Non classé

L’astrologie grecque (5) : Héraclès et l’astrologie.

Comme Gilgamesh, Héraclès est un héros astrologique (I). Il parcourt les signes du zodiaque durant sa vie, dont les douze travaux sont la meilleure expression (II).


I : Héraclès et les travaux.

Nous avons déjà étudié les travaux dans l’article précédent. Nous avons abordé l’aspect astrologique de manière succincte ; il est désormais temps d’en dire davantage. Déjà, le nombre douze évoque la symbolique du zodiaque (A), avec plus particulièrement le onzième travail, dont la coloration astrologique est clairement affirmée (B).

A : Les douze travaux.

Héraclès est condamné par la Pythie de Delphes à accomplir dix travaux pour Eurysthée pendant douze ans. Ces dix travaux seront en réalité douze, car Eurysthée en ajoutera deux de plus. C’est le prix de l’immortalité.

« Ensuite il se rendit à Delphes pour demander au dieu où il pouvait aller. Ce fut en cette occasion que la Pythie, pour la première fois, s’adressa à lui en l’appelant Héraclès — car auparavant son nom était Alcide ; elle lui dit de s’établir à Tirynthe, et de servir Eurysthée pendant douze années, et d’accomplir les dix travaux qui lui seraient imposés. Quand il s’en serait acquitté, ajouta-t-elle, il obtiendrait l’immortalité. » (Apollodore, Bibliothèque, II, IV, 12)

Les douze travaux correspondent symboliquement aux douze si0nes du zodiaque. Cependant, il ne faut pas chercher à établir une correspondance stricte entre chaque travail et un signe précis. Il faut également observer la vie du héros dans son ensemble pour identifier chaque signe, comme nous le ferons dans la suite du chapitre.

On retrouve ainsi des références à l’astrologie dans la vie d’Héraclès, en particulier lors de la réalisation de certains travaux, et surtout lors du onzième travail.

1.Le Bélier. 
2.Le Taureau.Taureau de Crète. Bœufs de Géryon.
3.Le Gémeaux.Juments de Diomède.
4.Le Cancer.Hydre de Lerne.
5.Le Lion.Lion de Némée.
6.La Vierge.Sanglier d’Erymanthe.
7.La Balance.Biche de Cérynée.
8.Le Scorpion.Pommes d’or des Hespéride. Cerbère de l’Hadès.
9.Le Sagittaire.Hydre de Lerne. Sanglier d’Erymanthe. Oiseaux de Stymphale.
10.Le Capricorne. 
11.Le Verseau.Pommes d’or des Hespérides.
12.Le Poisson.Ecurie d’Augias. La ceinture d’Hippolyte.

La mosaïque de Liria présente les douze travaux d’Héraclès selon une organisation qui ne relève pas directement de l’astrologie, même si la disposition rappelle une carte astrologique antique, sous forme de carré. Au centre se trouve Omphale, censée représenter le signe de la Vierge.

Il n’y a pas de succession chronologique des signes dans cette mosaïque, mais une présentation symbolique du nombre douze. En revanche, le onzième travail mérite une observation approfondie afin de saisir plus finement la symbolique astrologique chez Héraclès.

Mosaïque de Liria et les signes astrologiques.

B : Le onzième travail.

Dans le onzième travail, qui concerne les pommes du jardin des Hespérides, Héraclès apprend le savoir astrologique auprès du géant Atlas.

« Le héros accomplit ces exploits en huit ans et un mois. Mais Eurysthée, n’ayant pas retenu comme valables ceux de l’Hydre et des étables d’Augias, imposa encore un travail à Héraclès, le onzième : le héros devrait lui apporter les pommes d’or du jardin des Hespérides. »
(Apollodore, Bibliothèque, II, V, 11)

Ce travail prend une coloration astrologique très marquée. Atlas porte le ciel sur ses épaules ; Héraclès va lui-même soutenir le ciel avant de le restituer à Atlas.

Héraclès et Atlas, vers 480 av. J.-C.

