Nostradamus et l’invasion migratoire de l’Europe.
Dès la première version de mon livre « Nostradamus et la fin des temps« , en 2015, j’évoquais une invasion de l’Europe et de la France par des forces musulmanes, sans imaginer qu’elle se déroulait sous mes yeux. Je la pensais située entre 2020 et 2027, selon une vision traditionnelle des deux Premières Guerres mondiales : des soldats en uniforme franchissant une frontière et affrontant une armée pour l’empêcher d’avancer. Or, la Troisième Guerre mondiale n’est plus une guerre classique, mais une guerre de quatrième génération. Les envahisseurs prennent l’apparence de simples civils et mènent des combats sur le sol ennemi sans uniforme. En face, la police et la gendarmerie doivent lutter avec des règles inadaptées du droit pénal.
La deuxième version de mon livre, parue en 2020, décrivait encore cette invasion de façon classique. C’était juste quelques mois avant la crise du COVID et le fameux discours d’Emmanuel Macron affirmant « nous sommes en guerre » contre un ennemi invisible. On ne pouvait pas mieux résumer la situation.
En ce moment, je travaille sur la troisième version du livre, prévue pour 2026. Elle tiendra compte de cette réalité : l’invasion a déjà eu lieu, l’ennemi est présent. La prochaine bataille ne visera pas à l’empêcher d’entrer, mais à le repousser hors de nos terres.
I. Les belligérants.
« et durant cette supputation astrologique, conférée aux sacrées lettres, la persécution des gens ecclésiastiques prendra son origine par la puissance des rois aquillonaires, unis avec les Orientaux » (Nostradamus, épître Henri, 101)
Pour Nostradamus, les forces qui persécuteront les catholiques (« la persécution des gens ecclésiastiques ») seront composées de plusieurs rois d’origine russe (« la puissance des rois aquillonaires »), alliés à des Orientaux (« unis avec les Orientaux »).
Dans un autre passage, il est également question de l’aquilon et d’Orientaux :
« et seront tous ces rois orientaux chassés, persécutés, exterminés non du tout par le moyen des forces des rois d’aquilon et par la proximité de notre siècle par moyen des trois unis secrètement cherchant la mort insidieuse par embûches l’un de l’autre et durera le renouvellement de triumvirat sept ans, que la renommée de telle secte fera son étendue par l’univers. » (Nostradamus, épître Henri, 79)
Outre la référence aux rois orientaux (« ces rois orientaux ») et aux rois d’Aquilon (« des rois d’aquilon »), il est fait mention de « trois unis secrètement ».
Les « trois unis secrètement » sont les trois sectes issues du sabbatéisme, dont nous avons parlé au chapitre précédent.
La lecture croisée de ces deux passages permet de comprendre qui sont les belligérants durant la Troisième Guerre mondiale : les rois d’Aquilon (A), les Orientaux (B) et les chrétiens (C).
A. Les rois d’Aquilon.
Le prophète salonnais parle « des rois aquillonaires ».
L’aquilon est le vent du Nord. Il s’agit d’une métaphore pour désigner les puissances septentrionales, c’est-à-dire du Nord : ce sont les Russes.
Cela peut concerner les forces de l’OTAN, c’est-à-dire l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord. Le Nord correspond symboliquement à l’aquilon.
Cela peut également désigner la Russie au sens large du terme, c’est-à-dire l’URSS, elle-même héritière et continuatrice de l’Empire russe. Cela semble devoir concerner plus précisément les trois pays slaves : la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine.
Nous avons donc :
| 1. | OTAN. |
| 2. | Russie. |
| 3. | Biélorussie. |
| 4. | Ukraine. |
B. Les Orientaux.
À la lecture des deux passages de l’Épître à Henri, il faut distinguer les rois orientaux (1) et les Orientaux (2).
1 : Les rois orientaux.
L’Épître à Henri parle de rois orientaux :
« Ces rois orientaux chassés, persécutés, exterminés, non du tout » (Nostradamus, Épître à Henri, § 79).
Il est donc question de rois orientaux qui seront chassés, persécutés et exterminés. L’expression « rois orientaux » est classique dans l’imaginaire chrétien et médiéval pour désigner les puissances de l’Asie et du Proche-Orient. Ce fut le cas de la Turquie ottomane, de la Perse, c’est-à-dire l’Iran, ou, plus généralement, du monde musulman.
Dans le contexte de la Troisième Guerre mondiale, il pourrait donc s’agir de :
| 1. | La Turquie. |
| 2. | La Syrie. |
| 3. | L’Iran |
| 4. | Israël. |
2 : Les Orientaux.
L’Épître à Henri évoque les Orientaux :
« La persécution des gens ecclésiastiques prendra son origine par la puissance des rois aquillonaires, unis avec les Orientaux » (Nostradamus, Épître à Henri, § 101).
Il n’est plus ici question de « rois orientaux », mais simplement d’Orientaux. Ces Orientaux ne sont pas des rois : ce sont des populations. Les rois sont des chefs d’État, tandis que les Orientaux correspondent aux peuples de manière générale.
Il s’agit de populations venant de deux régions du monde : l’Asie et l’Afrique, comme l’indique le quatrain IV-68.
IV-68
En l’an bien proche non esloigné de Vénus,
Les deux plus grands de l’Asie & d’Aphrique ;
Du Rhin & Hister qu’on dira sont venus,
Cris, pleurs à Malte & costé Ligustique.
« Les deux plus grands de l’Asie & d’Aphrique » indique le lieu d’origine des Orientaux.
L’Asie correspond au Proche-Orient et à l’Asie Mineure (Anatolie).
L’Afrique désigne le continent africain, avec deux grandes populations : l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne.
Il faut également rappeler que, du temps de Nostradamus, l’Afrique désignait l’ancienne province romaine correspondant à l’actuelle Libye. Cela renvoie au célèbre quatrain II-93, qui fascina longtemps Anatole Le Pelletier.
II-93
Bien près du Tymbre presse la Libytine :
Ung peu devant grande inundation ;
Le chef du nef prins, mis à la sentine :
Chasteau, palais en conflagration.
