Astrologie grecque (3) : de Persée à Heraclès.
Pour comprendre le rôle d’Héraclès, il faut étudier l’arbre généalogique depuis Persée (I), qui est l’arrière-grand-père d’Héraclès. Son union avec Andromède donnera naissance à Alcéos, son grand-père (II), qui lui-même donnera naissance à Amphitryon (III). Il existe une filiation entre les deux héros astrologiques de la mythologie grecque.
I : Persée, l’arrière-grand-père d’Héraclès.
Persée était uni à Andromède. De leur union naîtront plusieurs enfants.
« Il eut des enfants d’Andromède ; avant son départ pour la Grèce, était né Persès, qui resta vivre avec Céphée (de lui vient, dit-on, la dynastie perse) ; mais à Mycènes naquirent Alcéos, Sthénélos, Héléos, Mestor, Électryon, et une fille, Gorgophoné, qui épousa Périérès. » (Apollodore, La Bibliothèque, Éditions de l’Aire, p. 80-87).
De l’amour de Persée et d’Andromède naquirent sept enfants :
- Persès.
- Alcéos.
- Sthénélos.
- Héléos (et non Hétéos).
- Mestor.
- Électryon.
- Gorgophoné.
Voyons donc qui sont les enfants du couple, sauf Alcéos qui fera l’objet d’une section spécifique : Persès (A), Sthénélos (B), Mestor (C) et Électryon (D).
A : Persès.
L’aîné des enfants de Persée et d’Andromède est Persès. Il resta en Éthiopie auprès du roi Céphée. Il donnera naissance aux rois perses, dont il donne son nom.
B : Sthénélos.
« De son épouse Nicippé, la fille de Pélops, Sthénélos eut deux filles, Alcyoné et Médusa, et plus tard également un garçon, Eurysthée, qui devint roi de Mycènes.
Quand Héraclès était sur le point de naître, Zeus avait annoncé, en présence de tous les dieux, que l’enfant, de la famille de Persée, qui venait alors au jour, obtiendrait le trône de Mycènes ; aussi, la déesse Héra, par jalousie, convainquit Ilithyie de retarder l’accouchement de l’enfant, et elle fit en sorte qu’Eurysthée, le fils de Sthénélos, naquît immédiatement, quoique prématurément à sept mois. » (Apollodore, La Bibliothèque, Éditions de l’Aire, p. 80-87).
Sthénélos épousa Nicippé. Ils eurent deux filles et un garçon :
- Alcyoné.
- Médusa.
- Eurysthée.
Eurysthée devint roi de Mycènes. Eurysthée et Héraclès font tous deux partie de la descendance de Persée. Zeus avait promis que le premier des enfants issus de Persée qui verrait le jour serait roi de Mycènes. Héra retarda la naissance d’Héraclès afin de favoriser l’accession d’Eurysthée au trône. Cela donnera naissance à une intense rivalité entre les deux hommes.
C : Mestor.
« Mestor épousa Lysidicé, la fille de Pélops, et il eut une fille, Hippothoé.
La jeune fille fut enlevée par Poséidon et emmenée dans les îles Échinades, où elle mit au monde un fils, Taphios : il colonisa Taphos et appela Téléboéens ses sujets, car il était parti loin [teloù ébe] de sa patrie.
De Taphios naquit Ptérélas, que Poséidon rendit immortel en lui plantant un cheveu d’or sur la tête.
De Ptérélas naquirent Chromios, Tyrannos, Antiochos, Chersidamas, Mestor et Évérès. »
(Apollodore, La Bibliothèque, Éditions de l’Aire, p. 80-87).
Mestor est le cinquième fils de Persée. Il eut une descendance nombreuse avec Lysidicé, la fille de Pélops : Hippothoé.
Hippothoé était une Néréide. Les Néréides sont des nymphes marines. Elle fut enlevée par Poséidon et de leur union naquit un fils : Taphios.
De Taphios naquit : Ptérélas.
De Ptérélas naquirent six fils :
- Chromios.
- Tyrannos.
- Antiochos.
- Chersidamas.
- Mestor.
- Évérès.
Les enfants de Ptérélas affronteront Électryon pour le trône de Mycènes, comme nous allons le voir.
D : Électryon.
Électryon est le sixième fils de Persée et d’Andromède.
« Électryon épousa Anaxo, la fille d’Alcéos, qui lui donna une fille, Alcmène, et des fils : Stratobatès, Gorgophonos, Phylonomos, Célénos, Amphimachos, Lysinomos, Chirimachos, Anactor et Archélaos ;
de Midée, une Phrygienne, il eut aussi un bâtard, Licymnios. » (Apollodore, La Bibliothèque, Éditions de l’Aire, p. 80-87).
Électryon épousa Anaxo, la fille d’Alcéos. Ils eurent une fille et neuf fils :
- Alcmène.
- Stratobatès.
- Gorgophonos.
- Phylonomos.
- Célénos.
- Amphimachos.
- Lysinomos.
- Chirimachos.
- Anactor (et non Anactof).
- Archélaos.
La fille aînée fut Alcmène, la mère d’Héraclès.
Électryon épousa ensuite Midée, une princesse phrygienne. Ils eurent un fils bâtard : Licymnios.
« »Quand Électryon régnait à Mycènes, les fils de Ptérélas, avec l’aide de Taphos, vinrent revendiquer le royaume de Mestor, leur grand-père maternel.
