Technique de manipulation mentale : la fausse accusation de folie (3b).

I. La classification des personnalités pathologiques.

Cet article est la deuxième partie de la classification des personnalités pathologiques. Elle comprendra les personnalités névrotiques (B) et les personnalités états-limites (C).

B. Les personnalités névrotiques.

Les personnalités névrotiques sont des cas de figure pas très graves contrairement aux psychoses. Elles provoquent des troubles mentaux mineurs.

Les personnalités névrotiques sont centrées sur une organisation fantasmatique structurée autour du complexe d’oedipe. C’est le stade ou l’enfant, c’est arrêté à l’âge de six ans.

Le complexe d’oedipe correspond à un attachement sexuel au parent de sexe opposé entraînant l’élimination du parent rival de même sexe. C’est un conflit intra-psychique qui correspond à une crise qui fait partie de l’évolution affective normale de l’enfant. Pour le garçon, cela correspond à un attachement sexuel pour la mère et qui entraîne le désir d’éliminer le père. Pour la fille, c’est un attachement sexuel pour le père et le désir d’éliminer la mère.

2. l'enfant de 3-6 ans 2.1 le développement moteur et intellectuel

Avant l’œdipe, la mère et l’enfant ont une relation fusionnelle. Dans le cadre de l’Œdipe, le père va devoir séparer la mère de son enfant pour introduire une relation à trois entre enfant, mère et père.

Les buts du complexe d’oedipe :

  • Comprendre la différence des sexes.
  • Comprendre la différence de génération.
  • Amène le tabou de l’inceste.
  • Création du Surmoi.

Si l’Oedipe, c’est bien passé, l’enfant a compris qu’il ne peut pas avoir son père ou sa mère et qu’on devra chercher une personne du sexe opposé dans sa génération. La création du Surmoi permet l’intériorisation de tous les interdits du passé et du présent.

Alors que si l’œdipe, c’est mal passé, il sera tourmenté par les questions de différence des sexes ou de différence de génération.

Dans le cadre des névroses, il y a une structuration psychologique en trois fonctions : Moi, ça et Surmoi.

Le ça est inconscient et constitue le réservoir pulsionnel de notre psychisme. Il ignore les jugements de valeur, le bien, le mal, la morale. Freud le décrit comme « la partie obscure, impénétrable de notre personnalité ». Il est constitué en partie d’un legs héréditaire, c’est-à-dire des éléments génétiques, mais aussi des acquis sociaux, c’est-à-dire de ce qui a été refoulé durant la vie. Le refoulement, c’est lorsqu’on rejette dans l’Inconscient des idées ou images qui rentre en conflit avec d’autres éléments de la conscience.

Le surmoi est formé par l’intériorisation des images idéalisées des parents. Le surmoi de l’enfant est le surmoi de chacun des parents. Il est également constitué de l’intériorisation de sa propre relation avec ses parents. Enfin, il se compose de l’intériorisation des règles et des lois parentales et sociale. Il joue le rôle de censeur à l’encontre du moi. Il est en partie conscient et en partie inconscient.

Le moi est le médiateur entre les exigences pulsionnelles du ça, le monde extérieur et les contraintes du Surmoi. Il subit les pressions des deux autres instances d’un côté et du monde réel de l’autre. Il est le résultat de cette triple confrontation. Un certain nombre de mécanismes de défenses sont mis en œuvre par le moi, en cas d’affects déplaisants ou de représentation non-admissible à la conscience. Il est en partie conscient et en partie inconscient.

L’idéal du moi est une formation narcissique qui va développer un modèle auquel on va vouloir ressembler (image semi-inconsciente que l’on aimerait être). Freud considérait l’idéal du moi plus comme un fantasme que l’homme projette en avant. Ce n’était pas vraiment une instance selon lui. Cela permet d’avoir un modèle qui va nous aider à agir.

Sigmund Freud ne reconnaît que deux formes de névroses :

  • La névrose hystérique.
  • La névrose obsessionnelle.

Les deux formes correspondent à deux manières de gérer le désir correspondant à deux types de mécanismes de défense. Pour l’hystérique, il y a trop de désir, alors que pour l’obsessionnelle, on ne veut pas de désir, mais il revient tout le temps.

Traditionnellement, on intègre aussi une troisième forme de névrose, la névrose phobique. Il me parait important de dire quelques mots sur les phobies, surtout dans les temps que nous traversons. Notre époque semble obsédée par la phobie sous toutes ses formes. Dans mon exposé, je parlerais donc, des trois formes de névroses, même si la névrose phobique n’est pas à proprement parler une personnalité, les phobies étant présente à la fois dans l’hystérie et l’obsessionnelle. Nous aurons donc : les névroses hystériques (1), les névroses phobiques (2) et les névroses obsessionnelles (3).

1. Les névroses hystériques.

L’hystérie était déjà évoquée par Hippocrate dans sa classification des maladies mentales. La pathologie existe donc de longue date et ne soulève aucun doute sur son existence, comme ce sera le cas de la phobie et de la névrose obsessionnelle. Son existence incontestable n’empêche pas une instrumentalisation de la maladie par le monde politique. Une instrumentalisation de longue date et bien avant la Révolution française.

Hippocrate dans son traité “Des maladies des femmes“, décrit l’hystérie comme étant lié à l’utérus (en grec “hyster“, ou “hystera” désignant l’utérus). Il expliquait alors que l’utérus se déplaçait dans le corps, créant ainsi des symptômes.

Platon dans “le Timée” évoque l’hystérie dans ses termes qui font aujourd’hui sourire.

La matrice est un animal qui désire ardemment engendrer des enfants ; lorsqu’elle reste longtemps stérile après l’époque de la puberté, elle a peine à se supporter, elle s’indigne, elle parcourt tout le corps, obstruant les issues de l’air, arrêtant la respiration, jetant le corps dans des dangers extrêmes, et occasionnant diverses maladies, jusqu’à ce que le désir et l’amour, réunissant l’homme et la femme, fassent naître un fruit et le cueillent comme sur un arbre.” (Platon, Le Timée, 91cd).

