbres de la Renaissance qui ont succédé à la lumière du monde médiéval.

Jung commence son livre ainsi :

Le thème de cet ouvrage est l’idée d’ère (en grec, aion : à la fois long espace de temps et éternité). Le but de ma recherche est de mettre en lumière, à l’aide des symboles chrétiens, gnostiques et alchimiques du Soi, la transformation de la situation psychique au cour de “l’ère chrétienne”. Dès l’origine, non seulement la tradition chrétienne est imprégnée des idées perses et juives du commencement et de la fin des temps, mais elle est également remplie du pressentiment d’une sorte de retournement énantiodromique des dominantes : je veux parler du dilemne Christ-Antéchrist. La plupart des spéculations historiques sur le temps et les divisions du temps sont probablement influencées depuis toujours par des idées astrologiques, comme on peut déjà le voir dans l’Apocalypse. Il est par suite tout naturel que mon étude ait pour centre de gravité le symbole du Poisson, étant donné que l’ère des Poissons constitue le concomitant synchronistique de l’évolution de l’esprit au cours des deux millénaires chrétiens.” (Carl Jung, Aion, Espaces libres, p. 13).

Pour le psychologue suisse, une importante conjonction aurait eu lieu en l’an 7 avant notre ère.

En l’an 7 av. J-C., cette conjonction fameuse ne se produisit pas moins de trois fois le signe des Poissons. Les astres sont devenus le plus proche le 29 mai an 7 av. J-C ; leur distance fut de 0, 21°, soit moins de la moitié de la largeur de la pleine lune. (…) Mars se trouvait en opposition, c’est-à-dire, astrologiquement, la planète reliée à l’instinct se trouvait dans une relation d’opposition par rapport à la conjonction, ce qui est très caractéristique du christianisme. (…) le soleil se serait trouvé dans les Gémeaux lors de la naissance du Christ.” (Carl Jung, Aion, Espaces libres, p. 114).

Petit problème, la triple conjonction n’as pas eu lieu en l’an 7, mais en l’an 6. Une erreur d’un an. Le livre publié en 1950, n’a jamais été corrigé. Aucun astrologue n’a indiqué à l’auteur son erreur. Etonnant. Nous commettons tous des erreurs. Ce n’est pas grave en soit, l’important, c’est de les corriger dans les éditions suivantes. Dans les éditions vendues en 2021, l’erreur est encore là, alors que l’auteur est mort en 1961.

La carte du ciel du 29 mai (28 mai du calendrier julien) de l’an 6 avant Jésus-Christ, correspond à la configuration donnée par Carl Gustav Jung.

Carte du ciel, 28 mai 6 av. J-C, Bethléem (ISRAEL).

Même si la carte reste très intéressante au niveau de sa configuration, je reste dans mon idée principale d’une naissance autour du 6 décembre de l’an 6, sans doute même pouvons-nous aller jusqu’au 25 décembre. Notons que lors de cette conjonction, Jupiter et Saturne s’oppose en Vierge avec Pluton. Nous avions observé le même phénomène sur certaines dates de l’ère précédente.

b. Jean-Christophe Petitfils dans sa biographie de “Jésus“.

L’historien Jean-Christophe Petitfils parle également de la triple conjonction de l’an 6 au moment de la naissance du Christ. Il évoque la question dans son épilogue sous l’intitulé “l’étoile des mages” :

Cependant, une autre donnée – parfaitement scientifique celle-là – vient conforter le récit évangélique. Le 17 décembre 1603, au château de Prague, l’astronome officiel de la cour impériale, Johannes Kepler, observait la conjonction très lumineuse de Jupiter et de Saturne dans la constellation des Poissons. Leur rencontre apparente donnait dans le ciel l’aspect d’un astre volumineux, visible à l’œil nu. Le 9 octobre 1604, Mars se joignit à ces deux planètes. Par calcul, il établit que le même phénomène s’était produit en l’an 7 avant notre ère. C’est alors qu’il se rappela un texte du rabbin portugais Isaac Abravanel 898 (1437-1508) selon lequel le Messie devait apparaître lorsque Jupiter et Saturne uniraient leur lumière dans la constellation des Poissons. Kepler refit plusieurs fois ses calculs et arriva à la conclusion que l’étoile de Bethléem avait été un phénomène naturel et non surnaturel et que Jésus était né non pas en l’an 1, comme l’avait pensé le moine Denys le Petit, mais en l’an 7 avant notre ère.” (Jean-Christian Petitfils, Jésus, Le livre de poche, 2011, p. 223).

C’est le moine Denys le petit (470-entre 535 et 555) dans le “liber de paschate” qui calcula la date de la naissance du Christ en l’an 1 de notre ère. On parle d'”anno domini“, que l’on peut traduire en “année du seigneur“.

La datation fit polémique, même à l’époque en raison de l’incohérence avec le récit des évangiles et la réalité historique.

Jésus est né sous le règne d’Hérode. Or, Hérode mourut en 4 avant Jésus-Christ.

Selon les évangiles, Jésus serait né deux ans avant la mort d’Hérode. On le voit dans le passage de l’évangile de Saint-Mathieu sur le massacre des innocents :

Après leur départ, voici qu’un ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil, et lui dit : “Lève-toi, prends l’Enfant et sa mère, fuis en Egypte et restes-y jusqu’à ce que je t’avertisse ; car Hérode va rechercher l’Enfant pour le faire périr.” Joseph se leva, et la nuit même, prenant l’Enfant avec sa mère, il se retira en Egypte. Et il y resta jusqu’à la mort d’Hérode, afin que s’accomplît ce qu’avait dit le Seigneur par le Prophète : ” J’ai rappelé mon fils d’Egypte.”

Alors Hérode, voyant que les Mages s’étaient joués de lui, entra dans une grande colère, et envoya tuer tous les enfants qui étaient dans Bethléem et dans les environs, depuis l’âge de deux ans et au-dessous, d’après la date qu’il connaissait exactement par les Mages. Alors fut accompli l’oracle du prophète Jérémie disant : Une voix a été entendue dans Rama, des plaintes et des cris lamentables : Rachel pleure ses enfants ; et elle n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont plus.

Hérode étant mort, voici qu’un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph dans la terre d’Egypte, et lui dit : “Lève-toi, prends l’Enfant et sa mère, et va dans la terre d’Israël, car ceux qui en voulaient à la vie de l’Enfant sont morts.” Joseph s’étant levé, prit l’Enfant et sa mère, et vint dans la terre d’Israël. Mais, apprenant qu’Archélaüs régnait en Judée à la place d’Hérode, son père, il n’osa y aller, et, ayant été averti en songe, il se retira dans la Galilée et vint habiter une ville nommée Nazareth, afin que s’accomplît ce qu’avaient dit les prophètes : ” Il sera appelé Nazaréen. ” (Mathieu, II : 13-23)

Hérode fait tuer tous les enfants de deux ans et moins, car la naissance de Jésus a eu lieu deux ans auparavant. Le texte dit qu’il connaît la date par le calcul des rois mages. L’an quatre avant Jésus-Christ, auquel on enlève deux ans donne l’an six avant Jésus-Christ.

Tout cela était connu du temps de Denys le petit. Il suffisait de lire le début de l’évangile de Saint-Mathieu. Et pourtant, rien n’y fit, le pape choisira la date de l’anno domini sur le calcul erronée de Denys.

Quelques années plus tard, l’astronome et astrologue Johannes Kepler calculera l’année de naissance du Christ en l’an 7 avant notre ère en se fondant sur la triple conjonction Jupiter-Saturne de cette année-là. Comme nous l’avons vu avec le livre de Jung, lui aussi commettra une erreur de calcul, car les trois conjonctions ont eu lieu en l’an 6 avant J-C. Une erreur que reprendra Jung. Il faut savoir qu’il n’y a jamais eu d’an 0. Nous sommes passés de l’an 1 avant Jésus-Christ à l’an 1 après Jésus-Christ sans transition. Ce qui explique sans doute l’erreur d’un an de Kepler et de Jung. Il n’y avait pas d’ordinateur au XIIe siècle comme en 1950 pour vérifier la configuration de la carte du ciel.

Voici ce que dit Kepler dans son livre “Discours de la grande conjonction” (1634) :

En conséquence, il a fixé la naissance de son Fils le Christ notre Sauveur au temps précis de la grande conjonction dans le signe des Poissons et du Bélier près du point équinoxial.” (Kepler, Discours de la grande conjonction, cité par Jung dans “Aion“, note 41, p. 370).

c. Origène et la Grande Année.

Revenons à Origène (185-253) qui fut l’un père de l’Eglise (et il y en a eu d’autres) à discuter et à théoriser sur les liens entre l’astrologie et le christianisme. Dans son “commentaire de la Genèse“, il évoque la Grande Année de Platon :

On rapporte en vérité un théorème démontrant que le cercle zodiacal, comme les planètes, se déplace du couchant vers le levant d’un degré en cent ans et que, sur un long intervalle de temps, cela modifie la position des douzièmes ; autre est donc le douzième conceptuel, autre celui qui a en quelque sorte une figure. Or, les déterminations astrales, selon eux, se découvrent non à partir du signe figuratif, mais à partir du signe conceptuel ; lequel ne peut être connu précisément.” (Origène, commentaire de la Genèse, tome III, i, 14, 11, cité dans, les pères de l’Eglise et l’astrologie, p. 76).

Ce texte est d’une importance majeure, car il intègre dans le christianisme la notion de Grande Année de Platon qui divise l’histoire du monde en douze périodes dirigé chacune par un signe astrologique. Origène n’est pas n’importe qui, c’est un des pères de l’Eglise. Mais attention, je mets en garde mes lecteurs catholiques, la notion de Grande Année n’est valable que dans le cadre de la conception “zodia noeta“, c’est-à-dire d’une division du ciel en douze signes égaux et fictif. Il n’y a pas de constellation ou de point vernal. D’ailleurs ni Hipparque, ni Ptolémée ne font référence à un point vernal qui se déplacerait dans le ciel. Les changements d’ères se font aux rythmes des conjonctions Jupiter-Saturne.

Il y a aussi une tentative de récupération de cette idée à partir de la philosophie des Lumière pour la retourner contre le catholicisme. J’ai évoqué la question dans mon livre “Nostradamus et l’astrologie mondiale“. Cette tentative de récupération pour le retourner contre le Christ est un élément constitutif du Poisson. Le Poisson est un signe double, car il comporte deux poissons reliés par une file. Deux poissons s’opposent et se font la guerre : l’un est le Christ et l’autre l’antéchrist.

Le Christ vient au début de l’ère et l’Antéchrist à la fin de celle-ci.

J’en parlerais en détails plus loin.

Le Christ doit lutter contre l’antéchrist durant toute la période. L’antéchrist copie le Christ pour tromper les gens et lui faire la guerre. Il faudrait relire toute l’histoire des deux mille dernières années en séparant bien, dans chaque domaine, la vraie version chrétienne de sa copie trompeuse et fausse. C’est le cas de l’astrologie et de la Grande Année platonicienne.

Comme je vais tenter de le montrer à partir de maintenant, l’ère du Poisson est une ère chrétienne. Il en sera de même de l’ère du Verseau comme je le montrerais dans le prochain article. Le Verseau transformera le christianisme, comme jadis le Poisson à transformé le Judaïsme. Les notions restent, mais se transforment, car l’influence n’est plus la même.

d. Description de la naissance du Christ par saint-Mathieu.

Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des Mages arrivèrent d’Orient à Jérusalem, disant : “Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus l’adorer ” Ce que le roi Hérode ayant appris, il fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. Il assembla tous les Princes des prêtres et les Scribes du peuple, et s’enquit auprès d’eux où devait naître le Christ. Ils lui dirent : “A Bethléem de Judée, selon ce qui a été écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es pas la moindre parmi les principales villes de Juda, car de toi sortira un Chef qui doit paître Israël, mon peuple.” Alors Hérode, ayant fait venir secrètement les Mages, apprit d’eux la date précise à laquelle l’étoile était apparue. Et il les envoya à Bethléem en disant : “Allez, informez-vous exactement de l’Enfant, et lorsque vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que moi aussi j’aille l’adorer.” Ayant entendu les paroles du roi, ils partirent. Et voilà que l’étoile qu’ils avaient vue en Orient allait devant eux, jusqu’à ce que, venant au-dessus du lieu où était l’Enfant, elle s’arrêta. A la vue de l’étoile, ils se réjouirent d’une grande joie. Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l’Enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais ayant été avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.” (Mathieu, II : 1-12)

Les rois mages dont la tradition dit qu’ils auraient été trois, comme les Nornes ou les Moires, trouvèrent par l’étude des cartes du ciel, une étoile brillante qui annonça la naissance du Christ. Cette étoile, c’est la triple conjonction Jupiter-Saturne de l’an 6 avant Jésus-Christ et plus particulièrement celle du 3 décembre.

On apprend qu’Hérode fit venir lui-même des astrologues, que Mathieu appelle “mage” pour calculer la date de naissance du Christ. Il cherchait, nous dit-on, la date précise de l’apparition de l’étoile, pour venir lui rendre hommage.

Hérode les envoie à Bethléem pour voir l’enfant et leur demande de revenir ensuite pour faire leur rapport. On note que lors de la visite des rois-mages, le texte évoque la présence de Marie à ses côtés. C’est l’association du Poisson (Jésus) avec la Vierge (Marie). Le Poisson s’oppose à la Vierge dans le zodiaque.

La carte du ciel du 3 décembre an 6 av. J-C, comporte deux éléments majeurs :

  • Une conjonction entre Jupiter et Saturne en Poisson. C’est l’annonce du passage de l’ère du Bélier à l’ère du Poisson.
  • La conjonction est en opposition avec Pluton en Vierge. Pluton symbolise les secrets et les mondes souterrains. En Vierge, c’est le culte né autour de la mère de Jésus, Marie.

Dès le début du christianisme, le nouveau culte s’inscrit dans la symbolique du Poisson.

2 : La symbolique du Poisson dans le christianisme.

a. Jean le baptiste et le baptême de l’eau.

Le Christ est immergé dans les eaux du Jourdain par Jean le Baptiste. C’est le baptême que doit réaliser obligatoirement le chrétien.

Alors Jésus, venant de Galilée, alla trouver Jean au Jourdain pour être baptisé par lui. Jean s’en défendait en disant :

“C’est moi qui doit être baptisé par vous, et vous venez à moi !” Jésus lui répondit : “Laisse faire maintenant, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice.” Alors Jean le laissa faire. Jésus ayant été baptisé sortit aussitôt de l’eau, et voilà que les cieux lui furent ouverts, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et du ciel une voix disait : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis mes complaisances.” (Matthieu, III : :13-17).

Jean le baptiste est le dernier prophète d’Israël. Il est là pour préparer l’avènement du Christ. Nous savons qu’il commença son ministère la quinzième année du règne de Tibère, soit en 28-29 après Jésus-Christ.

En ces jours-là parut Jean-Baptiste, prêchant dans le désert de Judée, et disant : “Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. ” C’est lui qui a été annoncé par le prophète Isaïe, disant : “Une voix a retenti au désert : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers.” Or Jean avait un vêtement de poils de chameau, et autour de ses reins une ceinture de cuir, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Alors venaient à lui Jérusalem, et toute la Judée, et tout le pays qu’arrose le Jourdain. Et, confessant leurs péchés, ils se faisaient baptiser par lui dans le Jourdain.” (Matthieu, III : :1-6).

La fonction du baptême est de confesser les péchés et de purifier l’esprit des fidèles dans l’attente du vrai messie dont il est chargé de préparer l’avènement.

Moi, je vous baptise dans l’eau pour le repentir ; mais celui qui doit venir après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter sa chaussure ; il vous baptisera dans l’Esprit-Saint et dans le feu.” (Matthieu, III : :11).

Jean le baptiste permet également de préparer le passage de l’ère du Bélier à l’ère du Poisson. C’est pour cela qu’il baptise les gens par l’eau. Le Poisson est un signe d’eau. Il est donc logique que le baptême se fasse par l’eau afin d’être conforme au nouveau signe astrologique.

Le baptême de Jésus, Guido Reni, 1448.

Jésus ne baptisera pas les fidèles. Il préfère confier cette mission à ses apôtres.

Un jour qu’il était à table avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, ” ce que, leur dit-il, vous avez appris de ma bouche ; car Jean a baptisé dans l’eau, mais vous, sous peu de jours, vous serez baptisés dans l’Esprit-Saint. ” Eux donc, étant réunis, lui demandèrent : ” Seigneur, le temps est-il venu où vous rétablirez le royaume d’Israël ? ” Il leur répondit : ” Ce n’est pas à vous de connaître les temps ni les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais lorsque le Saint-Esprit descendra sur vous, vous serez revêtus de force et vous me rendrez témoignage à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre.” (Actes, I : 4-8)

b. Les apôtre, de pêcheurs de poissons à pêcheurs d’hommes.

Jésus s’entoure d’apôtre qui exerçait la profession de pécheur.

Et laissant la ville de Nazareth, il vint demeurer à Capharnaüm, sur les bords de la mer, aux confins de Zabulon et de Nephtali, afin que s’accomplît cette parole du prophète Isaïe : “Terre de Zabulon et terre de Nephtali, qui confines à la mer, pays au delà du Jourdain, Galilée des Gentils ! Le peuple qui était assis dans les ténèbres a vu une grande lumière ; et sur ceux qui étaient assis dans la région de l’ombre de la mort, la lumière s’est levée ! Dès lors Jésus commença à prêcher, en disant : “Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche.”

Comme il marchait le long de la mer de Galilée, Jésus vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André son frère, qui jetaient leur filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs. Et il leur dit : “Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes.” Eux aussitôt, laissant leurs filets, le suivirent. S’avançant plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère, dans une barque, avec leur père Zébédée, réparant leurs filets, et il les appela. Eux aussi, laissant à l’heure même leur barque et leur père, le suivirent. » (Matthieu, IV : 13-22).

Jésus dit à Pierre et André, “suiviez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes“. Au lieu de jeter leurs filets dans l’eau pour pêcher des poissons, ils attraperaient des hommes pour les convertir. Pierre deviendra le premier Pape à Rome et dirigera la “barque” de l’Eglise, dans une symbolique toujours lié au Poisson et à l’eau.

Il existe de nombreuses scènes lié à l’eau et au bateau mettant en scène Jésus et les apôtres. Il serait fastidieux de tous les citer. Jésus marche sur l’eau, Jésus arrête une tempête au milieu d’un lac, etc.

c Les noces de Cana et la multiplication des poissons et des pains à Bethsaïde.

Dès le début de son ministère public, le Christ va mettre en scène la symbolique du Poisson lors de deux repas devenu célèbre : les noces de Cana et le repas de Bethsaïde.

Au moment des noces de Cana, il va changer de l’eau en vin.

Et le troisième jour, il se fit des noces à Cana en Galilée ; et la mère de Jésus y était. Jésus fut aussi convié aux noces avec ses disciples. Le vin étant venu à manquer, la mère de Jésus lui dit : ” Ils n’ont point de vin. ” Jésus lui répondit : ” Femme, qu’est-ce que cela pour moi et vous ? Mon heure n’est pas encore venue. ” Sa mère dit aux serviteurs : ” Faites tout ce qu’il vous dira. “ Or, il y avait là six urnes de pierre destinées aux ablutions des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit : ” Remplissez d’eau ces urnes. ” Et ils les remplirent jusqu’au haut. Et il leur dit : ” Puisez maintenant, et portez-en au maître du festin ; ” et ils en portèrent. Dès que le maître du festin eut goûté l’eau changée en vin (il ne savait pas d’où venait ce vin, mais les serviteurs qui avaient puisé l’eau le savaient), il interpella l’époux, et lui dit : ” Tout homme sert d’abord le bon vin, et, après qu’on a bu abondamment, le moins bon ; mais toi, tu as gardé le bon jusqu’à ce moment. ” — Tel fut, à Cana de Galilée, le premier des miracles que fit Jésus, et il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.” (Jean, II : 1-11).

Le Poisson signe d’eau est représenté par l’eau qui se transforme en vin. Une scène qui fait d’ailleurs penser au dernier repas du Christ qui sera repris dans la symbolique de la messe dominicale.

Les noces de Cana, Véronese

Beaucoup plus intéressant est le repas de Bethsaïde où la symbolique astrologique est très développée et sur plusieurs niveaux.

Les apôtres, étant de retour, racontèrent à Jésus tout ce qu’ils avaient fait. Il les prit avec lui et se retira à l’écart dans un lieu désert, près d’une ville nommée Bethsaïde. Lorsque le peuple l’eut appris, il le suivit ; Jésus les accueillit, et il leur parla du royaume de Dieu, et il rendit la santé à ceux qui en avaient besoin.

Comme le jour commençait à baisser, les Douze vinrent lui dirent : ” Renvoyez le peuple, afin que, se répandant dans les villages et les hameaux d’alentour, ils y trouvent un abri et de la nourriture ; car nous sommes ici dans un lieu désert. ” Il leur répondit : ” Donnez-leur vous-mêmes à manger. ” Ils lui dirent : ” Nous n’avons que cinq pains et deux poissons, à moins peut-être que nous n’allions nous-mêmes acheter de quoi nourrir tout ce peuple ! ” Car il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : ” Faites-les asseoir par groupes de cinquante. ” Ils lui obéirent et les firent asseoir. Alors Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et levant les yeux au ciel, il prononça une bénédiction, les rompit et les donna à ses disciples pour les servir au peuple. Tous mangèrent et furent rassasiés, et des morceaux qui étaient de reste, on emporta douze corbeilles.” (Luc, IX : 10-17)

Les douze apôtres sont-là comme les douze signes du zodiaque. A la fin du repas, il y a douze corbeilles comme symbolisant le zodiaque astrologique.

Pour nourrir le peuple, il y a cinq pains et surtout deux poissons. C’est la division des pains et des poissons par le Christ lui-même qui permet de nourrir cinq mille personnes. C’est un des miracles les plus célèbre.

Les deux poissons semblent de manière évidente représenter le signe astrologique symbolisé par deux poissons. Il n’y a rien de bien difficile à comprendre pour l’instant.

Mais parlons des cinq pains. Ils représentent le signe de la Vierge, opposé aux Poissons et à l’influence secondaire de la période. Dans l’astrologie sumérienne, le signe de la Vierge était appelé “l’épi” et était représenté par une motte de blé, comme nous l’avons vu dans ma série d’articles sur l’astrologie sumérienne.

Résumons :

  • Les cinq pains : le signe de la Vierge.
  • Les deux poissons : le signe du Poisson.

Dans les catacombes de saint-Calixte, à Rome (milieu du IIe siècle), on a retrouvé une représentation du pain et du poisson, qui montre que les premiers chrétiens avaient adoptés ses deux symboles comme représentation des signes astrologiques du Poisson et de la Vierge. Il y a les cinq pains et les deux poissons.

Peinture du poisson et du pain eucharistique sur un mur de la crypte de Lucine dans la catacombe de Saint-Calixte.
c. Le repas sur le lac de Tibériade.