« Prométhée avait conseillé à Héraclès de ne pas cueillir les pommes de ses propres mains, mais de soulager Atlas du poids du ciel et de l’envoyer à sa place. Arrivé au pays des Hyperboréens, le héros convainquit Atlas et soutint le ciel à sa place. Atlas cueillit trois pommes du jardin des Hespérides et les apporta à Héraclès. Ensuite, il refusa de reprendre le ciel sur ses épaules. Héraclès le pria alors de lui accorder le temps de placer un bandeau sur sa tête pour porter ce poids ; Atlas déposa les pommes à terre et accepta de soutenir le ciel un moment encore : Héraclès s’empara des pommes et s’enfuit. » (Apollodore, Bibliothèque, II, V, 11)

C’est au contact d’Atlas qu’Héraclès apprend l’astrologie, un savoir qu’il transmettra ensuite à la Grèce.

« Or, les pirates (envoyés par Busiris) trouvèrent les filles d’Atlas jouant dans un jardin ; ils les enlevèrent et s’enfuirent promptement dans leurs vaisseaux. Hercule les ayant surpris au moment où ils mangeaient sur le rivage, et ayant appris de ces filles ce qui leur était arrivé, il tua tous les ravisseurs et rendit les filles à leur père Atlas. En reconnaissance de ce service, Atlas donna à Hercule non seulement ce qu’il était venu chercher, mais encore il l’initia dans l’astronomie. Atlas avait approfondi cette science et avait construit avec art une sphère céleste ; c’est pourquoi on le supposait portant le monde sur ses épaules. Comme Hercule apporta le premier en Grèce la science de la sphère, il en retira une grande gloire ; c’est ce qui fit dire aux hommes, allégoriquement, qu’il avait reçu d’Atlas le fardeau du monde. » (Diodore de Sicile, Bibliothèque, IV, XXVII)

II : Héraclès et les douze signes du zodiaque.

Il est possible d’identifier les douze signes du zodiaque dans la vie d’Héraclès en adoptant une vision plus large que celle des seuls douze travaux. Ainsi, nous avons :

1.Le Bélier.(A).
2.Le Taureau.(B).
3.Le Gémeaux.(C).
4.Le Cancer.(D).
5.Le Lion.(E).
6.La Vierge.(F).
7.La Balance.(G).
8.Le Scorpion.(H).
9.Le Sagittaire.(I).
10.Le Capricorne.(J).
11.Le Verseau.(K).
12.Le Poisson.(L)

A : Héraclès et le Bélier.

Héraclès rencontre à deux reprises le Bélier au cours de sa vie. Il est présent durant son enfance (1) et au moment de sa participation à la quête de la Toison d’or (2).

1 : Héraclès, gardien de troupeau.

Le signe astrologique du Bélier apparaît dans l’enfance d’Héraclès au moment de la mort de Linos. Héraclès est alors condamné à devenir gardien de troupeau, dont la composition n’est pas précisée. Cela implique qu’il pourrait être constitué de moutons.

D’ailleurs, à Sumer, le signe astrologique du Bélier était représenté par un gardien de troupeau. Il est donc possible que la Grèce ait repris cette symbolique à son compte.

2 : La quête de la toison d’or.

Héraclès participe au départ de l’expédition des Argonautes. Cette participation partielle peut être rattachée au signe astrologique du Bélier, même si le héros ne réalise pas l’intégralité du voyage, puisqu’il abandonne ses compagnons en Mysie après l’enlèvement d’Hylas.

Jason rapportant la Toison d’or au roi PéliasCratère à figures rouges d’Apulie, vers 340 av. J.-C.

Son nom est d’ailleurs cité parmi les compagnons des Argonautes chez Apollodore.

B : Héraclès et le Taureau.

Héraclès rencontre à plusieurs reprises le signe du Taureau, qui prend une forme unique : celle du taureau. On retrouve notamment les vaches du tribut que Thèbes doit verser à Orchomène, le Taureau de Crète, les vaches de Géryon, le dieu Achéloos et enfin le bœuf de Théiodamas.
Intéressons-nous plus particulièrement aux deux travaux suivants : le Taureau de Crète (1) et les vaches de Géryon (2).