La thèse d’un utérus féminin vagabond va survivre durant tout le Moyen-âge. On parlait alors de “suffocatio matricis” (suffocation de matrice, la matrice étant l’utérus). L’utérus pouvait se déplacer vers le bas (donnant un prolapsus génital) ou vers le haut (expliquant les suffocations et perturbation des sens). Ultérieurement, on dira que ce n’est pas l’utérus qui se déplace , mais des liquides que celui-ci envoie dans certaines parties du corps pour provoquer des troubles. Enfin, avec Charles Le Pois (1563-1633), c’est le cerveau qui devient le siège de l’hystérie.

Certes, il est de bon ton de rigoler sur les anciennes théories qui imaginaient un utérus comme un animal qui voyageait dans le corps. Si nos ancêtres avaient imaginé cette théorie, c’est qu’ils avaient observé que l’hystérie ne touchait que les femmes. Elle visait surtout des femmes vierges ou veuves n’ayant pas ou plus de rapports sexuels. Ils exprimaient cette idée encore communément admise de nos jours avec leurs mots à eux. Il y a toujours dans cette querelle entre anciens et modernes, un mépris pour les ancêtres.

L’hystérie était perçue, au Moyen-âge, comme une envie d’assouvir un plaisir sexuel. La sexualité hors mariage était un péché. Les rapports sexuels ne devaient avoir lieu qu’entre mari et femme dans le cadre du mariage. On disait alors que les hystériques étaient possédées par le diable.

Je voudrais ici, introduire un long développement sur le cas des possédés de Loudun et plus largement de la relation entre le diable et l’hystérie. Elle me semble emblématique d’une époque de très grande mutation. Il y a en effet un lien étrange entre l’hystérie et les changements civilisationnels. Ce sera également le cas dans la deuxième moitié du XIXe siècle et en ce début de XXIe. Tout cela raisonne d’une étrange actualité.

L’exécution d’Urbain Grandier, d’après une estampe poitevine de 1634.

L’affaire des possédées de Loudun relève sans aucun doute possible de l’hystérie, même si certains psychologues ont prétendu qu’elle pourrait être une forme de schizophrénie. C’est impossible, car il y a la dimension sexuelle qui ne peut pas concerner la schizophrénie. Lorsque je parle de dimension sexuelle, je parle d’elle comme une transgression contre l’ordre établi, ce qui ne peut jamais être le cas pour un schizophrène.

Le phénomène ne concerne pas le Moyen-âge a proprement dit. Il arrive à la fin de celui-ci, à partir du XIVe siècle, il prendra de l’ampleur avec la Renaissance et l’émergence du protestantisme. Dans les pays où il n’y a pas eu de protestantisme, il n’y a presque pas eu de cas de sorcellerie ou de possession.

En vert les sorciers, en rouge les sorcières.

Nous devons bien prendre soin de distinguer la sorcellerie et la possession. Les deux n’ont pas lieu à la même époque et ne concernent pas les mêmes personnes, ni le même processus psychologique. Il y a d’abord “l’épidémie de sorcelleries”, et ensuite “l’épidémie de possessions”.

L’épidémie de sorcellerie commença à l’époque de Philippe le Bel qui constitue en ce sens un tournant civilisationnel majeur, plus encore que la Renaissance. Le XIIIe siècle prépara la Renaissance. L’historien Georges Minois qui rédigea une excellente biographie du roi Philippe le Bel évoque son époque comme un “tournant démoniaque“, en reprenant à son compte l’expression d’Alain Boureau.

Le contexte culturel de l’époque est en train d’évoluer, dans le sens de l’irrationnel. On assiste depuis la fin du XIIIe siècle à une montée du satanisme, mêlée aux histoires d’Antéchrist et de sorcellerie, qu’aggravent les malheurs du temps : accidents climatiques, premières disettes. Pour certains prédicateurs, c’est le début de la grande offensive du diable, dont les agents se multiplient. En même temps, se développe l’obsession du poison, comme l’a montré récemment l’étude de Franck Collard, qui a souligné la fréquence des accusations ayant pour motif ce crime : dans 17 % des cas elles mettent en cause des gens d’Eglise. Boniface VIII vivait dans la peur permanente du poison, et possédait de nombreux instruments censés le détecter. (…) Alain Boureau a qualifié cette époque de “tournant démoniaque.(Georges Minois, Philippe le Bel, Perrin, p. 531-532).

Avec Philippe IV, va éclater un violent conflit entre le roi de France et le pape Boniface VIII. Philippe le Bel va accuser le souverain pontife d’être l’agent du diable. La querelle des deux glaives est plus ancienne que celle entre Philippe et Boniface. Ce qui est nouveau avec eux, c’est qu’on invoque pour la première fois le diable. Cette accusation va ensuite venir nourrir l’obsession diabolique qui va perdurer jusqu’au XIXe siècle.

Enfin, Boniface est indirectement assimilé à l’Antéchrist, ce qui peut faire frémir plus d’un en ces temps d’exaltation prophétique et apocalyptique : l’oeuvre du pape, est-il dit, est foncièrement mauvaise.” (Georges Minois, Philippe le Bel, Perrin, p. 293).

Lors d’un discours du 12 mars rédigé et prononcé par Guillaume de Nogaret le conseiller de Philippe le Bel, celui-ci va accuser le pape d’être l’antéchrist, un faux prophète :

Comme dans un sermon, il part d’un extrait de la seconde épître de saint-Pierre : “Des faux prophètes se sont levés parmi le peuple et, de la même façon, parmi nous, il y aura des maîtres de mensonge” (2Pi. 2, 1). Le présent pape est un de ces faux prophètes : “Est en effet assis sur la chaise du bienheureux Pierre le maître des menteurs, qui se fait appeler Boniface, bien qu’il soit maléfique de tous côtés ; il a donc pris un faux nom” : il devait s’appeler “Maleface (male facit). D’abord, il est illégitime : il a usurpé la place de Célestin V ; c’est un criminel, qui a fait assassiner son prédécesseur ; c’est un fornicateur, un idolâtre, un simoniaque, un adorateur des démons et un hérétique. Plus tard, on ajoutera la sodomie. Des preuves seront apportées en temps voulu. Il faut donc arrêter et juger cet individu dangereux, et pour cela, il faut convoquer un concile oecuménique.(Georges Minois, Philippe le Bel, Perrin, p. 349).