Après sa mort puis sa résurrection, le Christ apparaît à ses disciples sur les rives du lac de Tibériade.

Après cela, Jésus se montra de nouveau à ses disciples sur les bords de la mer de Tibériade : et il se montra ainsi : Simon-Pierre, Thomas appelé Didyme, Nathanaël, qui était de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres de ses disciples, étaient ensemble. Simon-Pierre leur dit : “Je vais pêcher.” Ils lui dirent : “Nous y allons, nous aussi avec toi.” Ils sortirent donc et montèrent dans la barque ; mais ils ne prirent rien cette nuit-là. Le matin venu, Jésus se trouva sur le rivage ; mais les disciples ne savaient pas que c’était Jésus. Et Jésus leur dit : “Enfants, n’avez-vous rien à manger ?” — Non, répondirent-ils. Il leur dit : “Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez.Ils le jetèrent ; et ils ne pouvaient plus le tirer à cause de la grande quantité de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : “C’est le Seigneur !” Simon-Pierre, ayant entendu que c’était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer. Les autres disciples vinrent avec la barque (car ils n’étaient éloignés de la terre que d’environ deux cents coudées), en tirant le filet plein de poissons.

Quand ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson mis dessus, et du pain. Jésus leur dit : “Apportez de ces poissons que vous venez de prendre.” Simon-Pierre monta dans la barque, et tira à terre le filet qui était plein de cent cinquante-trois grands poissons ; et quoiqu’il y en eût un si grand nombre, le filet ne se rompit point. Jésus leur dit : “Venez et mangez.” Et aucun des disciples n’osait lui demander : “Qui êtes-vous ?” parce qu’ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approcha, et prenant le pain, il leur en donna ; il fit de même du poisson. C’était déjà la troisième fois que Jésus apparaissait à ses disciples, depuis qu’il était ressuscité des morts.” (Jean, XXI : 1-14).

Jésus indique le lieu où pêcher pour trouver en abondance du poisson.

Pavement de la basilique d’Aquilée (IIIe siècle).

Une fois la pêche terminée, il mange avec les apôtres du pain et du poisson, comme lors du repas de Bethsaïde. Le pain pour la Vierge et le Poisson pour le signe astrologique du Poisson.

3 : Le double règne du Poisson.

Le Poisson est un signe double, comme le Gémeaux. Dans la liste astrologique de la tablette “mul.apin”, le Poisson est appelé “Mul.sim.mah” dont le sens est “les queues des hirondelles“. Les queues sont celles de “Sinunutum” (le poisson occidental) et “Anunitum” (le poisson nord-oriental), deux divinités pisciformes. “Sinunutum” et “Anunitum” formaient un couple étroitement uni, comparé à l’Euphrate et au Tigre.

L’hirondelle est un poisson chimérique qui symbolise le Printemps.

L’hirondelle de mer.

Un lien (rikis) ou ruban était censé les attacher l’une à l’autre dans le ciel, par la queue. Dans la tradition astrologique chrétienne, les poissons sont reliés par la bouche, comme le montre des représentations du zodiaque de la cathédrale de Chartes ou d’Amiens.

Dans une représentation astrologique du signe du poisson de la cathédrale d’Amiens, on voit très bien les deux poissons relié par la queue.

Signe du Poisson, zodiaque de la cathédrale de Chartres.
Signe du Poisson, zodiaque de la cathédrale d’Amiens.

Dans les deux images, on observe que les deux poissons sont inversés. L’un est l’inverse de l’autre. C’est très important dans la symbolique de l’ère astrologique chrétienne. Nous l’avons vu, l’un est le poisson occidental et l’autre le poisson nord-oriental. Dans les deux images tirées des cathédrales de Chartes et d’Amiens, ils vont à l’est et à l’ouest. Mais l’idée est la même. L’Ouest, c’est l’Occident et l’Est, c’est l’Orient et le Nord. D’ailleurs, celui d’Amiens, est légèrement penché vers le Nord et le Sud permettant de voir le poisson nord-est (même s’il se dirige vers le sud) comme représentant le poisson occidental et le poisson sud ouest représentant le poisson nord-occidental.

Le poisson occidental représente le Christ et le poisson nord-oriental représente l’Antéchrist.

Nous avons donc deux religions qui vont émerger, puis s’affronter. C’est le christianisme, la religion dominante de la première partie (1) et son opposé le satanisme avec son messie noir l’Antéchrist pour la deuxième partie (2). L’ère semble devoir se diviser en deux périodes. Le messie du Christianisme, le Christ vient au début de l’ère, le messie noir du satanisme, l’Antéchrist viendra à la fin de l’ère. C’est à cette occasion, que le Christ reviendra une deuxième pour vaincre l’antéchrist.

On retrouve dans l’art de l’église primitive, de nombreuses représentations avec le double poisson qui montre que cette représentation faisait partie des symboles premiers chrétiens. Nous avons par exemple la représentation de la Céne, le dernier repas du Christ et des apôtres avec comme plat deux poissons, dans la basilique Saint-Apollinaire de Ravenne.

Basilique St Apollinaire le neuf, Ravennes

Nous avons également la célèbre stèle dite de Licinia à Rome où deux poissons se fond face, séparés par un hameçon. Au-dessus des deux poissons l’inscription en grecque dit “Poisson des vivants“.

Stele Licinia Amias Terme 
a. La première période : la domination du Christ (6 av. J-C – 1189 ap. J-C).

Le dualisme entre Dieu et le diable apparaissent dès le début de l’ère du poisson, lors du séjour de Jésus dans le désert.

Alors Jésus fut conduit par l’Esprit dans le désert pour y être tenté par le diable. Après avoir jeûné pendant quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Et le tentateur, s’approchant, lui dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, commandez que ces pierres deviennent des pains. » Jésus lui répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Alors le diable le transporta dans la ville sainte, et l’ayant posé sur le pinacle du temple, il lui dit : « Si vous êtes le Fils de Dieu, jetez-vous en bas ; car il est écrit : Il a donné pour vous des ordres à ses anges, et ils vous porteront dans leurs mains, de peur que votre pied ne heurte contre la pierre. » Jésus lui dit : « Il est écrit aussi : Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu. » Le diable, de nouveau, le transporta sur une montagne très élevée, et lui montrant tous les royaumes du monde, avec leur gloire, il lui dit : « Je vous donnerai tout cela, si, tombant à mes pieds, vous m’adorez ». Alors Jésus lui dit : “Retire-toi, Satan ; car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu ne serviras que lui seul.” Alors le diable le laissa ; aussitôt des anges s’approchèrent, et ils le servaient.” (Matthieu, IV : :1-11).

Le Christ affronte le diable et parvient à résister à la tentation de puissance. C’est le premier combat entre le bien et mal si caractéristique du Poisson. Le Christ l’emporte et assure sa domination sur le monde pour mille ans. Durant cette période, le christianisme est triomphant et vainqueur de toutes ses batailles.

Le petit Larousse des symboles” à l’article “Poisson” explique :

Les lettres du mot grec désignant le poisson, “ichtus”, forment l’acronyme de “Jesus Christos Theou Uios Soter” (“Jésus, fils de Dieu, sauveur”). Aux débuts de la chrétienté, le poisson sera un thème récurrent sur les fresques et le mobilier paléochrétien, ou il constitue un signe de ralliement secret.” (Le petit Larousse des symboles, p. 501).

Le poisson (ichthus), symbole des premiers chrétiens. En grec IΧΘΥΣ, est un acronyme pour « Ἰησοῦς Χριστὸς Θεοῦ Υἱὸς Σωτήρ » / « Iēsoûs Khristòs Theoû Hyiòs Sōtḗr » soit « Jésus-Christ, Fils de Dieu, [notre] Sauveur ».

Une lampe à huile représente un poisson en train d’en manger un autre, comme image de la lutte du Christ et du diable. Le poisson christique porte une croix sur son ventre.

Lampe à huile, figurant un poisson en avalant un autre, antiquité chrétienne tardive. Musée de Laon.

Certains chrétiens riches affichaient sur leur maison le poisson pour montrer qu’ils étaient chrétiens, comme le montre cet exemple d’une maison romaine à Ostie.

La Maison au Poisson, à Ostie port de Rome.

Enfin, parlons d’une des plus importantes preuves que les premiers chrétiens associaient le Christ au poisson en faisant le lien avec le signe astrologique. Je parle du pectorius d’Autun. Elle daterait d’une période allant du milieu du IIe siècle à la fin du IVe siècle. Elle fut retrouvée au XIXe siècle à Autun. C’est l’un des plus ancien témoignage écrit chrétien en Gaule.

Je connais personnellement la ville d’Autun où je suis souvent allé dans mon enfance et dans ma jeunesse. Elle se situe dans le duché de Bourgogne et plus précisément dans le Morvan, qui est la terre d’origine de mes ancêtres sur mille cinq cents ans. Il y a d’ailleurs un sublime zodiaque astrologique dans le tympan de la cathédrale saint-Lazare, dont je vous parlerais sans doute un jour dans un article. Il y a beaucoup de zodiaques astrologiques en Bourgogne, dont deux rien que dans le Morvan (Autun et Saulieu).

L’épitaphe de Pectorius compare le Christ à un “poisson céleste“. Les initiales des cinq premières phrases forment le mot “ichthus” en grec. j’ai moi-même vu cette plaque exposée dans le musée de la ville.

Ô race divine du Poisson céleste,

Garde une âme pure parmi les mortels

Parce que tu as reçu la source immortelle,

Rajeunis ton âme, ami, dans les eaux divines,

Par les flots éternels de la sagesse qui donne les trésors.

Reçois l’aliment doux comme le miel du Sauveur des Saints,

Mange à ta faim, bois à ta soif,

Tu tiens le Poisson dans les paumes de tes mains.

Nourris-nous donc, Maître et Sauveur, avec le Poisson.

Qu’elle repose en paix, ma mère

Ainsi je te prie, (toi) Lumière des morts.

Aschandius, mon père, aimé de mon cœur,

Avec ma douce mère et mes frères,

Dans la paix du Poisson, souvenez-vous de votre Pectorius.

Le “poisson céleste” fait penser au “taureau céleste” de l’épopée de Gilgamesh. Ce qui montre la nature astrologique de cette image dans l’esprit de Pectorius, que cette expression soit volontaire ou involontaire. Il y a des symboles issus de l’inconscient collectif tellement fort qu’ils prennent toute la place dans l’esprit des peuples et émerges comme une évidence.

J’ai pris le temps de bien décrire et démontrer la présence de la symbolique du Poisson chez le Christ, car cette image à totalement disparut de l’imaginaire des peuples chrétiens pour être substitué par la croix. Un autre poisson est venu le remplacer, celui de l’Antéchrist. C’est de lui dont nous allons parler désormais.

b. La deuxième période : la domination de l’Antéchrist (1189-?).

Carl Gustav Jung situe le passage du premier au second poisson au XIe siècle. C’est là que va émerger la gnose dont parle si bien le philosophe Alain Pascal dans sa série de livres sur ce sujet parle de “la guerre des gnoses“. Jung parle lui de “l’âge gnostique“. Une expression plus précise à mon sens, puisque la gnose va dominer avec une augmentation croissante toute la période qui s’ouvre. En revanche, Alain Pascal a tout à fait raison d’opposer le Christianisme par nature occidental à la gnose de type oriental. Cela reprend l’opposition entre les deux poissons, dont l’un est lié à l’occident et l’autre à l’orient.