« Presse la Libytine » fut interprété par Anatole Le Pelletier comme une révolution en Italie, qu’il reliait à une obscure divinité de la mort. Mais Le Pelletier ne pouvait savoir que la mort de Kadhafi, le 20 octobre 2011, provoquerait une vague migratoire sans précédent.
Aujourd’hui, en 2026, nous pouvons dire sans grand risque que « la Libytine » désigne la chute du régime de Kadhafi.
« Quelle grande oppression qui part lors sera faite sur les princes et Gouverneurs des Royaumes, même de ceux qui seront maritimes et orientaux, et leurs langues entremêlées à grande société : la langue des Latins et des Arabes par la communication punique, » (Nostradamus, Épître à Henri, § 69).
En raison du mélange des langues latines (« la langue des Latins ») avec les langues arabes (« des Arabes »), soutenu par l’extrême gauche (« par la communication punique »), les pays du pourtour méditerranéen (« les princes et gouverneurs des royaumes, même de ceux qui seront maritimes et orientaux ») subiront une terrible oppression (« grande oppression »).
Le terme « punique » est associé au régime communiste, comme nous l’avons vu à propos de la révolution russe. La « communication punique » désigne la propagande trotskyste soutenant l’invasion migratoire de l’Europe.
En raison du nombre considérable de musulmans vivant désormais en Europe, la langue arabe est présente aux côtés des langues latines (espagnole, française ou italienne). Ce sont les bateaux de migrants évoqués par Nostradamus dans de nombreux quatrains.
« La plèbe se lèvera pour chasser les adhérents des législateurs, et semblera que les règnes, affaiblis par les Orientaux, que Dieu le Créateur ait délié Satan des prisons infernales, pour faire naître le grand Dog et Dogam, lesquels feront si grande fraction abominable aux Églises, que les rouges ni les blancs, sans yeux ni sans mains, plus n’en jugeront, et leur sera ôtée leur puissance. » (Nostradamus, Épître à Henri, § 60).
Les révolutions deviendront possibles en raison de l’affaiblissement des pouvoirs politiques par le travail de sape des Orientaux (« les règnes affaiblis par les Orientaux »). Les Orientaux désignent ici sans doute les migrants et les sabbatéens occupant des fonctions élevées.
L’immigration massive commencée en 1974 aura contribué à l’effondrement du modèle social de l’État-providence français. Le moteur de la révolte des Gilets jaunes trouve son origine dans le poids excessif de la fiscalité pesant sur les Français autochtones afin de financer l’aide sociale aux étrangers. Beaucoup de Gilets jaunes se sont sentis exclus des aides sociales au profit des migrants.
C. Les « gens ecclésiastiques ».
« Et durant cette supputation astrologique, conférée aux sacrées lettres, la persécution des gens ecclésiastiques prendra son origine par la puissance des rois aquillonaires, unis avec les Orientaux » (Nostradamus, Épître à Henri, § 101).
Les « gens ecclésiastiques » désignent les catholiques et, plus généralement, les chrétiens. Cela concerne très probablement les orthodoxes et les chrétiens d’Orient. Ils seront persécutés par les rois du Nord et les Orientaux : ils sont les victimes des persécutions, et non l’inverse.
II. L’invasion migratoire.
Dans trois passages de l’Épître à Henri, Nostradamus évoque une invasion de l’Europe par des forces musulmanes, dans le passage 43 (§ 1), le passage 63 (§ 2) et le passage 105 (§ 3).
A. Le passage 43.
« Après ceci, la Dame stérile de plus grande puissance que la seconde, reçue par deux peuples, par le premier obstiné par celui qui a eu puissance sur tous, par le deuxième et par le tiers, qui éteindra ses forces vers le circuit de l’orient de l’Europe aux Pannons, l’a profligé et succombé par voile marine fera ses extensions à la Trinacrie adriatique, par mirmidons et Germaniques, du tout succombé, et sera la secte barbarique, du tout des Latins, grandement affligée et déchassée. » (Nostradamus, Épître à Henri, § 43).
Ce passage évoque les trois Antéchrists : « le premier », « le deuxième » et « le tiers » (le troisième).
Justement, le troisième Antéchrist prendra le pouvoir en Orient (« le tiers, qui éteindra ses forces vers le circuit de l’orient »). Il dirigera une « secte barbarique » (« et sera la secte barbarique »). Cette secte barbarique concerne la première secte qui envahira l’Europe. Les Barbariques vivaient sur les côtes de l’Afrique du Nord.
Puis, depuis l’Orient, il étendra son influence en Europe (« vers le circuit (…) de l’Europe »). L’invasion se fera par bateau (« et succombé par voile marine »).
L’invasion migratoire de l’Europe ira jusqu’en Hongrie (« vers le circuit (…) de l’Europe aux Pannons »), en Sicile (« fera ses extensions à la Trinacrie »), sur les rives de la mer Adriatique (« adriatique »), en Grèce (« par mirmidons ») et en Allemagne (« et Germaniques »).
Plus loin, il est indiqué que l’invasion venue de l’Orient provoquera de grands malheurs dans les pays latins, c’est-à-dire l’Espagne, la France et l’Italie (« du tout des Latins grandement affligée et déchassée »).
Les « mirmidons » étaient un peuple de guerriers issu de la mythologie grecque. Ils représentent chez Nostradamus les Grecs, l’une des portes d’entrée de la vague d’invasion migratoire, mais également le caractère guerrier de celle-ci. Selon Nostradamus, les migrants sont des soldats venus conquérir l’Europe.
La Hongrie est indiquée comme une frontière de l’occupation des Orientaux. Elle ne sera pas envahie. C’est l’Allemagne qui est désignée comme terre d’accueil dans ce texte. L’Allemagne est la destination des filières d’immigration partant de la Sicile et de la Grèce.
Ainsi, selon ce passage, cinq zones d’invasion sont désignées :
| 1. | Hongrie. | (« vers le circuit (…) de l’Europe aux pannons. »). |
| 2. | Sicile. | (« à la Trinacrie. »). (« du tout des latins. »). |
| 3. | Les rives de la mer Adriatique. | (« adriatique. »). (« du tout des latins. »). |
| 4. | Grèce. | (« par mirmidons »). |
| 5. | Allemagne. | (« et Germaniques »). |