Boniface mourra avant d’être renversé par un concile. Il y aura ensuite des papes à Rome et des papes à Avignon. Lorsqu’on s’intéresse au règne de Philippe le Bel, nous sommes frappés de voir que l’accusation de satanisme, d’hérésie et d’homosexualité revient sans cesse dans la bouche de son conseiller Guillaume de Nogaret.

Constatant les similitudes dans l’arsenal des accusations contre Bernard Saisset, Guichard de Troyes, Boniface VIII et les templiers, Alain Demurger, dans son étude de référence sur les templiers, écrit que “nous avons là quatre affaires “tordues” qui donnent une couleur bien sombre au règne de Philippe le Bel. On sent la patte de Guillaume de Nogaret, dont la méthode consiste à diaboliser l’adversaire, fût-il le pape, et à le transformer en hérétique, en jouant des peurs et des paniques que l’hérésie, la magie, la sorcellerie provoquent, en certaines circonstances et en certains moments de tension et de crise, dans la population, et surtout dans les élites“. (Georges Minois, Philippe le Bel, Perrin, p. 540).

Un processus psychologique très étrange qui ressemble beaucoup à notre époque.

La période de sorcellerie se poursuivra esnuite et atteindra son sommet avec une intense activité entre 1609 (neuf exécutions dans l’année par le juge Pierre de Lancre) et 1630 (trente-et-une exécutions).

Le cas de Pierre de Lancre est très intéressant. Né en 1553 et mort en 1631, il est juge au Parlement de Bordeaux. Il est issu d’une riche famille de marchands et conseillers du seigneur de Lancre. Il a épousé la petit-nièce de Montaigne. Il va participer activement à la chasse au sorcière au début du XVIIe siècle. Il sévira avec une grande violence dans le Béarn. Il viendra accuser des femmes de marins en raison de leurs moeurs réputés libres lors de l’absence de leurs maris parti en mer. Elles étaient également accusés d’être des guérisseuses et des cartomanciennes, mais cela est accessoirs. La vrai accusation qui faits qu’elles sont accusés de sorcellerie, concerne l’activitée sexuelle hors-mariage. Or, vous vous rappelez que l’hystérie est une maladie mentale lié à la sexualité.

De même, le rapport de force est binaire : un juge et un sorcier ou une sorcière. Le juge vient de la capitale, il est issu de la bourgeoisie, alors que le sorcier (prêtre, médecin ou lettré) ou la sorcière, eux viennent d’un milieu rurale et d’un statue social modeste (femme de pécheur pour l’affaire des sorcières du Béarn).

Or, avec les possessions, le rapport de force va changer, la femme passe de la victime à accusatrice, tout en gardant une vie sexuelle débridée.

L’épidémie de possession prend la relève des sorcières, en se poursuivant en parallèle avec celle-ci. Elle commence avec les possédés d’Aix-en-Provence de 1609 à 1611, les possésés de Loudun de 1632 à 1640, les possédés de Louviers de 1642 à 1647 ou les possédés d’Auxonne de 1658 à 1663.

Avec la possession, nous passons de la campagne à la ville, le milieu sociale s’élève, la différence se réduit entre le juge et la victime. Le plus important est le passage du binaire au ternaire à la triangulation du conflit : un juge, un possesseur (un homme) et une possédée (une femme). Toujours un arrière fond de libertinage féminin, mais cette fois-ci la femme possédée va accuser un homme de l’avoir possédée. Le changement est très important, car la femme passe du statu de coupable a celui de victime. Le coupable devient l’homme. Il devient la victime des accusations féminines. Le statu social du coupable n’est pas sans importance, car c’est souvent un prêtre. C’est d’une certaine manière une façon de mettre en cause l’église catholique de manière indirecte.

L’hystérie découle de l’impossibilité de liquider le complexe d’oedipe. Avec les névroses, comme nous l’avons vu, l’oedipe a eut lieu, mais il c’est mal passé. A l’âge adulte on espère toujours pouvoir réaliser son scénario oedipien correctement, c’est pour cela que la personne ne va cesser de jouer sur le registre de la séduction et de l’érotisation des attitudes. Cependant, le Surmoi va culpabiliser les tentatives de séduction et provoquer la fuite de l’intéressé lorsque la séduction va réussir.

Cela va créer une terrible angoisse que la personne devra contrecarré par un mécanisme de défense spécifique aux névorise, le refoulement. Le refoulement va se transformer par une conversion sur le corps. On parle alors de somatisation. La libido va aller vers la personne. Cela correspond à l’introversion de la classification jungienne des personnalité. Je ne rentrerais pas dans le détail sur la signification de la partie du corps qui reçoit la somatisation. Il faut aller au plus simple pour être compris du plus grand nombre.

La personnalité hystérique comporterait neuf traits de caractères, selon Bergeret, le théâtralisme ou histrionisme (a), la l’érotisation de la relation (b), la demande affective (c), le mensonge et l’affabulation (d), la suggestibilité (e), la labilité émotionnelle (f), facilitatio des relations ou tension (g) tendance à la rêverie (h) et la timidité et l’infantilisme (i).

a. Théâtralisme ou histrionisme.

Les crises observées actuellement sont très atténuées comparées aux grandes crises du temps de Charcot. Les femmes se roulaient par terre et hurlaient la bave aux lèvres. Actuellement les crises sont dites mineures. le maximum de l’agitation va jusqu’a l’agitation, des larmes, des spasmes, de la toux, du hoquets, des crampes, de l’asthénie physique ou des contracture. Lors de mes études de psychologies, il y a quelques années, l’hopital psychiatrique de ma ville avait encore une hystérique a l’ancienne. Notre chargé de TP en psychologie clinique nous à emmené la voir dans sa cellule dans le cadre d’une séance sur cas pratique. Une expérience très impressionnante qui me marqua à vie.

