IX-34 : la fuite de Varennes (1791) et la prise des Tuileries (1792).

Le part solus mary sera mitré,

Retour conflict passera sur le thuille :

Par cinq cens un trahyr sera tiltré,

Narbon et Saulce par conteaux avons d’huile.

peinture représentant L’arrestation à Varennes
L’arrestation du roi et de sa famille à Varennes. Toile de Thomas Falcon Marshall (1854).

L’époux seul (« le part solus »), affligé (« marri »), sera coiffé du bonnet phrygien (« sera mitré ») à son retour de Varennes (le 20 juin 1792). Une attaque sera dirigée (« un conflict passera ») contre les Tuileries (« le Thuille »).

Le roi sera trahi par un noble (« un tiltré ») nommé Narbonne (« Narbon ») et par un fils et petit-fils de chandeliers-marchands d’huile, nommé Sauce (« Saulce avons d’huile »).

Le comte de Narbonne, fut son ministre de la guerre, alors que Sauce était procureure-syndic de la commune de Varennes, qui le fera arrêter dans cette ville.

La fuite de Varennes aura lieu cinq cent ans (« Par cinq cens ») après un autre évènement historique. 1791 – 500 = 1291. En 1291, Saint-Jean d’Acre, la dernière cité française en terre sainte tombe sous les coups des troupes musulmanes. C’est le début du déclin de la puissance templière. Elle perd son assise territoriale.

Article Wikipédia Louis XVI.

Journée du 20 juin 1792

Face à la déroute de l’armée, au renvoi des ministres Servan, Roland et Clavière, et au refus du souverain d’adopter les décrets sur la création du camp de fédérés et la déportation des prêtres réfractaires, les Jacobins et les Girondins entreprennent une épreuve de force pour le 20 juin 1792, date anniversaire du serment du Jeu de paume. Plusieurs milliers de manifestants parisiens, conduits par Santerre, sont ainsi encouragés à se rendre au Palais des Tuileries pour protester contre la mauvaise gestion de la guerre.

Journée du 20 juin 1792. Confrontation entre les insurgés et Louis XVI. Bouillon et Vérité, 1796.

Seul, Louis XVI reçoit les émeutiers (“Le part solus mary“). Ceux-ci exigent du roi qu’il annule ses vetos et rappelle les ministres congédiés. Pendant cette longue occupation (qui dura de 14 heures à 22 heures), le roi ne cède rien mais garde un calme saisissant. Il affirme : « La force ne fera rien sur moi, je suis au-dessus de la terreur ». Il accepte même de porter le bonnet phrygien (“mitré“) et de boire à la santé du peuple. Pétion par lever le siège en assurant au roi : « Le peuple s’est présenté avec dignité ; le peuple sortira de même ; que votre Majesté soit tranquille »

Caricature de Louis XVI, coiffé du bonnet phrygien, buvant à la santé de la Nation (auteur anonyme, 1792).

Prise des Tuileries (10 août 1792)

Description de cette image, également commentée ci-après

Article Wikipédia Jean-Baptiste Sauce.

Jean-Baptiste Sauce (“Saulce“), né le à Varennes-en-Argonne et mort le à Saint-Mihiel, est une personnalité de la Révolution française.

Épicier-chandelier (“avons d’huile“), il était, quoique peu instruit, estimé de ses compatriotes qui l’avaient nommé procureur-syndic de sa commune : en l’absence du maire, George, député à l’Assemblée nationale, il était le premier magistrat de Varennes. C’est en cette qualité qu’il accueille Louis XVI et sa famille le 21 juin 1791, lors de la fuite de la famille royale et son arrestation (“par conteaux“).

Il perd sa charge quand on apprend que Louis XVI lui a envoyé 20 000 livres en témoignage de reconnaissance pour les égards qu’il a eu envers la famille royale lors de cet épisode.

Sa femme tombe dans un puits et se tue en voulant échapper aux Prussiens en 1792.

Il termine sa vie comme greffier en chef du tribunal de Saint-Mihiel puis comme greffier de la cour de justice criminelle du département de la Meuse. 

Article Wikipédia Louis Marie de Narbonne-Lara.

Louis-Marie-Jacques-Almaric de Narbonne-Lara, né à Colorno le , mort à Torgau le , est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Au début de la Révolution, il embrassa les idées nouvelles et se lia à des nobles libéraux tels que le duc d’Aiguillon. En 1790, alors qu’il se trouvait en garnison à Besançon, il parvint à maintenir l’ordre malgré des troubles et fut nommé commandant en chef de la garde nationale du Doubs. Il revint toutefois à Paris, où il devient célèbre en étant l’amant de Madame de Staël. En 1791, Narbonne accompagna à Rome les tantes de Louis XVI : Mesdames Adélaïde et Victoire, ses supposées demi-sœurs (“Narbon“).

Nommé le 4 septembre 1791, par le roi, Maréchal de camp, il devint ministre de la guerre le 6 décembre 1791. Ni Louis XVI ni Marie-Antoinette ne l’appréciaient, mais sa nomination devait barrer la route à La Fayette que la famille royale détestait. En vue de la guerre prochaine, Narbonne visita les frontières du royaume pendant son ministère, et fit, à la suite de ce voyage, un brillant rapport à l’Assemblée législative sur les ressources militaires de la France ; il organisa trois armées sous les ordres des généraux Rochambeau, Luckner et La Fayette.

Cependant, il ne cessa d’être attaqué par les brissotins et les députés cordeliers comme Chabot. Au sein du ministère, il fut la cible des royalistes comme Bertrand de Molleville. Celui-ci obtint son renvoi le 9 mars 1792.

Le comte rejoignit alors l’Armée de l’est puis l’état-major de Luckner à Strasbourg. Au cours de l’été 1792, il intrigua auprès du roi pour retrouver son ministère. Il revint pour cela à Paris et assista au Journée du 10 août 1792 aux côtés de Louis XVI.

Décrété d’accusation le 14 août 1792, il émigra à Londres avec l’aide de Madame de Staël. De là il écrivit à la Convention pour lui demander un sauf-conduit afin de venir assumer sa part de responsabilité dans les actes du gouvernement de Louis XVI. Cette dangereuse faveur lui fut refusée. L’Angleterre étant entrée en guerre contre la France, il passa en Suisse puis en Allemagne, à Hambourg.

En 1797, il tenta de faire rayer son nom de la liste des émigrés avec l’aide de ses amis comme Mathieu Dumas, mais le Coup d’État du 18 fructidor an V lui ôta tout espoir. Le sénat de Hambourg ordonna même son expulsion.

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