1 : Le Taureau de Crète.

Lors du septième travail, Héraclès doit affronter le terrible Taureau de Crète. Il le combat, mais ne le tue pas. Il n’y a pas de sacrifice.

Héraclès et le Taureau de Crète.

2 : Les vaches de Géryon.

Lors du dixième travail, Héraclès doit aller chercher un troupeau de vaches en Espagne afin de le ramener en Grèce. Il parcourt ainsi toute la Méditerranée dans un sens puis dans l’autre.

À la fin du dixième travail, les vaches sont sacrifiées à Héra. Techniquement, ce n’est pas Héraclès qui accomplit le sacrifice, mais Eurysthée.

Héraclès et les vaches de Géryon.

C : Héraclès et le Gémeaux.

Héraclès croise très tôt le signe du Gémeaux sous la forme de deux symboles de nature différente : les jumeaux mi-hommes, mi-dieux (1) et les chevaux (2).

1 : Les jumeaux.

Les jumeaux interviennent au moment de la naissance d’Héraclès et de son frère jumeau (a), ainsi que lors de sa rivalité avec Eurysthée (b).

a : Héraclès et son jumeau

La naissance d’Héraclès est marquée par le signe astrologique du Gémeaux, ce qui permet d’associer le personnage, ou du moins sa naissance, à cette ère astrologique.

En effet, sa mère, Alcmène, donne naissance à deux jumeaux : Héraclès et Iphiclès. Cette dualité résulte de la double union de sa mère avec son époux Amphitryon et avec Zeus. Héraclès représente la part divine, tandis qu’Iphiclès incarne la part humaine.

1.Héraclès.Zeus.Divin.
2.Iphiclès.Amphitryon.Humain
b : La rivalité entre Héraclès et Eurysthée

Héraclès connaît une rivalité majeure avec Eurysthée pour la suprématie sur le trône de Mycènes. Cette rivalité est à l’origine des douze travaux.

On peut l’associer au signe du Gémeaux, car ce signe, au-delà du lien de gémellité, est également celui de la rivalité fraternelle, qui se termine souvent de manière tragique. Une rivalité que l’on retrouve également dans l’épopée de Gilgamesh.

2 : Les chevaux.

Les chevaux jouent un rôle important dans la symbolique du signe du Gémeaux. Ils sont associés à Castor (a) et aux juments de Diomède (b).

a : Héraclès et Castor

Castor et Pollux, appelés les Dioscures, sont deux frères jumeaux associés au signe astrologique du Gémeaux. Castor apparaît à plusieurs reprises dans la vie d’Héraclès.

Durant son enfance, il lui enseigne l’art du combat, et plus particulièrement la lutte. Castor étant un éleveur de chevaux, le cheval devient naturellement un symbole du Gémeaux. Il est d’ailleurs fréquemment représenté à cheval dans les fresques et les vases antiques.

Relief votif avec les Dioscures à cheval. Marbre, IIe siècle av. J.-C., Larissa.
b : Les juments de Diomède

Diomède, roi de Thrace, possédait des juments anthropophages, c’est-à-dire des chevaux mangeurs d’hommes. Il avait pour habitude de livrer ses invités en pâture à ses bêtes.

Héraclès doit capturer les juments vivantes afin de les emmener à Mycènes. Il ne doit pas les tuer. Elles rejoignent ensuite le mont Olympe, où elles seront finalement mises à mort par des bêtes sauvages.

D : Héraclès et le Cancer.

Héraclès rencontre à plusieurs reprises le signe du Cancer au cours de sa vie. Celui-ci prend la forme d’un monstre marin (1) ou d’un crabe (2).

1 : Le monstre marin.

Lors du neuvième travail, Héraclès affronte la reine des Amazones afin de lui prendre sa ceinture. Il se dirige ensuite vers Troie, où il sauve Hésione, la fille du roi. Hésione est menacée d’être dévorée par un monstre marin envoyé par Poséidon. Héraclès accepte cette mission en échange de chevaux, symbole du Gémeaux.