Le théâtralisme a sa source dans l’ambivalence des désirs : le sujet hystérique veut séduire et pour cela stimule chez l’autre l’excitation érotique mais la personne redoute les conséquences de cette séduction. Cela va créer une réaction plus ou moins violente de son corps (la conversion ou somatisation).

b. Erotisation de la relation.

L’hystérique cherche à solliciter l’intérêt d’autrui, il est préoccupé par l’opinion et la reconnaissance des autres. Les attitudes, le comportement, la conduite, la tenue vestimentaire, le maquillage, les propos, le discours, tendent à attirer l’attention et à séduire.

Il doute de sa propre valeur et a, par conséquent, toujours besoin d’être rassuré par une relation sécurisante. La personne echerche protection affection, et sécurisation. La quête affective est forte : certains auteurs parlent d’avidité affective qui le place dans une grande dépendance affective.

La conduite de séduction permanente peut être trompeuse, car une réponse favorable de l’autre va souvent produire la fuite ou la rupture.

Il y a un double mouvement de séduction et de retrait qui marque l’ambivalence véritable de l’hystérique au niveau de la sexualité, qui est recherchée et crainte en même temps.

c. La demande affective.

L’hystérique recherche la protection, l’affection et déploie des trésors de séduction pour capter l’intérêt de l’autre. L’objectif est d’obtenir la sollicitude, que ce soit en position de force ou de faiblesse. C’est une demande de type infantile. Elle illustre les premiers temps de l’Œdipe quand l’enfant désire séduire le parent de sexe opposé, alors que ce désir va déclencher une sorte de culpabilité vis-à-vis du parent du même sexe.

d. Le mensonge et l’affabulation.

La personne hystérique se comporte comme un acteur, mais il n’est pas aussi convaincant qu’un vrai comédien. Exprimant ses émotions avec démesure, il paraît excessif et inauthentique. Le sujet est excessif parce qu’il ressent les choses avec excès, il est débordée par l’émotion. Jouer un rôle, jouer un personnage évite a l’hystérique une rencontre authentique avec autrui. Il se cache derrière des déguisements ou un personnage qui n’est pas lui.

e. La suggestibilité.

De ce désir de plaire découlent la plasticité et la suggestibilité de l’hystérique. L’hystérique est capable de changer de rôle et d’avis en fonction de ses interlocuteurs. Il manifeste indéniablement une certaine plasticité. Il peut en effet, s’attacher à toute personne lui manifestant un intérêt jusqu’à imiter sa voix, s’habiller comme le modèle et lui ressembler.

f. La labilité émotionnelle.

Le théâtralisme de l’existence a comme corollaire la réactivité excessive sur le plan émotionnel, l’absence de contrôle émotionnel. C’est la labilité émotionnelle. Elle s’exprime dans une oscillation de réaction contrastées : de la joie débordante au découragement, de l’attachement aveugle à l’oubli. Il montre sans contrôle et sans retenue, les affects fluctuants qui le submergent. La personne se positionnant dans le désir de l’autre, ne peut se fixer dans une identité personnelle, authentique, stable et ne peut que montrer une instabilité émotionnelle et caractérielle en lien avec le mécanisme de l’identification.

g. Facilitation des relations ou tension.

L’effort de séduction peut faciliter les relations sociales ou au contraire, créer des tensions importantes. Le désir d’être au centre d’un groupe déclenche parfois, des conduites de rivalité chez les interlocuteurs entraînant un rejet. le rejet peut provoquer en retour une attitude agressive.

h. Tendance à la rêverie.

Certains hystérique présentent une tendance à la rêverie, qui permet une réalisation fantasmatique des désirs. Le rêve permet d’assure le plaisir, alors qu’il est impossible dans la réalité. Ainsi la personne va vivre dans un monde imaginaire, ce qu’il ne peut vivre concrètement à cause de ses inhibitions, de son angoisse, de ses mécanismes défenses et de ses symptômes.

i. La timidité et l’infantilisme.

Certains hystérique sont timides et affichent un certain infantilisme dans les propos, la voix, la tenue ou le comportement. Il espère, par un comportement infantile, attirer l’attention et la protection d’autrui.

2. Les névroses phobiques.

La phobie est une crainte angoissante déclenchée par un objet déterminé ou une situation donnée, non dangereux objectivement mais subjectivement considéré comme dangereuse par la personne. La crainte disparaît en dehors de l’objet ou de la situation qui a déclenché la phobie.

Comme la crainte disparaît en l’absence de l’objet ou de la situation phobogène, la personne va éviter l’objet ou la situation qui provoque sa phobie. On appelle cela l’évitement. C’est un des indices qui permet de détecter la phobie chez une personne.

On va également adopter une attitude dite de réassurance par l’intérmédiaire d’un objet ou d’une personne dite “contra-phobique”. C’est en quelques sorte comme le rôle du “doudou” chez l’enfant.

Enfin, la personne peut se rendre compte du caractère absurde de sa crainte et s’engager dans une fuite en avant comme un comportement de défi vis-à-vis de sa phobie. On constate alors une hyperactivité ou un affrontement de l’obstacle considéré comme insurmontables.

On distingue deux types de phobies :

Les phobies de situation :

  • L’agoraphobie qui est la peur de sortir dans des lieux publics.
  • La claustrophobie qui est la peur des espaces clos.
  • La phobie des moyens de transports qui est la peur insurmontable d’emprunter un moyen de transport.

Les phobies sociales : peur d’être observé par autrui. On considère cela comme humiliant ou embarrassant.

  • La peur de parler en public.
  • La peur de boire et de manger en public.
  • La peur d’utiliser les toilettes.

Sigmund Freud, non sans raison, rapproche la névrose phobique de la névrose hystérique. Il nous dit que c’est le même type de personnalité, mais avec une différence fondamentale. Si dans le cas de la névrose hystérique, la conversion va se diriger vers le corps de la personne (une introversion de l’angoisse), la névrose phobique va déplacer l’angoisse sexuelle vers l’extérieure (extraversion).