B. Passage 63.
Les forces orientales envahiront l’Europe d’abord par Rhodes, c’est-à-dire « la cité du Soleil de Mélite », et par Malte (1). Ensuite, elles envahiront la France par les îles Stechades et Marseille (2).
« Et sur ces entrefaits naîtra la pestilence si grande que des trois parts du monde plus que les deux feront défaut.
Tellement qu’on ne saura reconnaître les appartenances des champs et maisons, et naîtra l’herbe par les rues des cités plus haute que les genoux.
Et au clergé sera faite grande désolation, et usurperont les martiaux ce qui sera retourné de la cité du Soleil de Mélite et des îles Stechades, et sera ouverte la grande chaîne du port qui prête sa dénomination au bœuf marin. » (Nostradamus, Épître à Henri, § 62-63).
1 : L’invasion de Rhodes et de Malte.
L’invasion de l’Europe se fera à partir de Rhodes en direction de l’Europe de l’Est (a) et de Malte en direction de l’Italie (b).
a : L’invasion de l’Europe de l’Est depuis Rhodes.
L’île de Rhodes était l’ancien siège de l’ordre de Malte. Selon la mythologie grecque, Hélios (le Soleil) aperçut l’île depuis l’Olympe et la trouva très belle. Il décida de l’appeler Rhodes en hommage à Rhodé, une nymphe dont il était amoureux.
Nostradamus utilise l’expression « cité du Soleil » en raison de la présence du colosse de Rhodes à l’entrée du port. Le colosse était une représentation d’Hélios.
Rhodes fut conquise par les Arabes, puis par les Ottomans. Elle resta sous autorité turque jusqu’en 1912.
Le prophète nous dit qu’elle reviendra sous le giron islamique lors de la guerre (« ce que sera retourné »). C’est effectivement ce qui s’est produit avec la crise migratoire commencée en 2013. Rhodes fut moins médiatisée que Lampedusa ou Lesbos, mais elle accueillit également un grand nombre de migrants venus par bateau depuis l’Asie Mineure.
Depuis Rhodes, il semblerait que les forces militaires musulmanes envahissent l’Europe de l’Est en direction de l’Allemagne, selon le quatrain IV-68.
IV-68 :
En l’an bien proche non esloigné de Vénus,
Les deux plus grands de l’Asie & d’Aphrique :
Du Ryn & Hister qu’on dira sont venus,
Cris, pleurs à Malte & costé Ligustique.
Chez Nostradamus, Vénus symbolise l’Islam. Il indique que, dans un temps très proche (« bien proche non esloigné ») de l’année (« en l’an ») qui verra l’avènement de la puissance islamique (« Vénus »), deux chefs militaires venant d’Asie et d’Afrique (« les deux plus grands de l’Asie & d’Aphrique ») enverront leurs armées (« qu’on dira sont venus ») sur les rives du Danube (« Hister ») et du Rhin (« Ryn »).
Les deux grands d’Asie et d’Afrique correspondent aux deux routes d’invasion musulmane de l’Europe : la route africaine depuis la Libye, via Malte, Lampedusa et la Sicile, et la route asiatique depuis l’Asie Mineure, via Malte et les Balkans (« Hister »), en direction de la Hongrie et de l’Allemagne (« Ryn »).
Le quatrain V-68 semble prolonger et compléter le IV-68. Il s’agit d’un exemple de série de quatrains se répondant d’une centurie à l’autre.
V-68
Dans le Danube & du Rhin viendra boire
Le grand Chameau, ne s’en repentira :
Trembler du Rosne, & plus fort ceux de Loire,
Et pres des Alpes Coq le ruinera.