L’âge gnostique pressentait déjà clairement cet aspect double. Il était donc naturel qu’à une époque correspondant au début de l’ère du second poisson, qui par suite, était à peu près nécessairement ambiguë, une affirmation de l’Esprit-Saint empreinte de coloration chrétienne mît en même temps au jour l’archétype de l’Esprit dans son ambivalence caractéristique. Il serait injuste de se borner à considérer une figure aussi remarquable que Joachim comme un représentant de la turbulence anarchique et révolutionnaire dont le mouvement du Saint-Esprit offrit le visage en bien des endroits. Peut-être faut-il supposer qu’il introduisait lui-même inconsciemment un nouveau status, une attitude religieuse destinée à combler et à compenser le gouffre que le XIe siècle avait senti s’ouvrir entre le Christ et l’Antéchrist. L’âge de l’Antéchrist offre cette caractéristique que l’esprit s’y change en non-esprit et que l’archétypes dispensateur de vie dégénère progressivement en rationalisme, en intellectualisme, en doctrinarisme, ce qui conduit par voie de conséquence à la tragédie de l’époque moderne suspendue, d’une façon presque tangible au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès.” (Carl Jung, Aion, Espaces libres, p. 124-125).

L’âge gnostique commença avec la secte du Saint-Esprit de Joachim de Flore (1135-1202). Il divise l’histoire du monde en trois périodes : la première période, celle du père, la deuxième période, celle du fils et une troisième période, celle du Saint-Esprit. La première période correspondrait au judaïsme, la deuxième au Christianisme et la troisième une nouvelle religion dont il situe l’avènement en 1260. Lorsqu’on lit sa description des trois âges, on pense aux trois ères astrologiques, du Bélier (le Père), du Poisson (le fils) et du Verseau (le Saint-Esprit). L’auteur ne parle ni de la Grande Année de Platon, ni de signe astrologie. C’est un détournement pur et simple de cette théorie, tous en la déformant. C’est une technique typique du poisson antéchristique. De même que l’ère du Verseau ne commença pas en 1260, en revanche, cela correspond peu ou prou au début du règne du second poisson.

Il y aura un temps où on vivra en esprit. Il durera jusqu’à la fin du monde, et a commencé avec le bienheureux Benoît. Dans l’un, on a été sous la loi, dans l’autre, nous sommes dans la grâce, dans le troisième, que nous attendons prochainement, nous serons sous une grâce plus abondante. Le premier est l’âge de la servitude servile, le second de l’obéissance filiale, le troisième de la liberté. Le premier est l’âge de la crainte, le second de la foi, le troisième de la charité. Le premier est l’âge des vieillards, le second celui des jeunes gens, le troisième celui des enfants.” (Joachim de Flore, Expositio in Apocalypsim).

Notons également, qu’à la même époque, l’occident perd le contrôle de la terre sainte. L’orient remporte ses premières victoires militaires et religieuses contre le Christ, dont la chute de Saint-Jean d’Acre, en 1291 et le symbole le plus fort.

En effet, avec le commencement du XIe siècle, c’est-à-dire, astrologiquement, au milieu de l’ère des poissons, on voit partout des hérésies pousser comme des champignons, et, curieusement, c’est alors que l’adversaire du Christ, le second poisson, c’est-à-dire le diable, émerge dès le début comme démiurge. D’un point de vue historique, cette idée est une sorte de renaissance gnostique, puisque le démiurge du gnosticisme passait pour un être inférieur, voire tout à fait mauvais, duquel tout mal provient. Ce qui est important dans cette apparition est sa synchronicité, à savoir le moment astrologique déterminé dans lequel elle se produit.” (Carl Jung, Aion, Espaces libres, p. 201).

C’est à partir de cette date également que monde chrétien-occidental va devoir affronter de multiples hérésies. Le duel entre les deux poissons commence. C’est l’époque des cathares ou des templiers puis le protestantisme et le maçonnisme. Toutes vont lutter contre le dogme catholique et progressivement prendre le dessus en introduisant leurs venins dans l’esprit du peuple et de son élite.

Avec l’An mil en effet s’ouvre un autre monde qui se manifeste d’abord dans d’étonnants mouvements religieux tels que les Bogomiles, les Cathares, les Albigeois, les Vaudois, les Pauvres en esprit, les Frères du Libre Esprit, les Béguines, les Béghards, etc, et dans la religion du Saint-Esprit de Joachim de Flore. L’essor de l’alchimie appartient à ces mouvements, ainsi que – last but not least – le protestantisme, le siècle des Lumières et la Science et la montée vers l’élément véritablement diabolique que vit notre temps, et la volatilisation du christianisme face au rationalisme, l’intellectualisme, le matérialisme et le “réalisme”.” (Carl Jung, Aion, Espaces libres, p. 202).

La réforme, se concentre sur le texte de la Bible et coupe tout lien avec les symboles et leurs messages venus de l’inconscient collectif. C’est le texte qui devient important et non plus les images qu’il véhicule. C’est la première étape de la destruction du Christ et de la victoire de l’Antéchrist.

Avec l’idéologie maçonnique, c’est le développement de la science et du matérialisme. On tente d’inculquer au peuple que Dieu n’existe pas, car il ne peut pas être prouvé matériellement. Cela permet le développement de l’athéisme.

Jung dénonçait la disparition du lien entre le monde matériel et la spiritualité, par le rationalisme. Il y voit le plus grand danger pour l’évolution de l’humanité.

Le déracinement et la coupure d’avec la tradition rendent les masses névrosées et les préparent à l’hystérie collective. Cette dernière réclame toutefois une thérapie collective qui est faite de privation de liberté et de terrorisme. C’est pourquoi, là où règne le matérialisme rationaliste, les Etats évoluent moins vers la geôle que vers l’asile d’aliénés.” (C. G. Jung, Aïon, Albin Michel, p. 242).

Au stade où nous en sommes, la victoire du diable est totale. C’est le facteur déterminant qui permet de penser que nous sommes dans la phase finale de la fin des temps. C’est à ce moment-là que doivent venir les trois antéchrists et trois bêtes.

Si dans le premier poisson christique, l’eau était représenté par celle du baptême, l’eau du deuxième poisson antéchristique est celle de la masse. Une masse hystérique et manipulée par des maîtres de la propagande.

Pour Saint-Jean, dans l’Apocalypse, l’une des trois bêtes est la bête de la mer qui doit venir à la fin des temps :

Puis je vis monter de la mer une bête qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses cornes dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. La bête que je vis ressemblait à un léopard ; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de lion.

Le dragon lui donna sa puissance, son trône et une grande autorité.” (Apocalypse, XIII : 1-2).

Dans l’esprit de Saint-Jean, les eaux et la mer représentent les peuples, les foules et les nations, par opposition aux eaux du premier poisson qui sert au baptême.

Et il me dit : ” Les eaux que tu as vues, au lieu où la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues.” (Apocalypse, XVII : 7-18).

Elle est appelée la bête de la mer, car elle concerne le peuple, la foule, les nations et les langues. C’est une bête collective. Dans le livre de Job, parmi les deux monstres que Dieu lui montra, le Léviathan est le monstre de la mer.

Cette bête de la mer, c’est le Léviathan dont parle le livre de Job.

Tireras-tu Léviathan avec un hameçon, et lui serreras-tu la langue avec une corde ? Lui passeras-tu un jonc dans les narines, et lui perceras-tu la mâchoire avec un anneau ? T’adressera-t-il d’ardentes prières, te dira-t-il de douces paroles ? Fera-t-il une alliance avec toi, le prendras-tu toujours à ton service ? Joueras-tu avec lui comme avec un passereau, l’attacheras-tu pour amuser tes filles ? Les pêcheurs associés en font-ils le commerce, le partagent-ils entre les marchands ? Cribleras-tu sa peau de dards, perceras-tu sa tête du harpon ? Essaie de mettre la main sur lui : souviens-toi du combat, et tu n’y reviendras plus.” (Job, XL : 25-32).

Voici que le chasseur est trompé dans son attente ; la vue du monstre suffit à le terrasser. Nul n’est assez hardi pour provoquer Léviathan : qui donc oserait me résister en face ? Qui m’a obligé, pour que j’aie à lui rendre ? Tout ce qui est sous le ciel est à moi. Je ne veux pas taire ses membres, sa force, l’harmonie de sa structure. Qui jamais a soulevé le bord de sa cuirasse ? Qui a franchi la double ligne de son râtelier ? Qui a ouvert les portes de sa gueule ? Autour de ses dents habite la terreur. Superbes sont les lignes de ses écailles, comme des sceaux étroitement serrés. Chacune touche sa voisine ; un souffle ne passerait pas entre elles. Elles adhèrent l’une à l’autre, elles sont jointes et ne sauraient se séparer. Ses éternuements font jaillir la lumière, ses yeux sont comme les paupières de l’aurore. Des flammes jaillissent de sa gueule, il s’en échappe des étincelles de feu. Une fumée sort de ses narines, comme d’une chaudière ardente et bouillante. Son souffle allume les charbons, de sa bouche s’élance la flamme. Dans son cou réside la force, devant lui bondit l’épouvante. Les muscles de sa chair tiennent ensemble ; fondus sur lui, inébranlables. Son coeur est dur comme la pierre, dur comme la meule inférieure. Quand il se lève, les plus braves ont peur, l’épouvante les fait défaillir. Qu’on l’attaque avec l’épée, l’épée ne résiste pas, ni la lance, ni le javelot, ni la flèche. Il tient le fer pour de la paille, l’airain comme un bois vermoulu. La fille de l’arc ne le fait pas fuir, les pierres de la fronde sont pour lui un fétu ; la massue, un brin de chaume ; il se rit du fracas des piques. Sous son ventre sont des tessons aigus : on dirait une herse qu’il étend sur le limon. Il fait bouillonner l’abîme comme une chaudière, il fait de la mer un vase de parfums. Il laisse après lui un sillage de lumière, on dirait que l’abîme a des cheveux blancs. Il n’a pas son égal sur la terre, il a été créé pour ne rien craindre. Il regarde en face tout ce qui est élevé, il est le roi des plus fiers animaux.” (Job, XLI : 1-26)

La bête de la mer, le Léviathan est la bête de la mer. Elle est assise sur un trône. On le comprend bien, cette bête correspond à la forme politique du pouvoir né dans la pensée politique de Thomas Hobbes. Je parle uniquement de l’Etat moderne qui considère que la nature de l’homme est mauvaise et qui donne le pouvoir à un démon (le léviathan). C’est souvent un régime politique qui distingue entre une élite éclairée, dotée de haute capacité intellectuelle et une masse informe de gueux mauvais, laid et inutile.

Nous pouvons donc dire, sans beaucoup nous tromper que le deuxième poisson, c’est le Léviathan ou la bête de la mer. Deux expressions synonymes. C’est de cela dont parle mon dernier livre sur “la bête de l’événement“.

Comme l’astrologie a été discrédité et son savoir ancestral tournée en ridicule, le chrétien ne peut pas comprendre ce qui se passe, ce qui se joue en ce moment. Il lui manque l’arrière-plan comme clef de lecture du monde. Les hommes du Moyen-âge, eux, avaient accès à la connaissance astrologique et à la lutte entre les deux poissons. Il savait que le diable lutterait à mort contre Dieu. Il fallait l’empêcher de prendre le dessus. Une foi le lien ombilical coupé entre la science des astres et le christianisme, la prise du pouvoir par le diable fut rendu plus facile. Nous en arrivons à la situation actuelle.

Le Christ lui-même a dit ce que j’ai tenté bien modestement de vous expliquer. C’est son fameux discours sur la fin des temps :

Comme Jésus s’en allait, au sortir du temple, ses disciples s’approchèrent de lui pour lui en faire remarquer les constructions. Mais, prenant la parole, il leur dit : ” Voyez vous tous ces bâtiments ? Je vous le dis en vérité, il n’y sera pas laissé pierre sur pierre qui ne soit renversée.”