Si, comme nous l’avons vu, les chevaux représentent le Gémeaux, le monstre marin, quant à lui, symbolise le Cancer. En effet, à Sumer, le Cancer était un signe astrologique lié à la mer.

Dans l’épopée de Gilgamesh, le Cancer est représenté par le radeau flottant sur l’eau, servant à transporter la tête du géant. D’ailleurs, le nom du signe sur les tablettes mul.apin indique ce qui est relié, attaché, enserré, empêchant de bouger. Ce terme est traduit par « crabe ». Le radeau est précisément constitué de morceaux de bois attachés entre eux pour flotter sur l’eau.

2 : Le crabe.

Le deuxième travail consiste en un affrontement mortel entre Héraclès et l’Hydre de Lerne, censée représenter le Cancer. On perçoit la nature « Cancer » de l’Hydre par l’intervention d’un crabe, qui aide l’Hydre en mordant le pied d’Héraclès afin de l’empêcher de combattre.

Nous l’avons vu : à Sumer, sur les tablettes mul.apin, le signe astrologique du Cancer est appelé « le Crabe ». Le crabe est un animal marin capable de s’agripper avec ses pinces, ce qui correspond exactement à la scène de la lutte entre Héraclès et l’Hydre de Lerne.

E : Héraclès et le Lion.

Héraclès croise à plusieurs reprises le chemin du signe du Lion. Celui-ci prend la forme d’un lion (1) ou d’un roi (2).

1 : Le lion.

Deux lions apparaissent dans la vie d’Héraclès : le lion du Cithéron (a) et le lion de Némée (b).

a : Le lion du Cithéron

À l’âge de dix-huit ans, Héraclès tue le lion du Cithéron. Cet épisode est fondamental dans la vie du héros. Une fois l’animal vaincu, Héraclès s’empare de sa fourrure et de sa tête. Il utilise la tête du lion comme casque et la peau comme vêtement.

Héraclès portant l’armure du lion.
b : Le lion de Némée

Le premier travail d’Héraclès concerne le lion de Némée. Ce travail est clairement placé sous l’influence du signe du Lion. Héraclès doit le tuer, ce qu’il accomplit en l’étranglant.

2 : Le roi.

Le lion est le roi des animaux ; il est donc logique que ce signe astrologique soit symboliquement représenté par un roi.

Dans la vie d’Héraclès, cette figure prend la forme du roi Busiris, roi d’Égypte et fils de Poséidon. Lors d’un épisode célèbre, il capture les filles d’Atlas, séduit par leur beauté. Héraclès parvient à libérer les Atlantides et tue finalement le roi.

F : Héraclès et la Vierge.

Héraclès rencontre le signe astrologique de la Vierge soit en la personne de la reine Omphale (1), soit lors de la chasse au sanglier d’Érymanthe (2). Cet aspect est particulièrement intéressant, car il permet de mettre en lumière les deux faces du signe de la Vierge : un versant lumineux et un versant sombre.

Vierge lumineuseVierge sombre
OmphaleSanglier d’Érymanthe

1 : La reine Omphale.

Dans la vie d’Héraclès, le signe astrologique de la Vierge est incarné par la reine Omphale. Elle représente l’archétype de la Vierge positive, nourricière et protectrice. Cette figure reprend l’image sumérienne de la Vierge à l’épi, qui deviendra le symbole astrologique du signe de la Vierge.

2 : Le sanglier d’Erymanthe (quatrième travail).

Héraclès rencontre également la Vierge dans son aspect négatif et destructeur à travers le travail du sanglier d’Érymanthe.

Dans la vie du héros précédent, Persée, celui-ci affronte Méduse, l’une des Gorgones. Elle incarne exactement ce double visage du signe de la Vierge : belle et séduisante dans un premier temps (aspect positif), puis effrayante et dangereuse par la suite (aspect négatif). Dans sa forme monstrueuse, Méduse présente un visage assimilable à celui d’un sanglier, d’où le lien symbolique entre la Vierge et cet animal.

G : Héraclès et la Balance.