Dans le IV-68, il est dit « du Ryn & Hister qu’on dira sont venus ». Le V-68 précise cette idée en indiquant « dans le Danube & du Rhin viendra boire le grand Chameau ». Ceux qui viendront auront des « chameaux ». Le chameau représente l’Islam.
Ils traverseront les Balkans, via le Danube (l’Hister), en direction du Rhin, donc de l’Allemagne, puis de la France. En effet, il est fait référence au « Rosne » et à la « Loire », ce qui indique que la vague migratoire frappera, en plus de l’Allemagne, la France.
Il est dit, et cela demeure encore difficile à interpréter, que le « Coq » les ruinera « près des Alpes ». Cela laisse supposer la fin de l’invasion et le reflux de celle-ci. Il faudra attendre pour comprendre pleinement le sens précis de ce passage.
b : L’invasion de l’Italie depuis Malte.
« Mélite » désigne Malte. Malte fut conquise par les armées arabes en 870, puis reprise par les chrétiens en 1091. L’île ne fut plus jamais occupée par les musulmans. Le long siège de Malte, en 1565, mené par les Ottomans, fut un échec.

Or, selon Nostradamus, la conquête de Malte signera le retour des musulmans sur l’île (« ce que sera retourné »). C’est ce qui se produit depuis le début de l’invasion migratoire de 2013. Malte se trouve sur le trajet des bateaux de migrants, depuis les côtes tunisiennes et libyennes vers Lampedusa et la Sicile.
C’est exactement ce que décrit Nostradamus dans son épître et surtout dans le quatrain V-47.
V-47
Le grand Arabe marchera bien avant,
Trahy sera par les Bisantinois :
L’antique Rodes luy viendra au devant,
Et plus grand mal par austre Pannonois.
Le grand chef arabe (« le grand Arabe ») attaquera (« marchera bien avant ») depuis la Turquie (« les Bisantinois ») vers Rhodes (« l’antique Rodes luy viendra au devant ») et avancera jusqu’en Hongrie (« Pannonois »). Cela provoquera de très grandes catastrophes (« et plus grand mal par austre »).
Le « grand Arabe » fait penser au « grand Turc » de l’époque de l’invasion ottomane de l’Europe jusqu’au XVIIᵉ siècle, une période présentant de grandes similitudes avec la nôtre, tant par la religion des envahisseurs que par les itinéraires empruntés.