Lorsqu’il se fut assis sur la montagne des Oliviers, ses disciples s’approchèrent, et, seuls avec lui, lui dirent : “dites-nous quand ces choses arriveront, et quel sera le signe de votre avènement et de la fin du monde ?

Jésus leur répondit : “Prenez garde que nul ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom, disant : C’est moi qui suis le Christ, et ils en séduiront un grand nombre. Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerre ; n’en soyez pas troublés, car il faut que ces choses arrivent ; mais ce ne sera pas encore la fin. On verra s’élever nation contre nation, royaume contre royaume, et il y aura des pestes, des famines et des tremblements de terre en divers lieux. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. Alors on vous livrera aux tortures et on vous fera mourir, et vous serez en haine à toutes les nations, à cause de mon nom. Alors aussi beaucoup failliront ; ils se trahiront et se haïront les uns les autres. Et il s’élèvera plusieurs faux prophètes qui en séduiront un grand nombre. Et à cause des progrès croissants de l’iniquité, la charité d’un grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Cet évangile du royaume sera prêché dans le monde entier, pour être un témoignage à toutes les nations ; alors viendra la fin.

“Quand donc vous verrez l’abomination de la désolation, annoncée par le prophète Daniel, établie en lieu saint, — que celui qui lit, entende ! — alors que ceux qui sont dans la Judée s’enfuient dans les montagnes ; et que celui qui est sur le toit ne descende pas pour prendre ce qu’il a dans sa maison ; et que celui qui est dans les champs ne revienne pas pour prendre son vêtement. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Priez pour que votre fuite n’arrive pas en hiver, ni un jour de sabbat ; car il y aura alors une si grande détresse, qu’il n’y en a point eu de semblable depuis le commencement du monde jusqu’ici, et qu’il n’y en aura jamais. Et si ces jours n’étaient abrégés, nul n’échapperait ; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés.

Alors, si quelqu’un vous dit : Le Christ est ici, ou : Il est là, ne le croyez point. Car il s’élèvera de faux Christs et de faux prophètes, et ils feront de grands prodiges et des choses extraordinaires, jusqu’à séduire, s’il se pouvait, les élus mêmes. Voilà que je vous l’ai prédit. Si donc on vous dit : Le voici dans le désert, ne sortez point ; le voici dans le lieu le plus retiré de la maison, ne le croyez point. Car, comme l’éclair part de l’orient et brille jusqu’à l’occident, ainsi en sera-t-il de l’avènement du Fils de l’homme. Partout où sera le cadavre, là s’assembleront les aigles.

“Aussitôt après ces jours d’affliction, le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, et les puissances des cieux seront ébranlées. Alors apparaîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme, et toutes les tribus de la terre se frapperont la poitrine, et elles verront le Fils de l’homme venant sur les nuées du ciel avec une grande puissance et une grande majesté. Et il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité du ciel jusqu’à l’autre.

“Écoutez une comparaison prise du figuier. Dès que ses rameaux deviennent tendres, et qu’il pousse ses feuilles, vous savez que l’été est proche. Ainsi, lorsque vous verrez toutes ces choses, sachez que le Fils de l’homme est proche, qu’il est à la porte. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point que toutes ces choses n’arrivent. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point.

“Quant au jour et à l’heure, nul ne les connaît, pas même les anges du ciel, mais le Père seul.

“Tels furent les jours de Noé, tel sera l’avènement du Fils de l’homme. Car dans les jours qui précédèrent le déluge, les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient et mariaient leur filles, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; et ils ne surent rien, jusqu’à ce que le déluge survînt, qui les emporta tous : ainsi en sera-t-il à l’avènement du Fils de l’homme. Alors, de deux hommes qui seront dans un champ, l’un sera pris, l’autre laissé ; de deux femmes qui seront à moudre à la meule, l’une sera prise, l’autre laissée.
42 Veillez donc, puisque vous ne savez à quel moment votre Seigneur doit venir. Sachez-le bien, si le père de famille savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi ; car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas.
” (Mathieu, XXIV : 1-44)

Le Christ avait vaincu le diable au début de l’ère, il revient à la fin de celle-ci pour l’affronter de nouveau. Jésus nous dit très clairement que lors de son retour, le diable dominera dans le monde, ses valeurs seront au pouvoir. Il revient pour le battre et faire triompher l’Eglise. C’est la Parousie qui fait partie du Credo que doit connaître tous catholique :

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre.
Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ;
qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,
a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,
est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ;
le troisième jour est ressuscité des morts,
est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,
d’où il viendra juger les vivants et les morts.
Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints,
à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.

Jésus revient pour juger les vivants et les morts. Je n’en parlerais pas dans cet article, mais dans le suivant sur l’ère de Verseau. C’est la résurrection des morts et le jugement dernier qui marquera l’entrée dans le Verseau.

A titre de synthèse, voici un tableau des différentes périodes du Poisson.

B : La Sainte-Vierge.

La Sainte-Vierge est l’expression du signe astrologique de la Vierge en opposition à celui du Poisson. Les deux signes s’opposent, mais pour se compléter, c’est le sens astrologique qu’il faut lui donner.

1 : La Vierge et l’épi.

Dans l’astrologie sumérienne, le signe de la Vierge est associé à l’épi de blé. Dans la liste qui décrit le parcours de la Lune, le signe de la Vierge est appelé “Mul.ab.sin.” que l’on traduit par “lépi “, “le sillon”. Elle est associée à la déesse Shala, chargé de l’agriculture, de l’émotion et de la compassion.

Nous retrouvons cette image dans certaines représentations chrétienne des zodiaques dans les églises et les cathédrales.

Le zodiaque astrologique d’Amiens montre le signe de la Vierge tenant des épis de blé dans la main.

Signe de la Vierge, zodiaque de la cathédrale d’Amiens.

Dans le zodiaque de la cathédrale de Chartres, l’un des plus beaux, on retrouve la Vierge tenant dans les deux fleurs de lys rouges.

Signe de la Vierge, zodiaque de la cathédrale de Chartres.

Ce médaillon est associé avec une autre représentation du battage du blé lors des moissons où l’on observe des mottes de blé typique du signe de la Vierge à Sumer.

Le mois d’août, zodiaque de la cathédrale de Chartres.

2 : La montée en puissance de la Vierge sous le Christianisme.

Dans le Credo, il est fait référence à la Saint-Vierge :

Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ;
qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,

Les rois mages se prosternent devant l’enfant Jésus et devant sa mère Marie. Ils s’inclinent devant le Poisson et la Vierge

A la vue de l’étoile, ils se réjouirent d’une grande joie. Ils entrèrent dans la maison, trouvèrent l’Enfant avec Marie, sa mère, et, se prosternant, ils l’adorèrent ; puis, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.” (Mathieu, II : 10-11)

Le début de l’évangile de Saint-Luc évoque le rôle de la sainte-Vierge dans la nouvelle religion :

Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée appelée Nazareth, auprès d’une vierge qui était fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph, et le nom de la vierge était Marie. L’ange étant entré où elle était, lui dit : “Je vous salue, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre les femmes.” Marie l’ayant aperçu, fut troublée de ses paroles, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit : “Ne craignez point, Marie, car vous avez trouvé grâce devant Dieu. Voici que vous concevrez en votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, on l’appellera le Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il règnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin.”
Marie dit à l’ange : “Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d’homme ?”

L’ange lui répondit : “L’Esprit-Saint viendra sur vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi l’être saint qui naîtra (de vous) sera appelé Fils de Dieu.” (Luc, II : 26-35)

Le culte marial va prendre un tournant particulier dans le monde catholique et orthodoxe, alors qu’il est dénoncé comme idolâtrie par les protestants.

Il va être reconnu officiellement par l’église lors de deux décisions au Ve et VIe siècle.

Au concile d’Ephèse (à ville où elle est morte), en 431, la Sainte-Vierge est déclarée “théotokos” (“Mère de Dieu“).

Au deuxième concile de Constantinople, en 553, sa virginité perpétuelle est officialisée.

En 1854, sera reconnu comme dogme de l’église l’immaculée conception et en 1950, celui de l’Assomption. Ces deux derniers éléments, reconnus très tardivement étaient en réalité très anciens. Les orthodoxes parlent eux de Dormition pour l’Assomption. En Russie, en Ukraine, j’ai visité beaucoup d’églises nommées Notre Dame de la Dormition, dont l’une à l’intérieur du Kremlin de Moscou.

3 : Le rôle des apparitions mariales.

Lors du règne du deuxième poisson, celui de l’Antéchrist, la Sainte-Vierge apparaîtra pour aider le peuple à lutter contre le diable. Nous avions remarqué lors de l’ère du Bélier, que c’est la Balance (les tables de la loi) qui lutte, combat, et même sacrifie le signe astrologique précédent, le Taureau. C’est donc en toute logique, que ce soit la Vierge qui lutte contre l’autre Poisson.

Il y a des apparitions mariales sous le premier poisson, dont voici la liste :

  • En l’an 40 après Jésus-Christ : Notre-Dame-du-Pilier. La Vierge apparaît à Saint-Jacques le Majeur à Saragosse en Espagne. Construction d’une basilique de Notre-Dame-du-Pilier qui accueil une statue de Notre-Dame.
  • IVe siècle : Notre-Dame-des-Neiges. La neige tombe la nuit du 5 août sur la colline de l’Esquilin à Rome. Une basilique sera construite sur le lieu, elle porte le nom de basilique Sainte-Marie-Majeure.
  • 1061 : Notre-Dame de Walsingham. La Vierge apparaît à Richeldis de Faverches à une dame saxonne lui demandant de construire une église dédiée à l’Annonciation. Elle portera le nom de Notre-Dame de Wasingham.
  • 1208 : Notre Dame du Rosaire. La Sainte-Vierge apparaît à Saint-Dominique dans l’église de Prouille en France. Elle aurait présenté le chapelet comme étant une arme contre l’hérésie.
  • Milieu du XIIIe siècle : Notre-Dame du Mont-Carmel. La Sainte-Vierge apparaît à Simon Stock au Mont-Carmel. Elle tient à la main le scapulaire brun en disant “Ceci est pour vous et le vôtre un privilège ; celui qui y meurt sera sauvé“. Un scapulaire est un vêtement qui ressemble à un tablier.

Toutes ses apparitions sont soit silencieuse ou n’évoque pas la lutte contre le mal. Cela est logique, car le premier poisson domine cette époque. Il n’est pas nécessaire lutter contre le deuxième poisson.

Les apparitions mariales du deuxième poisson sont :

  • 1492 : Cos au Portugal.
  • 1531 : La Vierge de Guadalupe.
  • 1594 : Notre-Dame-du-Bon-Succès à Quito.
  • 1657 : Notre-Dame de l’Osier.
  • 1652 : apparitions de Querrien.
  • 1664 : apparitions mariales du Laus en France de 1664 à 1718.
  • 1775 : Notre-Dame-de-Siluva.
  • 1830 : apparitions de la rue du Bac à Paris.
  • 1842 : apparitions au Juif Alphonse Ratisbonne.
  • 1846 : apparitions mariales de la Salette en France.
  • 1858 : apparitions mariales de Lourdes en France.
  • 1859 : apparitions mariales de Green Bay au USA.
  • 1871 : apparitions mariales de Pontmain en Fran e.
  • 1876 : Notre-Dame de Pellevoisin.
  • 1877 : apparitions mariales de Gietrzwald en Pologne.
  • 1917 : apparitions mariales de Fatima au Portugal.
  • 1930 : Notre-Dame des Larmes à Campinas au Brésil.
  • 1932 : apparitions mariales de Beauraing en Belgique, de 1932 à 1933.
  • 1933 : apparitions mariales de Banneux en Belgique.
  • 1945 : apparitions de Notre-Dame des Douleurs à Codosera en Espagne.
  • 1945 : apparitions du Bronx à New-York.
  • 1947 : apparitions de la Vierge de la Révélation à Rome.
  • 1947 : apparitions de l’Ile-Bouchard en France.
  • 1953 : la Vierge des Larmes à Syracuse.
  • 1973 : apparitions mariales d’Akita au Japon, de 1973 à 1981.
  • 1976 : apparitions mariales de Betania au Vénézuela.
  • 1980 : apparitions de Notre-Dame de Cuapa au Nicaragua.
  • 1981 : apparitions mariales de Kibeho au Rwanda, de 1981 à 1989.
  • 1983 : apparitions mariales de San Nicolas en Argentine, de 1983 à 1991.