Héraclès rencontre la Balance astrologique sous deux formes symboliques : le double serpent (1) et les bois de la biche de Cérynie (2).

1 : Le double serpent.

Le double serpent symbolise le signe de la Balance. Il représente les deux plateaux de la balance de la justice. Les deux serpents figurent des forces opposées et complémentaires, chacune tirant dans une direction différente, tandis que le héros, placé au centre, maintient l’équilibre parfait.

Dans l’astrologie hellénique, Héra est souvent associée au droit, à la loi et à la mesure divine. Reine du ciel, elle régule l’ordre conjugal et moral. Sa jalousie n’est pas seulement passionnelle : elle incarne la réaction de l’ordre cosmique face à une transgression divine. L’union de Zeus avec une mortelle, la mère d’Héraclès, provoque ainsi l’envoi des deux serpents dans le berceau du héros.

L’épisode peut donc être interprété comme la tentative de la Balance divine d’éliminer l’excès solaire qu’incarne Héraclès. En neutralisant les serpents, le héros restaure l’équilibre et devient lui-même l’axe central des forces opposées.

Hercule étouffant les serpents, Villa des Vettii, Pompéi.

2 : La biche de Cérynie.

Héraclès traverse le signe de la Balance lors du troisième travail avec la biche de Cérynie, qu’il ne doit ni tuer ni blesser.

Ce sont les bois de la biche qui évoquent le signe de la Balance, par analogie avec les deux plateaux de la balance. À Sumer, la Balance, le Scorpion et le Sagittaire formaient un « grand Scorpion » divisé en trois parties, chaque signe correspondant à une portion de l’animal. La Balance correspondait aux deux pinces du Scorpion.

H : Héraclès et le Scorpion.

Héraclès affronte le Scorpion et le sacrifie à deux reprises, lors des onzième et douzième travaux, à travers la mort du dragon qui garde le jardin des Hespérides (1) et celle de Cerbère (2). Le Scorpion prend la forme d’une créature monstrueuse gardienne d’un seuil.

1 : La dragon du jardin des Hespérides.

Le jardin des Hespérides est gardé par un terrible dragon doté de cent têtes. Il est le fils de Typhon et d’Échidna. Typhon est un monstrueux serpent, tandis qu’Échidna est une créature mi-femme, mi-serpent. De leur union naissent de nombreuses créatures que l’on retrouve dans le parcours astrologique d’Héraclès, comme le lion de Némée ou l’Hydre de Lerne. Il en va de même pour Cerbère, que nous verrons ensuite.

2 : Le Cerbère d’Hadès.

Cerbère est le gardien des Enfers. Il empêche les âmes des morts de s’échapper et les vivants d’entrer.
Dans l’épopée de Gilgamesh, une créature analogue joue un rôle similaire : l’homme-scorpion. Il m’a donc paru cohérent d’attribuer le même signe astrologique à son équivalent herculéen, même si Cerbère n’est pas littéralement un scorpion, mais un chien à plusieurs têtes.

Héraclès, Cerbère et Eurysthée. Hydrie à figures noires, vers 525 av. J.-C.

I : Héraclès et le Sagittaire.

Le signe astrologique du Sagittaire apparaît fréquemment dans la vie d’Héraclès. Symboliquement, il prend la forme d’un centaure (1) ou de l’arc et des flèches (2).

1 : Le centaure.

Traditionnellement, le signe du Sagittaire est représenté par un centaure, créature mythologique mi-homme, mi-cheval. Héraclès croise le chemin de Pholos et de Chiron (1), puis plus tard celui de Nessos (2).

a : Pholos et Chiron

Lors du quatrième travail, consacré au sanglier d’Érymanthe, Héraclès vit une aventure annexe d’une grande importance mettant en scène les centaures, notamment Pholos et Chiron.

Les centaures sont tués par les flèches d’Héraclès, tandis que Chiron et Pholos sont blessés mortellement par une flèche empoisonnée. La présence conjointe des centaures, de l’arc et des flèches fait de cet épisode une représentation parfaite du signe astrologique du Sagittaire.