2 : L’invasion de la France.
Nous avons vu que l’invasion de la France depuis la Turquie, jusqu’aux rives du Rhône et de la Loire, est évoquée dans le quatrain V-68. Le passage de l’Épître que nous étudions mentionne également cette invasion, qui atteindra Toulon (a) et Marseille (b).
a : L’invasion de Toulon.
Toulon est évoquée sous le nom des îles Stechades (« les îles Stechades »), situées en face de Hyères, dans le Var.
Le quatrain I-18 complète le passage 63 en évoquant indirectement le port militaire de Toulon :

I-18
Par la discorde négligence Gauloyse
Sera passaige à Mahommet ouvert :
De sang trempe la terre & mer Senoyse,
Le port Phocen de voiles & nefs couvert.
Il y aura un climat de division interne (« par la discorde ») en France, favorisant l’invasion migratoire (« négligence gauloyse »). Les forces étrangères pénétrant sur le territoire national seront musulmanes (« sera passaige à Mahommet ouvert »).
Dans l’Épître à Henri, Toulon n’est pas cité directement. Il en va de même dans le quatrain I-18. Celui-ci évoque les îles Stechades pour l’épître et la Seyne-sur-Mer pour le quatrain.
Les îles Stechades protégeaient l’accès au port de Toulon. De même, la Seyne-sur-Mer (« mer Senoyse ») jouxte le port militaire de Toulon. Les deux textes se complètent donc de manière remarquable en évoquant ce port stratégique.

Toulon est le principal port militaire français de la Méditerranée. Il accueille des migrants arrivant par bateau depuis la Tunisie ou la Libye.
Le numéro du quatrain est I-18. Or, en 2018, eut lieu la crise de l’Aquarius, navire affrété par l’association SOS Méditerranée, dont le siège est situé à Marseille. L’Aquarius a secouru environ 30 000 migrants.
Le 8 juin 2018, il sauva 229 migrants et en embarqua environ 400 autres. Malte et l’Italie refusèrent d’accueillir le navire. Une crise diplomatique éclata entre la France et l’Italie. L’Aquarius fut finalement accueilli à Valence, en Espagne, avec une escale à Marseille.
Ultérieurement, lors d’un nouveau passage à Marseille, l’Aquarius fut immobilisé et interdit de navigation.

L’Aquarius fut remplacé par l’Ocean Viking, provoquant une nouvelle crise politique entre la France et l’Italie en 2022. Cette fois, le navire accosta au port militaire de Toulon. Les 234 migrants furent dirigés vers la presqu’île de Giens, à quelques kilomètres des îles Stechades.

b : L’invasion de Marseille.
Marseille est évoquée à travers une expression énigmatique : « le port qui prête sa dénomination au bœuf marin ». Le « bœuf marin » désigne le phoque, appelé phoca en latin. Phoca évoque Phocée, région de Grèce d’où venaient les fondateurs de Marseille. Le quatrain I-18 parle du « port Phocen ».
Le quatrain I-18 indique que « le port Phocen [sera] de voiles & nefs couvert », ce qui renvoie à l’arrivée massive des bateaux de migrants. Il concerne également le siège de l’association SOS Méditerranée, organisatrice de ces flux. Marseille est aussi un point de départ de navires civils vers l’Afrique du Nord, constituant une source supplémentaire d’invasion.
Dans le quatrain I-72, Nostradamus indique que la ville de Marseille changera de nature en raison de cette invasion.
I-72
Du tout Marseille des habitans changée,
Course & poursuitte jusques au pres de Lyon.
Narbon, Tholoze par Bourdeaux outragee :
Tués captifz presque d’un milion.
Marseille (« du tout Marseille »), en raison de l’arrivée massive de populations africaines, changera de population (« des habitants changée »). La Provence traditionnelle de Marcel Pagnol et de Frédéric Mistral laissera place à une autre réalité.
La suite du quatrain semble concerner des événements futurs encore non advenus, ce qui impose une grande prudence interprétative. Il est question d’une course-poursuite entre populations locales et envahisseurs (« course & poursuite ») jusqu’aux environs de Lyon (« jusques au pres de Lyon »).
Narbonne (« Narbon »), Toulouse (« Tholoze ») et Bordeaux (« Bourdeaux ») seront outragées (« outragee »). Il y aura de nombreux morts et captifs (« tués captifz »), dont le nombre approchera le million (« presque d’un milion »).
Notons enfin que le numéro du quatrain est I-72. Il correspond au célèbre quatrain X-72 sur le « grand Roy d’effrayeur ». Le nombre 72 est l’inversion de 27, soit 2027.
La ville aura changé de nature par sa population, concentrée dans une zone géographique précise.
Dans le passage 63 de l’Épître, il est question d’une grande chaîne qui sera ouverte (« et sera ouverte la grande chaîne ») afin de permettre l’entrée de l’envahisseur vers Marseille. Au XVIᵉ siècle, une chaîne servait à bloquer ou autoriser l’accès à un port.
La chaîne est ici ouverte afin de favoriser l’entrée des bateaux, ce que l’on a observé lors des crises de l’Aquarius et de l’Ocean Viking, où les chaînes furent alternativement fermées ou ouvertes selon les périodes.
La « chaîne » pourrait aussi désigner la chaîne de l’Estaque, massif montagneux s’étendant de Marseille à Martigues sur vingt-huit kilomètres. Elle est située dans les quartiers Nord de Marseille, dont l’urbanisation commence au contact direct de ce massif.
Le quartier de l’Estaque, situé dans le 16ᵉ arrondissement, appartient à l’ensemble communément appelé « quartiers Nord » et se trouve au pied de la chaîne de l’Estaque, qui structure toute cette partie de la ville.
Cependant, certains quartiers Nord, mais pas l’Estaque elle-même, sont composés de grands ensembles HLM accueillant une population majoritairement étrangère, originaire d’Afrique. Il s’agit d’un lieu majeur de la guerre civile de basse intensité, marquée par les mafias, les violences urbaines et les attentats.