Chacune des apparitions du deuxième poisson porte le message explicite ou implicite de la lutte contre l’Antéchrist. Elle elle là pour aider la victoire finale du Christ. C’est le cas des deux plus célèbres apparitions, celle de la Salette ou de Fatima.

II : Le sacrifice du Bélier (114-233 après Jésus-Christ).

Nous avons une triple conjonction Jupiter-Saturne eut lieu entre 114 et 233 après Jésus-Christ.

Les trois dates sont :

  • Le 28 janvier 114 après Jésus-Christ.
  • Le 7 mai 173 après Jésus-Christ.
  • Le 20 mars 233 après Jésus-Christ.
Carte du ciel, 28 janvier 114 ap. J-C, Jérusalem (ISRAEL).
Carte du ciel, 7 mai 173 ap. J-C, Jérusalem (ISRAEL).
Carte du ciel, 20 mars 233 ap. J-C, Jérusalem (ISRAEL).

Le sacrifice du Bélier prendra la forme de l’expulsion des Juifs de la terre sainte (A) et de l’image de l’agneau immolé dans la bible (B).

A : L’expulsion des Juifs de Terre Sainte.

L’expulsion des Juifs de terre sainte va se faire à travers trois guerres dites judéo-romaine (1) qui sera perçue tant du côté juif que du côté chrétien, comme une punition divine (2).

1 : Les trois guerres judéo-romain.

Nous avons trois guerres d’indépendance juives, la première guerre concerne la guerre de Titus (a), al deuxième guerre, c’est celle de Kitos (b) et la troisième est la guerre bar-Kochba (c).

a. La première guerre judéo-romaine (66-73).

La première guerre judéo-romaine eut lieu entre 66 et 73 après Jésus-Christ. Elle est décrite par l’historien juif Flavius-Joseph dans sa “guerre des Juifs“. “La guerre des Juifs” constitue la chronique passionnante de la chute du Bélier et la prise de pouvoir par le Poisson après la mort de Jésus.

Nous avions vu que le Christ avait annoncé la destruction du temple de Jérusalem.

Comme Jésus s’en allait, au sortir du temple, ses disciples s’approchèrent de lui pour lui en faire remarquer les constructions. Mais, prenant la parole, il leur dit : ” Voyez vous tous ces bâtiments ? Je vous le dis en vérité, il n’y sera pas laissé pierre sur pierre qui ne soit renversée.”” (Mathieu, XXIV : 1-44)

La destruction du temple aura lieu quarante ans plus tard, lors de la prise de Jérusalem par les armées de Titus. Nous découvrons, à la lecture de Flavius Josephe, avec surprise, que les centurions romains, pas encore Chrétiens, utilisèrent des Bélier pour attaquer Jérusalem aux mains des révoltés hébreux.

La longueur de ce siège, les sorties continuelles des défenseurs faisaient de l’assiégeant lui-même une sorte d’assiégé. Aussi, dès que les terrassements approchèrent des murailles, Vespasien décida d’amener le bélier. On appelle ainsi une poutre d’une longueur énorme, semblable à un mât de navire, garnie à son extrémité d’une grosse masse de fer, qui est façonnée en tête de bélier et d’où la machine a tiré son nom. Cette poutre est suspendue en son milieu par de gros câbles, comme le fléau d’une balance, à une autre poutre que soutiennent à ses deux bouts de forts poteaux plantés en terre. Une troupe nombreuse d’hommes ramène d’abord le bélier en arrière, puis agissant tous ensemble de tout leur poids, ils le lancent en avant de manière que le fer qui forme saillie vienne heurter les murailles. Il n’y a pas de tour si forte, pas de rempart si large qui, si même ils peuvent supporter le premier choc, ne finissent par céder aux assauts répétés de cet engin. Tel est le moyen auquel recourut alors le général romain, impatient de prendre de force la ville, en raison des dommages que lui causaient la prolongation du siège et l’activité des Juifs. Les Romains firent donc rapprocher les catapultes et les autres machines de trait pour chasser des remparts ceux qui tenteraient de s’y défendre. En même temps s’étaient avancés les archers et les frondeurs. Tandis que ces décharges ne permettent à personne de monter sur le mur, d’autres soldats amènent le bélier, protégés par une armure continue de boucliers d’osier, au-dessus desquels est tendue une toiture de cuir, pour la plus grande sûreté de la machine et de ceux qui la manœuvrent. Dés le premier choc, la muraille fut ébranlée, et une grande clameur s’éleva de l’intérieur de la place comme si déjà elle était prise.” (Flavius Josephe, Guerre des Juifs, Livre III, VII, 19).

La machine de guerre appelée “Bélier”, sert a défoncer les portes et les murs des forteresses. Elle porte ce nom, car elle se compose du poutre en bois au bout duquel se trouve une tête de Bélier en métal. Ici, le Bélier métallique joue le même rôle que le veau d’or dans l’ère précédente. Il permet le sacrifice du Bélier et la destruction de l’ancienne religion.

La destruction du Judaïsme n’est d’ailleurs pas que symbolique, car le siège de Jérusalem se terminera par la destruction du Temple.

Titus retourna à la tour Antonia ; il avait résolu de donner l’assaut avec toutes ses troupes le lendemain vers l’aurore et de cerner le Temple que Dieu, depuis longtemps, avait condamné au feu. La succession des temps amenait le jour fatal, qui fut le dixième du mois de Loos. A cette même date le Temple avait autrefois été brûlé par le roi de Babylone. Mais l’origine et la cause de l’incendie doivent être attribuées aux Juifs eux-mêmes. Car, dès que Titus se fut retiré, les factieux, après quelques instants de repos, tirent une nouvelle attaque contre les Romains ; les postes qui gardaient le Temple engagèrent le combat avec ceux qui cherchaient à éteindre le feu du sanctuaire intérieur et qui, repoussant les Juifs, les poursuivaient jusqu’au Temple. C’est alors qu’un des soldats, sans attendre d’ordre, sans scrupule devant une telle entreprise, mais poussé par une sorte d’impulsion surhumaine, saisit un tison enflammé, et, soutenu par un de ses camarades, lança le feu à travers une fenêtre dorée, située du côté du nord et donnant accès aux habitations construites autour du Temple. Quand la flamme jaillit, les Juifs poussèrent un cri qui répondait à leur douleur : ils coururent en foule pour l’éteindre, sans souci de leur vie, sans ménager leurs forces, en voyant se consumer le monument qui avait été jusque-là l’objet de toute leur vigilance.” (Flavius Josephe, Guerre des Juifs, Livre VI, IV, 5).

Cet destrucion se fera par le feu, dont le Bélier fait partie. En effet le signe astrologique du Bélier est un signe de feu.

On déplorera profondément la perte de cet édifice, le plus admirable de tous ceux qu’on ait vus ou entendu vanter, tant pour sa construction, sa grandeur, la perfection de ses détails, que pour la célébrité de son sanctuaire ; mais on tirera une très haute consolation en songeant au Destin, dont la puissance s’étend également sur les oeuvres d’art, les lieux consacrés et les êtres vivants. On admirera, dans cette fatalité, le rapport exact des temps révolus ; elle a observé, comme je l’ai dit, le même mois et le même jour où le Temple avait été, auparavant, incendié par les Babyloniens. Depuis sa première construction, que le roi Salomon avait commencée, jusqu’à la date récente de sa destruction, qui arriva la deuxième année du principat de Vespasien, s’étend une durée de mille cent trente ans, sept mois et quinze jours ; depuis sa reconstruction, entreprise par Aggée, la seconde année du règne de Cyrus, jusqu’à sa ruine par Vespasien, il s’écoula six cent trente neuf ans et quarante-cinq jours.” (Flavius Josephe, Guerre des Juifs, Livre VI, IV, 8).

Les trésors du Temple seront pillés et donneront naissance à une fresque célèbre.

Tandis que le Temple brûlait, les soldats ravirent tout le butin qu’ils trouvèrent et massacrèrent en foule ceux qui furent surpris, sans pitié pour l’âge, sans respect pour ce qui en était digne : enfants et vieillards, laïques et prêtres, étaient également mis à mort ; la guerre enveloppait tout le monde, les suppliants avec les combattants. Le crépitement des flammes déchaînées se mêlait aux gémissements de ceux qui tombaient ; la hauteur de la colline et la grandeur de l’ouvrage incendié donnaient l’impression que la ville entière brûlait. A cela s’ajoutait un bruit terrible qu’on ne peut imaginer, fait de la clameur victorieuse des légions romaines s’élançant en masse, des hurlements des factieux pris dans un cercle de fer et de feu, de la fuite éperdue du peuple, surpris sur la hauteur, tombant avec stupeur sur les ennemis et poussant des lamentations dans sa détresse. Aux cris des Juifs de la colline se mêlaient ceux de la multitude répandue dans la ville. Beaucoup, déjà épuisés par la faim, devenus silencieux en voyant le Temple en flammes, retrouvèrent des forces pour gémir et pour crier. L’écho de la Pérée et des montagnes des alentours redoublait l’intensité du bruit. Mais les souffrances étaient plus affreuses encore que le tumulte ; il semblait que la colline du Temple, parmi ces flammes qui l’enveloppaient de toutes parts, bouillonnât jusque dans ses fondements, que le sang se répandît plus abondamment que le feu, que le nombre des morts dépassât celui des meurtriers. Nulle part, la terre n’apparaissait sous les cadavres ; les soldats marchaient sur des monceaux de corps pour courir sus aux fuyards. La foule des brigands, repoussant les Romains, se fraya à grand’peine un passage jusqu’à la cour extérieure du Temple et de là dans la ville ; ce qui restait de la population se réfugia dans le portique extérieur. Parmi les prêtres, quelques-uns commencèrent par arracher du Temple les piques avec leurs douilles de plomb et les lancèrent contre les Romains ; mais ensuite, comme ils n’obtenaient aucun résultat et que le feu les menaçait, ils se réfugièrent sur le mur, large de huit coudées, et y restèrent. Deux d’entre eux, fort distingués, qui pouvaient se sauver en passant aux Romains, ou attendre avec patience l’instant de partager le sort de leurs compagnons, se jetèrent dans le feu et furent consumés avec le Temple[29] : ils se nommaient Meiros, fils de Belgas, et Joseph, fils de Dalée.” (Flavius Josephe, Guerre des Juifs, Livre VI, V, 1).

Finalement, la ville de Jérusalem fut rasé.