Pélée confie Achille à Chiron, vers 500 av. J.-C.
b : Nessos

Héraclès et son épouse Déjanire croisent le chemin du centaure Nessos. Là encore, Héraclès le tue à l’aide de son arc et de ses flèches empoisonnées, trempées dans le venin de l’Hydre de Lerne.

Avant de mourir, Nessos manipule Déjanire en lui affirmant que son sang mêlé au venin constitue un puissant philtre d’amour garantissant la fidélité d’Héraclès. Ce venin provoquera cependant la mort du héros.

2 : L’arc et les flèches.

L’arc et les flèches, sans la présence d’un centaure, apparaissent à plusieurs reprises dans la vie d’Héraclès, notamment durant sa jeunesse (1) et lors du combat contre les oiseaux du lac Stymphale (2).

a : La jeunesse d’Héraclès

Héraclès apprend l’usage de l’arc et des flèches auprès d’Eurytos. Cela renvoie de manière évidente au signe astrologique du Sagittaire. Le texte précise d’ailleurs qu’Héraclès était un archer hors pair, ne manquant jamais sa cible.

b : Les oiseaux de Stymphale

Lors du sixième travail, Héraclès tue les oiseaux de Stymphale à l’aide de son arc et de ses flèches, ce qui confirme l’influence du Sagittaire sur cet épisode.

Les oiseaux de Stymphale, amphore grecque, VIe siècle av. J.-C.

J : Héraclès et le Capricorne.

Le signe du Capricorne est plus complexe à identifier dans la vie d’Héraclès, car il n’apparaît jamais de manière explicite. À Sumer, le Capricorne était représenté par une chimère associant une chèvre et un poisson, appelée Pabilsag.

En Grèce, cette fonction symbolique semble être assumée par la corne d’Amalthée, qui deviendra la corne d’abondance. Amalthée était une nymphe qui possédait une chèvre crétoise ayant nourri Zeus de son lait durant son enfance.

Le jeune Zeus nourri par la corne d’abondance de la déesse-nourrice Amalthée, IIe siècle apr. J.-C.

Certes, Héraclès affronte le dieu Achéloos, qui prend la forme d’un taureau, et lui arrache une corne. Mais il échange cette corne contre la corne d’abondance issue de la chèvre d’Amalthée, ce qui permet d’établir un lien symbolique avec le Capricorne.

K : Héraclès et le Verseau.

Héraclès rencontre à deux reprises le signe astrologique du Verseau sous la forme de géants : Atlas (A) et Antée (B).

1 : Le géant Atlas.

Atlas est un géant condamné, après sa défaite lors de la guerre des Titans contre Zeus, à porter la voûte céleste sur ses épaules.

La punition d’Atlas et de Prométhée, vers 550 av. J.-C.

Il est le représentant symbolique du signe du Verseau. En effet, à Sumer, le Verseau était figuré par un géant, et les tablettes mul.apin évoquent explicitement ce signe comme celui du « géant ».

2 : Antée.

Antée est un autre géant qu’Héraclès doit affronter. Époux de la déesse Tingis, qui donna son nom à la ville de Tanger, il tire sa force du contact avec la terre. Héraclès parvient à le tuer en le soulevant du sol et en l’étranglant.

Héraclès étouffant Antée, cratère à figures rouges d’Euphronios, 515–510 av. J.-C.

L : Héraclès et les Poissons.

Enfin, Héraclès rencontre le signe des Poissons lorsqu’il nettoie les écuries d’Augias (1) et lors de la première guerre de Troie (2).

1 : Les écuries d’Augias.

Lors du sixième travail, Héraclès nettoie les écuries d’Augias en détournant le cours de deux rivières. Cette action renvoie de manière évidente aux deux Poissons, signe astrologique lié à l’eau.

2 : Après la guerre de Troie.

Nous avons vu qu’il existe en réalité deux guerres de Troie. À l’origine de la première, Héraclès sauve la ville d’un monstre marin envoyé par Poséidon. Ce monstre symbolise le signe astrologique des Poissons.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.