C. Passage 105.
Dans la troisième partie de l’Épître, au passage 105, Nostradamus nous dit :
« Puis la même année et les suivantes s’en suivra la plus horrible pestilence et la plus merveilleuse par la famine précédente, et si grande tribulation que jamais soit advenue telle depuis la première fondation de l’Église chrétienne, et par toutes les régions latines, demeurant par les vestiges en aucune contrée de l’Espagne. » (Nostradamus, Épître à Henri, § 105).
Les pays latins de l’Europe seront occupés par des envahisseurs venus d’Afrique et d’Asie (« et par toutes les régions latines, demeurant par les vestiges en aucune contrée de l’Espagne »). Ces régions subiront des persécutions religieuses (« puis la même année et les suivantes s’en suivra la plus horrible pestilence et la plus merveilleuse par la famine précédente, et si grande tribulation que jamais soit advenue telle depuis la première fondation de l’Église chrétienne »).
Le texte cite, parmi les pays latins, l’Espagne, qui aura un destin très particulier dans la libération de l’Europe.
Mais, avant cela, parlons de la nouvelle occupation de l’Espagne par des envahisseurs musulmans. Le quatrain I-73 confirme cette lecture du passage 105.
I-73
France à cinq pars par neglect assaillie
Tunys, Argiels esmeus par Persiens,
Leon, Seville, Barcelonne faillie
N’aura la classe par les Venitiens.
À titre d’introduction, évoquons la suite de quatrains qui décrit les mêmes événements. Nous avons vu le I-72, il est lié au I-73.
De même, le numéro 73 fait penser à la guerre du Kippour de 1973, qui fut à l’origine de l’invasion de l’Europe par les populations musulmanes. La guerre provoqua une hausse spectaculaire du prix du pétrole. Les pays producteurs acceptèrent de le vendre aux Européens en échange de l’acceptation d’une main-d’œuvre africaine, destinée à occuper des emplois en Occident, une main-d’œuvre qui ne devra plus s’intégrer, mais conserver sa culture et sa religion. C’est la signature du protocole de Strasbourg en 1975, la constitution du dialogue Euro-Arabe, puis plus tard la convention de Barcelone en 1995.
1 : L’invasion de l’Espagne.
Les villes de Léon (a), de Séville (b) et de Barcelone (c) (« Leon, Seville, Barcelonne ») connaîtront une défaillance (« faillie »), c’est-à-dire qu’elles céderont face à l’invasion musulmane. Il est dit également que Venise (d) n’accueillera aucun bateau (« n’aura la classe par les Venitiens »).
a : Léon.
« Léon » fait d’abord penser au prénom du pape qui a succédé à François, mort en 2025. Il n’est pas Espagnol, mais Américain. Il pourrait jouer un rôle dans la future libération de l’Europe et l’accès du Grand Monarque au trône de France, puis à celui du Saint-Empire. Nous en reparlerons.
« Léon » est également une province d’Espagne liée à la Reconquista. Le nom n’a pas été choisi au hasard. Léon a été très brièvement conquise par les musulmans, avant de redevenir catholique. Elle était située sur le chemin du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle servira ensuite de base arrière pour la reconquête de l’Espagne. C’est donc un lieu hautement symbolique.

b : Séville.
Ensuite, le vers évoque « Séville ». Séville fut le grand port colonial vers l’Amérique. Elle envoyait des navires vers le Nouveau Monde et disposait du monopole du commerce colonial de l’Empire espagnol, c’est la Casa de Contratación. Séville voyait arriver l’or, l’argent et les marchandises américaines. Elle était la porte de l’Europe vers le monde américain.
Dans la crise migratoire, elle a gardé cette tradition en accueillant un grand nombre de navires venus d’Afrique avec leurs migrants. Elle est désormais l’une des portes d’entrée de l’invasion migratoire de l’Europe.

c : Barcelone.
Enfin, il est question de « Barcelonne », capitale de la Catalogne. Elle est un grand port de la Méditerranée. Dans la crise migratoire, elle est un « hub » important reliant l’Algérie, la Tunisie et la Libye à l’Europe. Elle sert de point de fixation et de transit afin de pénétrer dans le sud de la France.