Quand l’armée n’eut plus rien à tuer ni à piller, faute d’objets où assouvir sa fureur – car si elle avait eu de quoi l’exercer, elle ne se serait abstenue par modération d’aucune violence – César lui donna aussitôt l’ordre de détruire toute la ville et le Temple, en conservant cependant les tours les plus élevées, celles de Phasaël, d’Hippicos, de Mariamme, et aussi toute la partie du rempart qui entourait la ville du cité de l’ouest. Ce rempart devait servir de campement à la garnison laissée à Jérusalem ; les tours devaient témoigner de l’importance et de la force de la ville dont la valeur romaine avait triomphé. Tout le reste de l’enceinte fut si bien rasé par la sape que les voyageurs, en arrivant là, pouvaient douter que ce lieu eût jamais été habité. Telle fut la fin de Jérusalem, cité illustre, célèbre parmi tous les hommes, victime de la folie des factieux.” (Flavius Josephe, Guerre des Juifs, Livre VII, I, 1).

b. La deuxième guerre judéo-romaine (115-117).

La deuxième guerre eut lieu entre 115 et 117 après Jésus-Christ. Elle intervient un an après la grande conjonction de 114. Une triple conjonction Jupiter-Saturne-Pluton qui impressionne par sa grande puissance.

L’Empereur romain Trajan tente de conquérir les Parthes, mais provoque une immense révolte juive dans l’ensemble de la Méditeranné. C’est la plus importante des trois révoltes, en nombres et par le territoire concerné, mais elle n’aura pas le même impact symbolique que la première et la troisième. Toutefois, c’est le rassemblement des troupes romaines à Antioche en 113-114, pour préparer l’invasion du royaume Parthe qui va soulever la colère des hébreux.

c La troisième guerre judéo-romaine (132-135).

La troisième et dernière guerre, eurent lieu entre 132 et 135 après Jésus-Christ. C’est elle qui aura les plus graves conséquences contre le Judaïsme jusqu’à nos jours. Elle sera dirigée par Bar Koshba malgré l’opposition d’une partie des dirigeants religieux hébreux.

Il faut lire à ce sujet la très intéressante description de cette guerre par Heinrich Graetz dans son “histoire des Juifs“. Le livre est disponible sur wikisource en français.

C’est la décision de l’Empereur Hadrien de construire une nouvelle ville du nom d’AElia Capitolina à la place de Jérusalem, ainsi qu’un temple en l’honneur de Jupiter sur l’emplacement de l’ancien Temple qui va soulever la population juive du pays.

Le principal héros de l’insurrection fut Barcokeba. Cet agitateur inspira une terreur profonde à Rome, qui trembla devant lui comme elle avait tremblé jadis devant Brennus et Hannibal. On ne sait absolument rien de la famille et de la jeunesse de ce personnage, si vilipendé et si méconnu. Comme tous les héros de révolution, il surgit subitement comme la personnification la plus éclatante des aspirations et des haines du peuple, répandit la terreur autour de lui et se dressa de toute sa hauteur au milieu du mouvement insurrectionnel. Son véritable nom était Bar-Koziba. Ce nom lui venait d’une ville de Koziba, et n’était nullement un sobriquet déshonorant, signifiant le fils du mensonge. Ce fut Akiba qui l’appela Barcokeba. Plein d’enthousiasme pour ce vaillant et infatigable champion de l’indépendance nationale, il s’écria : « Voici le roi Messie », et il lui appliqua le verset : « Koziba s’est levé radieux comme un astre (kokab) dans la maison de Jacob. » La valeur immense de Barcokeba affermit ce docteur dans son espérance de voir l’orgueil de Rome brisé, Israël briller d’un nouvel éclat, et le Messie régner dans son éblouissante splendeur. Il cita, à ce sujet, le verset du prophète Haggée (ii, 21) : « Encore un peu de temps, et j’ébranlerai le ciel et la terre, je renverserai le trône des riches et je détruirai la puissance des païens. » Mais tous ne partageaient pas ses rêveries religieuses. Un docteur, Johanan ben Torta, lui dit : « Akiba, l’herbe aura poussé de tes mâchoires avant que ne vienne le Messie. » Toutefois, le respect et l’admiration d’Akiba pour Barcokeba suffirent pour faire briller le chef de l’insurrection d’une auréole divine et lui assurer une autorité indiscutable sur tous les Judéens.

Un auteur chrétien raconte que Barcokeba, pour tromper la foule, faisait semblant de cracher du feu en soufflant de sa bouche de l’étoupe enflammée. Mais les sources juives ne mentionnent rien des prétendus miracles que le roi Messie aurait opérés ; elles parlent seulement de son étonnante force corporelle, et elles rapportent qu’il pouvait rejeter avec les genoux les pierres que les balistes romaines lançaient sur l’armée judaïque. Nulle part il n’est accusé de s’être fait passer pour Messie par ambition personnelle, il ne poursuivait que le but glorieux de reconquérir la liberté de son peuple, rendre à sa race son ancienne splendeur, et expulser définitivement l’étranger de son pays. Un homme d’une audace aussi généreuse et doué des plus hautes qualités militaires, aurait mérité, malgré son insuccès, d’être jugé avec plus d’équité. La postérité s’est laissé égarer sur son compte par les relations ennemies et n’a trouvé pour lui que des paroles de blâme et de mépris.

Les Judéens de tous les pays accoururent en foule pour se grouper autour de Barcokeba et prendre part au soulèvement, les Samaritains eux-mêmes vinrent se joindre à leurs anciens adversaires. Il y eut même des païens qui se rangèrent sous le drapeau du roi Messie dans l’espoir d’abattre le despotisme de Rome. Une source judaïque évalue le nombre des insurgés à 400 000, et l’historien païen Dion Cassius à 580 000, et certes ces chiffres ne paraissent pas exagérés. Le colosse romain tout entier semblait être secoué par une commotion puissante et menacé d’une complète destruction. Barcokeba, confiant dans sa valeur et son immense armée, se crut invincible, et il proféra ces paroles orgueilleuses : « Seigneur, si tu ne veux pas nous secourir, abstiens-toi, du moins, de protéger nos ennemis, et nous serons sûrs de la victoire. »

À un déploiement de forces aussi considérable, Tinnius Rufus, qui était alors gouverneur de la Judée, ne put opposer que des troupes peu nombreuses. Les légions romaines durent reculer devant ce Messie intrépide, qui n’avait qu’à frapper le sol du pied pour en faire sortir des soldats. Rufus battit en retraite, abandonnant aux insurgés une forteresse après l’autre. Au bout d’une année (132-133), 50 places fortes et 985 villes ouvertes et villages étaient entre les mains des Judéens, qui eurent bientôt conquis sur les Romains la Judée tout entière, la Samarie et la Galilée.” (Heinrich Graetz, histoire des Juifs, IIIe partie, 1er époque, III).

Après deux ans de lutte, finalement, Bar Koshba se retirera avec ses troupes dans la forteresse de Bétar.

Le nouvel État réorganisé par Barcokeba avait déjà près de deux années d’existence (été 132-134). Adrien suivait avec anxiété les progrès de la révolution en Judée, et il craignait qu’elle n’eût des effets désastreux pour l’empire romain. Tous les renforts qu’il avait envoyés contre elle avaient été battus, ses meilleurs généraux avaient perdu leur gloire sur les champs de bataille de la Judée. Il dut rappeler de la Bretagne, qui s’était également révoltée contre Rome, le plus habile général de son époque pour l’envoyer contre les Judéens. Jules Sévère lui parut être le seul guerrier qui pût se mesurer avec Barcokeba. En arrivant sur le théâtre de la guerre, Sévère trouva les Judéens établis dans des positions si habilement choisies et si fortes qu’il n’osa pas leur livrer immédiatement bataille. Pendant toute cette guerre, les Judéens s’appuyèrent surtout contre le pays qui s’étendait le long de la Méditerranée et dont la ville de Betar occupait le centre. Le circuit de cette place forte devait être immense, si l’on songe à la population considérable qui y était enfermée pendant le dernier acte de ce drame terrible. On raconte que Betar avait déjà une certaine importance même avant la destruction du temple.

Le siège de Bétar dura un an et se termina par la défaite totale des Juifs. La description qu’en fait Heinrich Graetz dans son “Histoire des Juifs” est remarquable. Elle date du XIXe siècle et constitue un tournant majeur dans la pensée politique juive que l’on pourrait appeler également le judaïsme politique.

“Les Judéens enfermés dans Betar durent être excessivement nombreux, car la tradition multiplie les hyperboles à ce sujet afin de bien indiquer que la population de cette forteresse était particulièrement considérable. Elle rapporte, entre autres, qu’il y avait à Betar plusieurs centaines d’écoles qui contenaient des élèves en si grande quantité que ceux-ci se vantaient de pouvoir exterminer l’ennemi avec leurs tuyaux de plume.

Le siège de Betar dura près d’un an et fut l’acte final de cette guerre, qui s’était prolongée pendant trois ans et demi. On ne sait absolument rien sur les incidents de ce siège et les causes qui amenèrent la chute de la forteresse. Ce qui est certain, c’est que le manque de vivres et d’eau potable contribua à précipiter le dénouement. Un document judaïque rapporte que « le fleuve Iorédét-haçamon refusa traîtreusement ses eaux pendant la guerre, » ce qui veut dire que les chaleurs de l’été l’avaient mis à sec. Une relation samaritaine fort obscure raconte que l’envoi des vivres amenés dans Betar, pendant le siège, par une voie secrète fut subitement arrêté. Il paraît hors de doute que cette ville si vaillamment défendue tomba par suite d’une trahison des Samaritains. Voici ce qu’on se racontait à ce sujet parmi les Judéens. Éléazar, de Modin, revêtu d’un cilice et couvert de cendres, priait et jeûnait pour que la ville de Betar ne fut pas prise ; sa piété inspirait aux assiégés la confiance, cette âme de la guerre, et les encourageait à la résistance. Adrien (ou son général), découragé de cette lutte opiniâtre, se disposait à lever le siège, lorsqu’un Samaritain lui promit de lui faire prendre la ville en rendant suspect aux yeux des Judéens le pieux Éléazar, qui était comme le génie tutélaire de la cité. « Tant que cette poule piaillera dans les cendres, ajouta-t-il, Betar sera imprenable. » Là-dessus, ce Samaritain pénétra dans la ville par une allée souterraine, s’approcha d’Éléazar pendant qu’il était en prières et lui murmura mystérieusement quelques mots à l’oreille. Cette action parut suspecte aux assistants, qui arrêtèrent le Samaritain et le conduisirent devant Barcokeba. Interrogé sur ses intentions, il répondit par les pleurnicheries habituelles aux espions : « Si je t’avoue la vérité, dit-il, je serai tué par mon maître, et si je te la dissimule, je mourrai par toi ; mais j’aime mieux être tué que trahir mon maître. » Barcokeba soupçonna Éléazar d’avoir des intelligences avec l’ennemi ; il cita le docteur devant lui et l’invita à lui faire connaître le sujet de son entretien avec le Samaritain. Éléazar, qui avait à peine remarqué, dans son profond recueillement, la présence du Samaritain, répondit qu’il ne savait absolument rien. Barcokeba, croyant que cette prétendue ignorance n’était qu’une habile dissimulation, se mit dans une telle colère qu’il poussa violemment Éléazar du pied. Éléazar tomba mort. Une voix retentit alors et dit : « Tu as paralysé le bras d’Israël et aveuglé ses yeux, aussi ton bras sera sans force et ton œil sans lumière. » Peu de temps après, Betar succomba. Une autre légende raconte qu’Adrien ayant perdu tout espoir de s’emparer de Betar voulut s’éloigner de cette ville. Mais deux frères samaritains, Manassé et Éphraïm, retenus prisonniers chez les Judéens pour une escapade, lancèrent dans le camp romain une lettre enveloppée dans de l’argile par laquelle ils faisaient savoir à l’empereur qu’il suffisait de faire garder les issues de deux souterrains, par lesquels les assiégés recevaient des vivres du dehors pour prendre la ville par la famine. Adrien suivit ce conseil et il s’empara de Betar un jour de sabbat. Il semble ressortir de ces récits légendaires que, grâce aux indications d’un traître, les assiégeants purent s’introduire dans la forteresse par des voies souterraines. Les vainqueurs accomplirent dans Betar d’horribles massacres. On raconte que les chevaux avaient du sang jusqu’aux naseaux, et qu’un fleuve de sang s’étendit depuis la ville jusqu’à la mer, distante de 4 milles, et fut assez puissant pour charrier de grandes roches. Trois cents crânes d’enfant furent trouvés brisés contre un rocher, et de toute la jeunesse de Betar le seul fils du patriarche Gamaliel échappa à la mort. Le chiffre des victimes qui seraient tombées pendant la guerre de Barcokeba est tellement élevé qu’il est à peine possible de croire qu’il soit exact, et cependant il est unanimement confirmé par les historiens juifs et grecs. Dion Cassius raconte qu’outre ceux qui moururent de faim ou furent brûlés dans des incendies, plus d’un demi million de Judéens périrent. La tradition judaïque rapporte que l’ennemi entassa les cadavres par rangées et les abandonna sans leur donner la sépulture. Les Romains n’avouèrent pas leurs pertes, qui furent très importantes. Adrien se réjouit profondément de ce succès inespéré, mais en transmettant la nouvelle au Sénat, il n’osa pas ajouter la formule habituelle : Moi et l’armée nous nous portons bien. Le Sénat ne lui accorda pas les honneurs du triomphe pour la guerre judaïque, parce qu’il s’était tenu éloigné du champ de bataille ; ces honneurs furent décernés à Jules Sévère. Adrien se borna à faire frapper une médaille commémorative, qui fut distribuée aux soldats comme témoignage de reconnaissance pour les services qu’ils avaient rendus pendant cette campagne. Cette médaille portait comme légende : Exercitus judaicus « Honneur aux vainqueurs des Judéens. »