Électryon refusa d’entendre leurs raisons, et les fils de Ptérélas, alors, emmenèrent ses troupeaux de vaches. Les fils d’Électryon coururent à la rescousse ; dans l’affrontement qui s’ensuivit, ils s’entre-tuèrent tous. Parmi les fils d’Électryon, seul Licymnios survécut, parce qu’il était encore un enfant ; et des fils de Ptérélas, seul Évérès se sauva, parce qu’il était resté garder les navires.
Les Taphiens qui réussirent à s’échapper s’embarquèrent en emportant avec eux le bétail volé, et le confièrent à Polyxénos, le roi des Éléens. Par la suite, Amphitryon le racheta et le rapporta à Mycènes.
Cependant, Électryon voulait venger l’assassinat de ses enfants : il confia à Amphitryon son royaume, mais aussi sa fille Alcmène (après lui avoir fait jurer qu’il garantirait sa virginité jusqu’à son retour), et il se prépara à faire la guerre aux Téléboéens. Mais au moment de récupérer le bétail volé, tout à coup une vache le chargea, et Amphitryon lui jeta la massue qu’il avait à la main ; la massue frappa les cornes de l’animal, rebondit, et atteignit Électryon à la tête et le tua.
Fort de ce prétexte, Sthénélos bannit Amphitryon de tout le territoire de l’Argolide, et prit lui-même le pouvoir sur Mycènes et sur Tirynthe ; puis il fit appeler Atrée et Thyeste, les fils de Pélops, et il leur confia le trône de Midéa. » » (Apollodore, La bibliothèque, Editions de l’aire, p. 80-87).
Électryon fut roi de Mycènes. Son trône fut contesté par les enfants de Mestor, dont nous venons de parler. Les deux familles s’affrontèrent et s’entretuèrent.
Électryon avait confié à Amphitryon et Alcmène le trône de Mycènes durant la guerre. Mais Amphitryon tua par erreur Électryon. Pour ce meurtre, il fut banni de la cité et perdit le trône. Sthénélos devint roi à sa place. Eurysthée, son fils, lui succéda logiquement.
II : Alcéos, le grand-père d’Héraclès
Alcéos est le deuxième fils du couple Persée et Andromède. Il est le grand-père d’Héraclès.
« Alcéos eut un fils, Amphitryon, et une fille, Anaxo, d’Astydamie, la fille de Pélops ; mais d’autres traditions soutiennent que son épouse fut Laonomé, la fille de Gounéos, ou Hipponomé, la fille de Ménécée.« (Apollodore, La Bibliothèque, Éditions de l’Aire, p. 80-87).

Selon Apollodore, il existe plusieurs versions.
Il aurait épousé Anaxo, fille d’Astydamie et de Pélops ; ou Laonomé, fille de Gounéos ; ou enfin Hipponomé, fille de Ménécée.
Toutefois, l’hypothèse la plus probable est celle du mariage avec Anaxo, fille d’Astydamie et de Pélops. Pélops est le fils de Tantale (celui du supplice du même nom) et de Dioné, ancêtre des Atrides de Mycènes. Il donna son nom au Péloponnèse. Il remporta une course de char contre le roi de Pise afin d’obtenir la main d’Hippodamie.
Le couple donna naissance à deux enfants, un garçon et une fille :
- Amphitryon.
- Anaxo.
III : Amphitryon, le père d’Héraclès.
Amphitryon est donc le fils d’Alcéos et d’Anaxo. Il est également le père d’Héraclès.
« Amphitryon, en compagnie d’Alcmène et de Licymnios, se réfugia à Thèbes, où il fut purifié par le roi Créon, qui donna la main de sa sœur Périmède à Licymnios. » (Apollodore, La Bibliothèque, Éditions de l’Aire, p. 80-87).
Comme nous l’avons vu, Amphitryon fut chassé du trône de Mycènes. Il trouva refuge à Thèbes où il fut reçu par le roi Créon. C’est ainsi que le couple se trouva à Thèbes au moment de la naissance d’Héraclès.
IV : Héraclès.
Héraclès, héros mythologique par excellence, incarne la quintessence de la force, du courage et du sacrifice. Ses exploits extraordinaires et sa trajectoire unique, à la fois humaine et divine, ont fasciné les esprits depuis des millénaires. On en retrouve une trace écrite chez deux auteurs de l’Antiquité, Apollodore (dans le deuxième livre) et Diodore de Sicile (dans le livre IV). C’est dans ces deux textes que nous pouvons repérer la présence de l’astrologie dans la vie d’Héraclès.

Selon Georges Dumézil, dans le deuxième volume de Mythe et légende, on retrouve dans la vie d’Héraclès, telle que relatée par Diodore de Sicile, l’existence de trois périodes :
- De la naissance à Eurysthée.
- D’Eurysthée à Iphitos.
- D’Iphitos à sa mort.
Chaque période est marquée par une faute :
- Première faute : désobéissance aux ordres d’Eurysthée.
- Deuxième faute : meurtre d’Iphitos.
- Troisième faute : adultère avec Iole.
Chaque faute concerne un élément spécifique de sa personnalité :
- Première faute : il est atteint de folie et tue ses enfants.
- Deuxième faute : il tombe malade physiquement.
- Troisième faute : la tunique trempée du sang de Nessos le condamne.
Pour chaque faute, Héraclès doit consulter l’oracle de Delphes, qui lui indique comment expier sa faute :
- Première faute : il doit accomplir les Travaux.
- Deuxième faute : il doit être esclave de la reine Omphale.
- Troisième faute : il doit mourir sur le bûcher.