Comme, je l’ai déjà dit plus haut, cela reprend la distinction fondamentale de Carl Gustav Jung dans son livre “Types psychologiques”.

  • Hystérique : conversion sur le corps (introversion).
  • Phobique : déplacement sur une situation extérieure (extraversion).

Il faut aussi dire que les psychologues modernes, surtout en France, refuse de considérer la névrose phobique comme un type de personnalité. Ils considère que les phobies sont présente dans tous les types de personnalités. J’ai choisi ce point de vue en donnant pas de traits de personnalité comme pour les autres personnalité. En revanche, j’ai souhaité garder un chapitre sur la névrose phobique en raison de son importance politique pour notre époque. En effet, j’ai constaté un développement intense des phobies politiques ou religieuses depuis la fin du XXe siècle jusqu’à nos jours a cause de deux lois très importantes : la loi Pleven de 1972 et la loi Gaysot de 1989.

Avant la loi Pleven, il y eu le décret-loi Marchandeau du 21 avril 1939. Le texte modifiait la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.

La poursuite pourra être exercée d’office par le ministère public, lorsque la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine à une race ou à une religion déterminée, aura eu pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants.”

Les poursuites ne pouvaient être engagées que par le Procureur de la République. Elles ne concernaient que la diffamation et l’injure. Le texte était très limité dans son application, ce qui n’empécha pas son abrogation quelques mois plus tard par le régime de Vichy. Il faut aussi dire, pour être complet, que Paul Marchandeau fut un des soutien du Maréchal Pétain, comme le relate Simon Epstein dans son livre “Le paradoxe français”. Il vota les plein pouvoirs, fut maire de Reims et président de l’association des maires de France sous l’occupation. Il également franc-maçon à la loge “la sincérité” de Reims.

La loi Pleven du 1er juillet 1972 va véritablement instaurer le délit d’opinion et installer une “phobisation” de la vie politique.

Ceux qui, par l’un des moyens énoncés à l’article 23, auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, seront punis d’un emprisonnement d’un mois à un an et d’une amende de 2.000 F à 300.000 F ou de l’une de ces deux peines seulement.” (article 24, alinéa 5 loi du 29 juillet 1881)

Il n’est plus question d’injure ou de diffamation, mais d’une simple discrimination, ce qui a pour effet de pénaliser toutes les opinions émises par quelqu’un dès lors qu’elle établis une discrimination entre des individus. Son concernés l’éthnie, la nationalité, la race ou la religion. Viendront ensuite s’ajouter, aux grès des lois, le sexe, l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou le handicap.

Depuis cette date, dans le champ politique, les mot en “phobie” vont se multiplier. Tout devient une phobie, une simple opinion, une critique même modeste se trouve psychiatrisé. Un phénomène nouveau, voir même unique dans l’histoire qui permet de limiter de manière exceptionnel la liberté d’expression. C’est une obsession de l’époque (je parlerait dans la partie suivante de la névrose obessionnelle). Je ne peut pas m’étendre dans cette article sur ce sujet, pourtant majeur. Sans doute trouverais-je le temps de rédiger plusieurs articles sur les pathologie collective, souvent annonciatrice de grande catastrophe.

Chaque catégorie sociale, raciale, religieuse ou sexuelle va inventer sa propre “phobie” pour interdire toute critique et discréditer ses opposants :

  • catégories raciales : xenophobie, négrophobie, leucophobie.
  • catégories religieuses : judéophobie, islamophobie, christianophobie, cathophobie.
  • catégories sexuelles : homophobie.

Une place particulière pour le terme “antisémitisme” qui ne reprend pas le terme “phobe“. C’est étonnant en effet de ne pas parler de “sémitophobe”. Il y a ici une volonté évidente de ne pas psychiatriser le terme. C’est un élément très important qui n’est jamais soulevé par personne.

Judéophobie : peur des Juifs. Sémitophobie : peur des peuples sémites. Antisémitisme : opposition aux peuples sémites. On désire mettre en avant, non pas la peur des sémites, mais l’opposition aux sémites.

Logique lorsqu’on constate que la simple critique, donc une opposition à un “sémite” est qualifié d’antisémitisme. Ce terme est utilisé avec un abus exceptionnels pour faire taire les gens. Il y a une criminalisation de l’opposition aux sémites.

Etonnant.

Pourquoi interdire de s’opposer à un sémites. S’opposer est une chose naturel. S’opposer ne veux pas dire avoir de la haine ou de l’hostilité ou de la violence. Il y a un dangereux racourcie commis par les médias, le pouvoir politique et surtout les tribunaux. Pour un malheureux mots de travers, une critique percu comme blessante et votre vie est brisée. Cela va treès loin. Une simple opposition aux idées de Bernard-Henri Levy, de Jacques Attali ou d’Alain Finkelkraut est qualifié immédiatement d’antisémitisme.

Voir par exemple les gilets jaunes qui avaient “interpelé” Alain Finkielkraut lors d’une manifestation dans les rues de Paris. Alain Finkielkraut, n’est ni sémite, ni juif (puisqu’il se revendique “athée”).

Autre exemple, la pancarte “qui” de Cassandre.

Aucun de ses deux exemples ne comporte des injures, des appels aux meurtres ou à la violence Et pourtant, les deux furent condamnés pour antisémitisme sur le fondement de la loi de 1972. On utilisa ces fausses accusations pour discréditer les gilets jaunes ou les opposants au pass sanitaire.

3. Les névroses obsessionnels.

Le terme névrose obssessionnelle fut utilisé pour la première fois par Sigmund Freud en 1894. Avant on parlait plutôt de “folie raisonnante” (Philippe Pinel), de “monomanie” ou de “délire partiel” (Jean-Etienne Dominique Esquirol). Freud va d’ailleurs exposé deux théories des névroses obsessionnels.