Les villes de Léon, de Séville et de Barcelone (« Leon, Seville, Barcelonne ») connaîtront une défaillance (« faillie »), c’est-à-dire qu’elles céderont face à l’invasion musulmane.

d : Venise.
Enfin, il est question de Venise (« les Venitiens »). Le texte indique que la célèbre cité maritime n’accueillera pas de bateaux de migrants (« n’aura la classe »). On lui préférera Lampedusa ou la Sicile.

2 : Les points de départ de l’invasion.
Les bateaux qui arriveront en Europe occidentale auront pour points de départ Tunis et Alger, nous dit Nostradamus (« Tunys, Argiels »). Ils auront été poussés à agir par l’Iran (« esmeus par Persiens »).
a : Tunis.
Tunis (« Tunys ») est citée comme point de départ de l’invasion migratoire de l’Europe. Tunis est la capitale de la Tunisie. La Tunisie est, avec la Libye, un des points de départ des bateaux de migrants vers Lampedusa.
La cité fut, jusqu’au XIXᵉ siècle, l’un des ports les plus importants de la piraterie en Méditerranée, une étrange similitude avec ce qui se passe depuis 2013.
b : Alger.
Alger (« Argiels ») est la capitale de l’Algérie. Comme Tunis, le port d’Alger fut un point d’ancrage majeur de la piraterie jusqu’au XIXᵉ siècle. Depuis Tunis et Alger, les côtes européennes d’Italie, de France et d’Espagne étaient pillées. C’est l’une des causes de la colonisation de l’Algérie, à partir de 1830, la France voulant mettre fin à la piraterie.