Suivant une tradition, Betar tomba le 9 du mois d’ab (135) ; c’est également le 9 ab que le temple avait été dévoré deux fois par les flammes. On ne sait rien de la fin de Barcokeba, ce vaillant héros de l’insurrection judaïque. Un document, qui n’est pas entièrement digne de foi, raconte qu’un soldat rapporta la tête de Barcokeba au général romain et se vanta de l’avoir tué. Mais, plus tard, on retrouva son corps enveloppé dans les plis tortueux d’un énorme serpent, ce qui fit dire aux vainqueurs : « Un être divin a tué Barcokeba, les hommes n’auraient jamais rien pu contre lui. » Le dernier héros des Judéens a, du moins, échappé à la honte d’être enchaîné au char de triomphe du vainqueur et d’être exposé, comme ses prédécesseurs Jean de Giscala et Simon Bar-Giora, à la curiosité et aux railleries de la foule.” (Heinrich Graetz, “Histoire des Juifs“, Première période, Chapitre III).

2 : L’interdiction de revenir en terre sainte avant la fin des temps.

Après la défaite de Bar Koshba, les Juifs auront l’interdiction de vivre en terre sainte sous peine de mort. Ils seront expulsés vers le reste de l’Empire romain et formeront des diasporas qui existent encore, pour certaines.

Nous retrouvons dans le Misdrach une triple promesse :

  1. Ne pas revenir en masse en Israël.
  2. .Ne pas se rebeller contre les Nations.
  3. Ne pas conquérir militairement ou par la force la terre d’Israël.

Nous retrouvons très facilement ses trois interdictions sur Internet dans Ketoubot 111a. Je m’empresse de préciser que je ne suis pas Juif et que donc je suis entraîné bien involontairement sur un terrain qui n’est pas le mien. Je n’ai nom plus rien contre le Judaïsme, car je n’oublie pas les racines du christianisme, ni qu’à la fin des temps, les Juifs se convertirons. Seule la vérité et la volonté de comprendre m’amènent à entrer sur ce terrain miné. Vous allez voir pourquoi je parle de terrain miné.

La Guémara parle de trois autres serments, tous aussi important que les trois premiers :

  1. Ne pas dévoiler le terme de la Délivrance.
  2. Ne pas éloigner le terme.
  3. Ne pas dévoiler le secret aux non-Juifs.

Les deux triples promesses s’inspirent du merveilleux Cantique des cantiques. Nous allons tenter de comprendre pourquoi il est interdit de “dévoiler le secret aux non-juifs“.

“Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs,n’éveillez pas, ne réveillez pas la bien-aimée, avant qu’elle le veuille.” (Cantique des cantiques, II : 7 ; III:5 ; VIII:4)

Le texte demande aux filles de Jérusalem ne pas réveiller la bien-aimée avant qu’elle ne le veuille.

La bien-aimée, c’est Jérusalem et la terre sainte. C’est Jérusalem, elle-même, qui décidera du moment et de l’heure. Ce n’est pas le rôle des hommes.

En résumé, les Juifs ne pourront revenir à Jérusalem que lorsque Dieu en aura décidé autrement. Le mouvement sioniste d’origine, comme d’ailleurs la plupart des sionistes d’aujourd’hui sont athées et donc ne croient pas en Dieu. Le Cantique des cantiques et la triple promesse qu’elle inspira leur passent largement au-dessus de la tête.

Ce qui est très intéressant, c’est qu’à chaque citation du passage, nous retrouvons quelques lignes plus loin, des précisions importantes.

Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui ; il fait paître son troupeau parmi les lis. Avant que vienne la fraîcheur du jour, et que les ombres fuient, reviens !… Sois semblable, mon bien-aimé, à la gazelle ou au faon des biches, sur les montagnes ravinées.” (Cantique des cantiques, II : 16-17)

Un troupeau doit paître au milieu des lis. La fleur de lys, c’est le symbole de la monarchie française.

Lors de la deuxième citation, voici ce que nous trouvons :

Quelle est celle-ci qui monte du désert, comme une colonne de fumée, exhalant la myrrhe et l’encens, tous les aromates des marchands ? —

Voici le palanquin de Salomon ; autour de lui, soixante braves, d’entre les vaillants d’Israël ;

tous sont armés de l’épée, exercés au combat ; chacun porte son épée sur sa hanche, pour écarter les alarmes de la nuit.

Le roi Salomon s’est fait une litière des bois du Liban.

Il en a fait les colonnes d’argent, le dossier d’or, le siège de pourpre ; au milieu est une broderie, œuvre d’amour des filles de Jérusalem.

Sortez, filles de Sion, et voyez le roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l’a couronné, le jour de ses épousailles, le jour de la joie de son cœur.” (Cantique des cantiques, III : 6-11)

Nous retrouvons le roi Salomon accompagné de soixante soldats qui réveille les filles de Jérusalem. Doit-on comprendre que c’est un roi en arme qu viendra réveiller la cité antique ? Un roi héritier des rois de l’Ancien testament, du royaume d’Israël ? Et donc des rois de France ?

Pour la troisième citation, il est fait référence à une femme qui monte du désert.

LE CHŒUR.

Quelle est celle-ci qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé ?

L’ÉPOUX.

Je t’ai réveillée sous le pommier, là, ta mère t’a conçue ; là, elle t’a conçue, là, elle t’a donné le jour.

Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; car l’amour est fort comme la mort, la jalousie est inflexible comme le schéol.
Ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de Yahvé.

Les grandes eaux ne sauraient éteindre l’amour, et les fleuves ne le submergeraient pas. Un homme donnerait-il pour l’amour toutes les richesses de sa maison, on ne ferait que le mépriser.

LE CHŒUR.

Nous avons une petite sœur, qui n’a pas encore de mamelles : que ferons-nous à notre sœur, le jour où on la recherchera ?

Si elle est un mur, nous lui ferons un couronnement d’argent ; si elle est une porte, nous la fermerons avec des ais de cèdre.” (Cantique des cantiques, 4-9).

Une femme dans le désert qui doit combattre de grandes eaux, on pense immédiatement à l’Apocalypse de Saint-Jean qui renvoie lui-même au Grand-Monarque et à la Sainte-Vierge. Voici le grand secret qui ne doit pas être divulgué aux non-juifs.

B : L’agneau imolé.

Le Christ est présenté comme “l’agnus dei“, l’agneau de Dieu. C’est l’expression que Jean le baptiste utilisa lorsqu’il vit pour la première fois Jésus.

Et voici le témoignage que rendit Jean, lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : “Qui êtes-vous ?” Il déclara, et ne le nia point ; il déclara : “Je ne suis point le Christ.” Et ils lui demandèrent : “Quoi donc ! Etes-vous Elie ?” Il dit : “Je ne le suis point — Etes-vous le prophète ?” Il répondit : “Non. — Qui êtes-vous donc, lui dirent-ils, afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dites-vous de vous-même ?” Il répondit : “Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme l’a dit le prophète Isaïe.” Or ceux qu’on lui avait envoyés étaient des Pharisiens. Et ils l’interrogèrent, et lui dirent : “Pourquoi donc baptisez-vous, si vous n’êtes ni le Christ, ni Elie, ni le Prophète ?” Jean leur répondit : “Moi je baptise dans l’eau ; mais au milieu de vous il y a quelqu’un que vous ne connaissez pas, c’est celui qui vient après moi ; je ne suis pas digne de délier la courroie de sa chaussure.” Cela se passait à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait.
Le lendemain, Jean vit Jésus qui venait vers lui, et il dit : “Voici l’agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde. C’est de lui que j’ai dit : un homme vient après moi, qui est passé devant moi, parce qu’il était avant moi. Et moi, je ne le connaissais pas, mais c’est afin qu’il fût manifesté à Israël, que je suis venu baptiser dans l’eau.”
” (Jean, I : 19-31).

Jésus est l’agneau du monde qui doit enlever ses péchés à l’ensemble de l’humanité. Etrange expression. “péché”, “pécheur”, pour parler de celui qui commet des fautes. L’étymologie viendrait du latin, “peccatum”, faute, erreur. Ce mot latin viendrait lui-même, du mot “piscis”, pêcher. On en revient encore à la symbolique de l’eau et du poisson.

Au moment de la rencontre avec Jean le baptiste, l’agneau est encore vivant. Jésus n’est pas encore mort sur la croix. C’est son sacrifice ultérieur qui lui donne le statut d’agneau immolé. Le Christ est à la fois le Poisson (symbole de la nouvelle religion) et le Bélier sacrifié (symbole de l’ancienne religion). On retrouve la même image dans l’Apocalypse.

Puis je vis dans la main droite de Celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, et scellé de sept sceaux. Et je vis un ange puissant qui criait d’une voix forte : “Qui est digne d’ouvrir le livre et d’en rompre les sceaux ?” Et personne ni dans le ciel, ni sur la terre, ne pouvait ouvrir le livre ni le regarder. Et moi je pleurais beaucoup de ce qu’il ne se trouvait personne qui fût digne d’ouvrir le livre, ni de le regarder. Alors un des vieillards me dit : “Ne pleure point ; voici que le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu, de manière à pouvoir ouvrir le livre et ses sept
sceaux.”

Et je vis, et voici qu’au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, un Agneau était debout : il semblait avoir été immolé ; il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept Esprits de Dieu envoyés par toute la terre. Il vint, et reçut le livre de la main droite de Celui qui était assis sur le trône.” (Apocalypse, V : 1-7).

Le jour de la Pâques chrétienne, jour anniversaire de la résurrection du Christ, on mange un agneau dit pascal. La tradition existe encore. C’est une forme de répétition du sacrifice de l’ancien culte, comme la corrida est celle du Taureau.

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