Dans la première théorie, il va considérer que l’obession est lié à un traumatisme sexuel dans l’enfance qu’il va ensuite à l’adolescence ou à l’âge adulte conjurer par des obsessions afin d’empêcher le retour du désir sexuel.

Dans la deuxième théorie, Freud intègre la névrose obsessionnelle dans l’évolution de la libido chez l’enfant. Nous l’avons vu dans l’article précédent. Chaque catégorie de personnalité correspond à un stade du développement libidinal : psychose (stade buccal), état-limite (anal) et névrose (stade phalique). le stade phallique est celui où se réalise le complexe d’Oedipe. Si pour l’hystérique l’oedipe a été accompli, mais il c’est mal passé, ce qui laisse un traumatisme, pour l’obssessionnel va fuir la réalisation de l’Oedipe en régressant au stade précédent, de la génitalité à l’érotisme anal. Il refuse le désir sexuel. Cela va créer une sexualité de type sadique jouant sur les rapport anaux et sur l’alternance entre passivité et aggressivité.

Au niveau de la deuxième topique, le Surmoi est dur, cruel et rigide surtout vis-à-vis des pulsions sexuelles. Le Ca exige la satisfaction des désir sexuel, et de manière de plus en plus impérieux. Le Ca cherche à la fois à obtenir la réalisation du désir et en même temps à le détruire. Ce sont des pulsions sexuelles cruelles et violentes. Le Moi doit lutter sur tout les front, contre un Surmoi très rigide et contre un Ca pervers. A cela s’ajoute une lutte permanente contre le retour du refoulé. Le moi est donc assiégé de toute part.

Toujours selon Sigmund Freud, les névroses obssessionnelles arrivent après la période de latence. La période de latence commence à partir de douze ans chez l’enfant et marque le retour du désir sexuel. C’est le début de l’adolescence.

Chez l’obsessionnel, il faut distinguer l’obsession, de la compulsion et des rituels de vérifications.

Une obsession est une idée, une réponse constante qui fait irruption dans la pensée d’une personne indépendamment des circonstances. Il se sens envahie par cette pensée étrangère à sa volonté. Il va lutter pour chasser les idées obsédantes soit par d’autres pensées, soit par des actes et des rituels.

Il y a 3 types d’obsessions :

  • Idéative : ruminations interminables (“la folie du doute“). L’objet de l’obsession peut être une idée concrète, une idée abstraite ou le propre comportement du sujet.
  • Phobique : le sujet pense à certaines situations (la propreté, la saleté et la contamination par les microbes).
  • Impulsive : peur de commettre un acte absurde ou violent contre sa volonté, peur de se jeter dans le vide, de blesser quelqu’un, de dire des insultes en public, mais le sujet ne les réalise jamais.

La compulsion est un acte accompli par la personne qui le considère comme absurde, ridicule ou gênant mais qui s’impose a lui de manière incoercible. Les compulsions renvoient à un comportement et non pas a une pensée. C’est en cela qu’elle se différencie de l’obsession. Il reçoit un ordre intérieur qui lui dicte ce qu’il doit faire. Il se sent obligé d’accomplir cet acte. Il va se mettre a toucher certain objet, a faire certain calcul mentaux afin de ne pas réaliser cet acte.

Les rituels peuvent être, soit des comportements effectifs visible par les autres, exécutés de manière immuable, soit des actes mentaux comme l’arithmomanie (consiste à compter sans cesse). Ils transforment le sujet en véritables automates dont la vie est rythmée par une séquence de gestes surprenants.

Les grands types de rituels sont :

  • Les rituels de nettoyage et de lavage.
  • Les rituels d’évitement.
  • Les rituels de répétition.
  • Les rituels de vérification.
  • Les rituels d’habillement ou de toilette.
  • Le collectionnisme : concerne les collections n’ont aucune valeur esthétique, scientifique ou sentimentale.
  • La procrastination : désigne une tendance à remettre indéfiniment à plus tard une activité ou une décision.

La crise sanitaire du corona-virus est selon moi une crise psychiatrique qui relève de la névrose obsessionnelle. Phobie des virus et de la maladie qui pousse les gens a se protéger par des rituels : masques, nettoyages abussifs des mains, peur du contact physique, de cotoyer les autres. J’ai en projet de faire plusieurs articles sur le sujet des pathologies collectives. Cela nécessiterait trop de développement pour en parler dans cet article.

La personnalité obsessionnelle connaitrait quatre traits de caractères, selon Bergeret, l’hypercontrôle (a), la constriction émotionnelle (b), la perturbation des rapports aux autres (c) et la puissance de la pensée (d).

a. L’hypercontrôle.

L’obsessionnel est décrit comme perfectionniste et trop méticuleux. Il à le souci de l’ordre matériel, social ou moral. Il a besoin de symétrie et d’exactitude.

Il y a chez lui une indécision a cause d’un doute permanent.

Les obsessionnels ont un rapport à l’argent qui est fondamental. Il gère très bien leur budget.

Il aime la propreté.

b. La constriction émotionnelle.

L’obsessionnel est atteint d’une froideur émotionnelle (constriction émotionnelle) et d’une psychorigidité (rigidité de la pensée, têtu). L’obsessionnel est décrit comme un sujet froid, impassible, ayant une forte tendance à l’intellectualisation afin de se préserver des débordements émotionnels. Ces personnalités redoutent les débordements émotionnels. Pour eux, il est donc normal de penser et de dire que des sentiments tels que la haine, l’amour et la peur peuvent se planifier, se raisonner et s’organiser.

c. Rapports aux autres.

La personnalité obsessionnel est égoïste, autoritaire même avec sa famille, en faisant passer sa vie professionnelle avant sa famille.

Les relations interpersonnelles peuvent être bonnes, c’est à dire qu’ils peuvent être remarquablement bien adaptés, surtout si leur activité professionnelle sollicite leurs traits de personnalité.

Ces personnalités se considèrent volontiers comme efficaces volontaire et responsables. Cela contraste avec l’image qu’ils ont des autres qui est souvent perçus comme irresponsable et incompétent. Il y a donc un certain mépris d’autrui.

d. La puissance de la pensée.