À partir de 2013, l’Algérie redevient un point de départ de la piraterie vers l’Europe. C’est pourquoi Nostradamus évoque ces deux villes.
c : Iran.
Le texte indique ensuite que Tunis et Alger seront émus par les Perses (« esmeus par Persiens »). Les Perses, donc les Iraniens, sont chiites, alors que Tunisiens et Algériens sont sunnites. Il n’y a donc aucune alliance possible entre ces deux bords opposés de l’Islam.
Le terme « ému » signifie qu’il y aura une influence de l’Iran dans ces deux pays, afin de les pousser à entrer en guerre contre l’Occident. C’est la constitution d’un pôle oriental contre l’Occident.
Le quatrain I-70 évoque la Révolution iranienne de 1979 dans les deuxième et troisième vers.
I-70
Pluie, faim, guerre en Perse non cessée
La foy trop grande trahira le monarque,
Par la finie en Gaule commencée :
Secret augure pour à ung estre parque.
Le deuxième vers du quatrain I-70 évoque la chute du Chah en 1979 (« la foy trop grande trahira le monarque »). Le « monarque » dont il est question est Mohammad Reza Pahlavi, de la dynastie Pahlavi.
« La foy trop grande » concerne l’Islam chiite des mollahs et des ayatollahs, qui prennent le pouvoir en Iran en janvier 1979 afin d’appliquer la doctrine du velayat-e faqih.
En 1970, l’ayatollah Khomeini, alors en exil à Najaf, développe une interprétation radicale du rôle des religieux dans la vie politique. Il publie, cette année-là, son livre Hokumat-e Islami (« le gouvernement islamique »). Il y expose la doctrine politique velayat-e faqih (en persan, wilayat al-faqih, « gouvernement du juriste-théologien »), qui sert de fondement à la République islamique d’Iran à partir de 1979.
Le numéro du quatrain, I-70, correspond à l’année de publication du livre (1970).
Traditionnellement, les clercs chiites évitaient un rôle politique direct, se concentrant sur l’autorité spirituelle et juridique. Dans le chiisme duodécimain, les croyants attendent le retour de l’Imam caché (le douzième imam, Mahdi), considéré comme le seul dirigeant légitime. Khomeini soutient que, en l’absence de l’Imam caché, un juriste islamique, dit faqih, doit assumer la gouvernance afin d’appliquer la charia et protéger la communauté musulmane contre les influences étrangères et la corruption morale.
L’expression « trahira le monarque » renvoie aux trahisons dont fut victime le Chah en 1979, facilitant la prise de pouvoir des mollahs. Il y eut des trahisons externes, avec l’abandon par les puissances étrangères, et des trahisons internes, avec l’abandon de l’armée et des élites.
De nombreux généraux et courtisans, voyant le régime s’effondrer, négocient avec l’opposition ou désertent. L’armée, bien équipée mais démoralisée, refuse de réprimer les manifestations à grande échelle, scellant le sort du Chah.
Le troisième vers du quatrain I-70 évoque le séjour de l’ayatollah Khomeini en France et l’importance de celui-ci dans la prise de pouvoir (« par la finie en Gaule commencée »).
L’ayatollah Khomeini s’installera dans la banlieue parisienne, à Neauphle-le-Château. Il bénéficie alors d’une audience médiatique internationale que ne lui offrait pas Najaf. C’est le prestige de la capitale française qui lui sert de caisse de résonance. Khomeini, depuis Paris, devient le leader incontesté de la révolution grâce à sa rhétorique anti-impérialiste et anti-Pahlavi. Les médias internationaux amplifient sa voix.
C’est à partir du moment où Khomeini se trouve à Paris que le processus révolutionnaire se met en œuvre en Iran. Face à l’escalade des manifestations et à la désertion de l’armée, le Chah quitte l’Iran, le 16 janvier 1979, pour un « voyage médical ». Ce départ marque la fin effective de son règne. Khomeini revient triomphalement le 1er février 1979 et la République islamique est proclamée peu après.
L’ayatollah Khomeini arrive à l’aéroport international de Mehrabad le 1er février 1979, après quatorze ans d’exil. C’est pour cela que Nostradamus dit que la Révolution iranienne a pris naissance en Gaule, c’est-à-dire en France.
3 : Les routes de l’invasion migratoire.
Dans le premier vers du quatrain I-73, il est dit que la France (« France ») sera attaquée de cinq côtés (« à cinq pars »), en raison de sa négligence (« par neglect assaillie »).
a : Les trois routes de l’invasion de l’Europe.
Pour faire le bilan de ce que nous venons de dire, nous constatons que l’Europe sera envahie par trois fronts :
- La route des Balkans
Épître 43 (circuit de l’orient de l’Europe, Pannons, mirmidons, Germaniques).
Épître 63 (Rhodes).
V-47 (Rhodes, Pannonie).
IV-68 (Asie, Ryn, Hister).
V-68 (Danube, Rhin). - La route du sud de l’Italie
Épître 43 (Trinacrie adriatique et Latins).
Épître 63 (Mélite).
IV-68 (Malte, costé Ligustique).
V-68 (Alpes). - La route de l’Espagne
Épître 43 (Latins).
Épître 105 (Espagne).
I-73 (Leon, Seville, Barcelonne).
Ces trois routes sont des routes classiques de l’invasion musulmane de l’Europe depuis des siècles. Les peuples empruntent toujours les mêmes chemins vers les mêmes lieux. Il existe une corrélation entre les populations et les lieux, en lien avec l’inconscient collectif.
La route des Balkans est celle empruntée par les Ottomans jusqu’au XVIᵉ siècle. Ils allèrent jusqu’à Budapest et assiégèrent Vienne. La bataille de Lépante mit fin à leur progression. La zone des Balkans se libéra progressivement de l’occupation musulmane jusqu’au XXᵉ siècle (1912-1913). Il y a toute une histoire dont Nostradamus parle à travers ses quatrains.
La route du sud de l’Italie, ou de la Méditerranée centrale, fut empruntée aux VIIᵉ et VIIIᵉ siècles par les musulmans. Le sud de l’Italie et la Sicile furent durant de nombreuses décennies des califats musulmans, avant d’être libérés par les Normands. Aujourd’hui, ce chemin d’invasion est de nouveau ouvert depuis la Libye et la Tunisie, vers Lampedusa et la Sicile.
La route de l’Espagne, c’est-à-dire celle de la Méditerranée occidentale et de l’Atlantique, correspond à la conquête musulmane de l’Espagne au VIIIᵉ siècle, une présence qui dura jusqu’au XVᵉ siècle. C’est la route qui part du Maroc et de l’Algérie vers l’Andalousie et la Catalogne, puis en direction de la France via la vallée du Rhône. Elle est réactivée aujourd’hui.

b : Les routes de l’invasion de la France.
La France (« France ») sera attaquée de cinq côtés (« à cinq pars »), en raison de sa négligence (« par neglect assaillie »). La négligence est celle de l’ennemi intérieur français, qui a favorisé l’invasion (classe politique, syndicats, associations, etc.).

Quelles sont ces cinq zones d’invasion ?
En lisant les autres textes de Nostradamus, nous pouvons reconstituer ces éléments :
- Toulon, Épître 63.
- Marseille, Épître 63.
- Rhin, IV-68, V-68.
- Alpes italiennes, V-68.
- Pyrénées, Épître 105, I-73.