Il y a une très forte tendance à l’intellectualisation chez les obsessionnel. Il parle beaucoup avec une multitude de détail sur les thèmes qu’ils connaissent bien.

Ils ont une très bonne mémoire.

Ils raisonnent par la logique, le respect de la morale et l’importance du détail, ce qui conduit la personnalité obsessionnelle a avoir une vision analytique des situations. Néanmoins, les hésitations et le perfectionnisme produisent souvent une forme de mal-être qui se caractérise par l’impression que les idées se bousculent dans la tête et par l’impossibilité pour lui de hiérarchiser les idées et les tâches à accomplir.

C. Les personnalités états-limites.

Les états-limites ne sont pas une structure, on parle plutôt d’astructuration. L’astructuration désigne un fonctionnement psychique qui est plus ou moins à la limite du fonctionnement névrotique ou du fonctionnement psychotique. La personne n’a ni une structure névrotique, ni une structure psychotique. C’est très important à comprendre. C’est pour cela que l’on parle d’états-limites, car leurs personnalités sont à la limite d’une personnalité structurée psychotique ou névrotiques.

Le Moi a dépassé le danger du morcellement propre des psychotiques. Mais le début de l’œdipe n’est pas abordé dans des conditions normales. Un événement est vécu comme une frustration très forte. Cette frustration est perçue comme un risque de perte, alors que la personnalité est insuffisamment mûre et organisée. La personne est incapable de faire face à la situation, car l’émoi pulsionnel est trop intense. Bergeret parle de traumatisme psychique précoce.

La régression devant l’Oedipe entraîne les éléments du Surmoi en formation vers des fixations antérieures, c’est-à-dire a un idéal du Moi puéril et gigantesque.

La relation d’objet est caractérisée par une dépendance à l’autre et par une relation anaclitique. L’anaclitisme décrit le fait de s’appuyer contre, c’està-dire que l’on est dépendant de l’autre. Le sujet cherche à être aimé de l’autre et il va s’appuyer sur lui pour vivre. La proximité de l’autre est vitale. La relation anaclitique est une relation de grande dépendance à l’autre.

L’état-limite se caractérise par une division du Moi en deux secteurs :

  • Un secteur du Moi est adapté à la réalité extérieure.
  • Un secteur du Moi est fixé aux besoins narcissiques et anaclitiques.

Cette dualité se différencie du clivage du moi des structures de personnalités psychotiques, car chez les psychotiques, il y a la peur constante de l’éclatement du Moi, alors que la division en deux secteurs évite la menace d’éclatement. La personnalité état-limite n’a plus peur de l’éclatement de sa personnalité. L’angoisse de l’état-limite est une angoisse de perte de l’objet et de dépression.

II. Contestation de cette classification.

La classification des personnalités selon la psychiatrie, et donc des pathologies qui lui sont associés va être remis en cause par un certain nombre d’auteurs au XXe siècle, dont le mouvement de l’anti-psychiatrie n’est que l’élément le plus connu.

L’anti-psychiatrie est apparue dans les 1960-1970. En réalité, elle remonte au premier temps de la psychiatrie par une contestation de l’enfermement des fous et la classification des maladies. J’aimerais parler de la célèbre expérience de David Rosenham qui, selon moi, clôt définitivement le débat sur l’escroquerie de la psychiatrie (A). J’aimerais également évoquer ce que Michel Foucault appelle le “grand renfermement“, une arme utilisée par le pouvoir bourgeois contre ses opposants politiques et sociaux (B).

A. L’expérience de David Rosenham (1973-1975).

L’expérience de Rosenham, c’est déroulé en deux étapes : une première étape consiste à faire interner des “faux patiens” en bonne santé (1) et la deuxième étape a demander a des hôpitaux psychiatriques d’identifier de faux malades aux seins de leurs hopitaux (2).

1. Première partie.

Les expérimentateurs vont envoyer sept faux patients dans douze hôpitaux psychiatriques afin de simuler des hallucinations auditives suggérant le “vide”, “le vain”, “le creux”. Les symptômes avaient été volontairement choisis pour ne correspondre à aucune pathologie psychiatrique connue.

La totalité des faux patients vont être internés pour troubles psychologiques. Une fois admis, ils avaient pour consigne de se comporter normalement et de dire qu’ils allaient bien et n’entendaient aucune voix. Les dossiers médicaux consultés par David Rosenham indiquent que les faux patients étaient cordiaux et coopératifs avec le personnels.

Les hôpitaux choisis pour l’expérience sont de tout type, des hôpitaux publics ou des cliniques privés, des hôpitaux ruraux sous-financés ou délabrés ou des hôpitaux urbains. Notons une différence sociale de traitement selon que l’hôpital soit public (pour les geux) ou privé (pour l’oligarchie). Dans les hôpitaux publics, les “faux-patients” seront diagnostiqués comme schizophrènes, alors que dans les cliniques privés, ils seront considérés comme atteint d’une psychose maniaco-dépressive (PMD). La PMD étant un diagnostique beaucoup plus léger que la Schizophrénie.

Le personnel de l’hôpital échouera dans chaque cas à détecter la supercherie, et restera, au contraire persuadé que les pseudo-patients étaient atteints d’une grave pathologie mentale.

Chose étonnante, que montre le docteur Rosenham, c’est que les autres patients avaient, eux, compris que les “faux-patients” étaient en bonne santé. Ils les soupçonnaient d’être des journalistes qui enquêtaient sur les hôpitaux.

En revanche, le personnel médical interprétait chaque acte du “faux-patient” comme une manifestation de la maladie mentale. Il en sera de même de la vie du patient qui sera réécrite et réinterprété pour correspondre au diagnostique initial.

La fin de l’expérience fut d’ailleurs souvent tragique. David Rosenham a connu les plus grandes difficultés pour obtenir la “libération” de ses expérimentateurs. Ils seront contraints et forcés d’accepter le diagnostique et donc de prendre des médicaments afin d’être libérés. Certains hôpitaux refuseront résolument de libérer les expérimentateurs obligeant le docteur Rosenham à intenter une action en justice pour les faire libérer.

2. Deuxième partie.

La seconde partie de l’expérience consiste à demander au personnel d’un hôpital psychiatrique d’identifier de “faux patients” parmi leurs “vrais patients” internés dans les trois derniers mois.

Sur 193 patients concernés, l’hôpital prétendra découvrir 41 ou 42 imposteurs.

Or, le docteur David Rosenham n’avait envoyé aucun “faux patient” dans cet hôpital.

Le personnel soignant détecta faussement comme imposteurs un grand nombre de vrais malades.

Les deux expériences provoqua un véritable malaise dans le monde médical. Car en effet, il permet de mettre en évidence la véritable imposture de la psychiatrie moderne, surtout lorsqu’il s’agit de pathologie “politique” comme la schyzophrénie” et la “paranoïa”. Le malaise est encore plus grand lorsqu’on découvre que la psychiatrie est utilisé depuis plusieurs siècles comme un outil de répression politique à travers ce que Michel Foucault le “Grand renfermement”.

B. L’utilisation de la psychiatrie contre les opposants politiques : le “grand renfermement”.

Il y a quelques mois, un homme a été interné dans un hôpital psychiatrique pour avoir crié à Emmanuel Macron “Macron démission, Benalla en prison“.

De même, une dame qui avait jeté de la farine sur François Hollande fut internée d’office dans un hôpital psychiatrique lillois sur ordre du préfet du Nord. Je pourrais multiplier les exemples qui ont marqué l’actualité ces dernières années.

Nous sommes loin, très loin de la maladie mentale. C’est une lutte ouverte qui a été déclarée contre les opposants politiques au régime. Sur ce point, la France n’a rien à envier à l’URSS ou même au troisième Reich.

Dans son excellente “Histoire de la folie“, Claude Quetel montre que le nombre d’internement psychiatrique ira en grandissant à partir de la Révolution française. Il vient prendre le contre-pied du célèbre livre de Michel Foucault “la folie à l’âge classique“. Il est parfois injuste avec lui, intitulant l’un de ses chapitres “L’évangile salon Foucault“, pinaillant ici sur une erreur de date, là sur un mot mal employé.

Les deux auteurs ont partiellement raison. J’exposerais donc les deux points de vue successivement.

La thèse de Michel Foucault est de dire que l’Ancien Régime à partir du XVIIe siècle est la période du “grand renfermement” des fous et que la Révolution française sera le moment de leurs libérations.

Il donne deux dates :

1656 : “création de l’hôpital général et grand renfermement des pauvres“.

1793 : “libération des enchaînés de Bicêtre“.

1656, est le passage d’une gestion humaine de la folie par le monde médiévale à une gestion politique de la folie.

Dans son fonctionnement, ou dans son propos, l’Hôpital général ne s’apparente à aucune idée médicale. Il est une instance de l’ordre, de l’ordre monarchique et bourgeois qui s’organise en France à cette même époque. (…) C’est le moment où la folie est perçue sur l’horizon social de la pauvreté, de l’incapacité au travail, de l’impossibilité de s’intégrer au groupe.” (Michel Foucault, Histoire de la folie à l’âge classique).

Michel Foucault établit une corrélation entre la “folie” et la “pauvreté”. On accuse les pauvres d’être fous. On les enferme pour les empêcher de nuire à la bourgeoisie et à la nouvelle vision de la monarchie. Il y a clairement un lien entre folie et lutte politique. A l’époque médiévale, le pauvre était soigné, éduqué et aidé. C’est la vision catholique du monde. C’est l’introduction du protestantisme en France qui va changer la vision du pouvoir royal, et même de l’église, à l’encontre des gens les plus modestes. On va désormais considérer le pauvre comme atteint de folie et de diffuser des maladies (peste ou syphillis), de mendier de manière insolente, de provoquer des émotions populaires ou de diffuser des hérésies. Rien n’a changé avec le COVID ou les gilets jaunes. Cela permet de comprendre le comportement des élites modernes vis-à-vis des gueux. On confine, on met à l’asile le gueux pour l’empêcher de nuire à l’oligarchie. C’est le début de la lutte des classes.

Sur ce point, Michel Foucault a totalement raison.

C’est la création de l’hôpital général de Paris en 1656 qui va constituer la première pierre de l’édifice aliéniste.

Là où Claude Quétel a raison, c’est 1793 ne constitue pas la fin du “Grand renfermement”, mais plutôt son amplification jusqu’à atteindre des proportions démentielles. La Révolution va se faire la continuatrice de l’Ancien Régime.

Il donne un tableau du nombre des internés, en France, à la page 312.

Date.Nombre d’internés.% de la population totale.
1690environ 1 500.0,007
1789environ 5 0000,019
1834environ 10 0000,033
185121 3530,059
187137 7170,104
188350 4180,13
193188 4270,21
1969118 0000,236
2022

En effet, la Révolution française loin de libéré le fou de l’asile, va reprendre la technique à son compte pour lutter contre l’opposition. De 1 500 internés en 1690, nous sommes passés à 118 000 en 1969. De 1 internés pour 13 333 habitants nous sommes passés à un internés pour 422 habitants.

Un interné sur 422 habitants en 1969.

Vous rendez-vous compte du chiffre.

On comprend mieux pourquoi une personne qui crie ‘Macron démission” ou une jeteuse de farine sur Hollande termine dans une maison de fou. C’est la porte ouverte à tous les abus.

B. La classification des personnalité de Jung.

Carl Gustav Jung, dans son livre “Types psychologiques” va reprendre la classification antique des personnalités pour la moderniser. Il expose les différentes personnalités (de la page 323 à la page 400, de l’édition en poche de Georg. Il dinstingue entre les personnalités introvertis (1) et les personnalités extravertis (2).

1. Les personnalités introverties.

Il y a quatre types de personnalité introvertie, selon quatre fonctions principales.

2. Les personnalités extraverties.

Les personnalités extravertie

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